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Les Évangiles écarlates

Clive BARKER

Titre original : The Scarlet Gospels, 2015
Traduction de Benoît DOMIS

BRAGELONNE (Paris, France), coll. L'Ombre
Dépôt légal : janvier 2016
Première édition
Roman, 360 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-2-35294-920-6
Format : 15,3 x 23,8 cm
Genre : Fantastique

Photographie de couverture : Ervin Serrano - Shutterstock.


Autres éditions
   BRAGELONNE, 2019
   in Hellraiser - Pinhead Edition, 2021

Quatrième de couverture
     On attendait depuis près de vingt ans le retour des deux personnages les plus célèbres de Clive Barker : Pinhead et Harry D’Amour.
     Un rendez-vous annoncé dans un ouvrage devenu mythique que des
     millions d’admirateurs n’osaient plus espérer.
     Ce livre, le voici.

     Un final grandiose qui oppose le fameux détective du surnaturel Harry D’Amour et le Prêtre de l’Enfer, immortel et sadomasochiste – Pinhead pour les intimes.
     La conclusion de l’histoire qui commença dans Hellraiser avec la découverte d’une étrange boîte, un cube-puzzle réputé ouvrir un portail sur l’enfer lui-même...

     Retrouvez l’univers visionnaire du maître de l’horreur dans un récit sanglant, terrifant et brillamment complexe qui ravira ses admirateurs de longue date, comme ceux qui vont découvrir pour la première fois son imagination unique en son genre.
     Le règne des Évangiles écarlates est arrivé. Êtes-vous prêt ?

     Clive Barker, né en 1952 à Liverpool (Grande-Bretagne), est l’un des plus grands artistes du domaine de l’horreur. Il est aussi une industrie à lui tout seul avec ses livres, films, comics, tableaux et jouets fondés sur ses créations. Les Livres de sang ont lancé sa carrière, suivis des romans Le Royaume des devins, Cabal ou Le Voleur d’éternité, du cycle Abarat (illustré par ses propres peintures), et des films Cabal et Hellraiser, ou encore Candyman et Le Maître des illusions, tous deux tirés des Livres de sang, dont d’autres adaptations au cinéma sont en cours.
Critiques

     Le projet derrière Les Évangiles Écarlates remonte à au moins une vingtaine d’années, aussi la parution du roman a-t-elle pris des allures d’événement : Clive Barker souhaitait y confronter deux de ses personnages les plus célèbres – tous supports artistiques confondus –, à savoir le mal nommé Pinhead (qui déteste au moins autant ce sobriquet que l’auteur lui-même, semble-t-il), le plus célèbre des Cénobites apparus dans Hellraiser, et le détective du surnaturel Harry D’Amour (créé dans une nouvelle des « Livres de sang » ayant débouché sur le film Le Maître des illusions, mais apparu régulièrement ailleurs).

     La rumeur laissait entrevoir quelque chose de plutôt ambitieux, depuis tout ce temps. Mais Les Évangiles Écarlates, au-delà du pur « fan service », s’avère bien vite, hélas, un triste ratage, donnant en outre la fâcheuse impression d’avoir été écrit par-dessus la jambe – comme si le projet longtemps entretenu devait être enfin exorcisé pour pouvoir passer à autre chose.

     Tout y est poussif ou presque. On peut vaguement s’amuser, dans le prologue, devant les inévitables déferlements de gore et de porno que suscite l’intrusion de Pinhead dans un cercle de magiciens – que le Prêtre de l’Enfer traque et élimine l’un après l’autre depuis longtemps, dans un but obscur –, mais il n’en reste pas moins que l’outrance coutumière de l’auteur a ici quelque chose de plus ridicule que véritablement fascinant et dérangeant ; comme si l’ambition de faire dans le bis sordide mais réjouissant échouait dans une calamiteuse zèderie. Impression hélas confirmée par les premiers chapitres mettant en scène Harry D’Amour, avec un flashback péniblement gratuit… Quand les deux personnages se rencontrent – au travers d’un stratagème guère convaincant –, on n’y croit déjà plus vraiment. Pinhead, toutefois, ne désire pas tant faire souffrir et tuer le détective, à sa manière SM habituelle, qu’en faire le témoin de ses hauts faits mégalomanes… Et c’est pourquoi – rebondissement ô combien original – il enlève la médium aveugle Norma Paine, à charge pour D’Amour de la délivrer en Enfer. La perspective d’une virée chez Lucifer ravive un temps l’intérêt du lecteur, avide d’y retrouver l’imaginaire débridé et extrême de l’auteur dans ses œuvres – entre Dante et Jérôme Bosch, forcément –, mais il faut vite se rendre à l’évidence : non, cette fois, Barker n’y arrive tout simplement pas. D’Amour et ses petits camarades errant en Enfer évoquent plus une (très) mauvaise partie de Donjons & Dragons enchaînant les péripéties plates en mode automatique qu’autre chose…

     Il faut attendre les tout derniers chapitres pour enfin trouver quelques éléments vaguement intéressants, car c’est là, et seulement là, que les personnages (D’Amour, du moins) occupent enfin le devant de la scène, avec leurs forces comme leurs faiblesses – bien loin de l’excursion héroïque semée de punchlines navrantes à laquelle on avait droit jusqu’alors. Pour un roman censément basé sur deux figures aussi fortes que Pinhead et Harry D’Amour, c’est tout de même problématique…

     Les Évangiles Écarlates tient donc de l’échec cuisant – et parfois agaçant, même, tant on se demande si cette auto-parodie ne contient pas une certaine part de foutage de gueule… Un mauvais pulp qui ne fait guère honneur à son sujet – fuyez, pauvres fous !

Bertrand BONNET
Première parution : 1/4/2016 dans Bifrost 82
Mise en ligne le : 17/8/2022

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