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Stardust

Neil GAIMAN

Titre original : Stardust, 1998
Première parution : Titan, 1998
Traduction de Frédérique LE BOUCHER

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantastique (2007 - ) n° 6827
Dépôt légal : mars 2016
Roman, 224 pages, catégorie / prix : 5,80 €
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Fantasy


Autres éditions
   AU DIABLE VAUVERT, 2007
   J'AI LU, 2001, 2003, 2004, 2005
        sous le titre Stardust. Le mystère de l'étoile, 2007

Quatrième de couverture
     D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise. De l'autre, le Pays des Fées. Entre les deux, le Mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de Féerie. Mais quand on s'appelle Tristan Thorn et que l'on a promis à sa belle l'étoile filante tombée du firmament de l'autre côté du Mur, aucun obstacle ne saurait s'élever contre l'amour...
Critiques

     Dissipons d’emblée un malentendu possible : Stardust n’est pas de la fantasy, mais un conte de fées. Dissipons ensuite un deuxième malentendu possible : ce livre n’est pas pour les enfants, bien qu’il s’adresse aux adultes qui ont su garder leur jardin secret de merveilles et de surprises et de terreurs (et que les éditions du Diable Vauvert viennent de le rééditer dans leur collection « Young Adult »).

     Tristran pourrait mener une vie tranquille à Mur, son village de l’Angleterre du XIXe siècle. Deux petits détails vont toutefois bousculer ce quotidien. Primo, il est amoureux de Victoria, son amie d’enfance, et il lui jure sur un coup de tête, pour prouver son sentiment, de lui rapporter l’étoile filante qu’ils ont vue passer dans le ciel. Secundo, Mur se situe à la lisière de Féérie – une notion venue tout droit, comme d’autres aspects de ce conte, de Lud-en-brume, dû à Hope Mirrlees, enfin traduit en français chez Callidor, un roman de 1926, classique de la fantasy anglaise (chroniqué dans notre précédente livraison) qui constitue sans aucun doute l’une des clés de l’imaginaire de notre auteur, lequel a souvent avoué sa dette –, et c’est là que l’astre a chu. Une fois franchie la frontière, le pouvoir de localisation qu’il se découvre et l’aide d’un vagabond qui lui offre un moyen de transport magique permettent à Tristran de vite retrouver l’étoile, ou plutôt la belle jeune femme que celle-ci est devenue dans sa chute. Il le sait, Mur est loin désormais, mais il tient, ou il croit tenir, à sa Victoria : rien ni personne ne l’empêchera d’accomplir sa quête ! Une vieille sorcière et les princes survivants d’un royaume de montagne ont toutefois des visées différentes sur son étoile. Quant à l’amour vrai, il se niche parfois là où on ne l’attendait pas…

     Le plaisir que procure ce roman tient pour bonne part à ses rebondissements, qu’il paraît préférable de taire, d’autant que son adaptation cinématographique, plutôt réussie – notamment pour son casting, ses deux jeunes héros en tête –, néglige ou remplace certains d’entre eux. Surtout, les ruptures de ton donnent au voyage, une tarte à la crème de la fantasy moderne, des aspects funambulesques fort réjouissants. Bien sûr, rien de tout cela n’est original en soi, sauf que c’est voulu : l’auteur mélange, malaxe, pétrit sa pâte d’images, de mythes, et, comme dans ses scénarios de BD, il fait œuvre de création avec ce qui pourrait ne se limiter qu’à une compilation (certes séduisante).

     Stardust est du tissu dont les contes sont faits, mais il est quelque chose de plus, quelque chose d’aussi salubre qu’épatant : un réenchantement du récit, voire du monde.

     « Sans nos histoires, nous sommes incomplets. » (Neil Gaiman, 2000)

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/4/2016 dans Bifrost 82
Mise en ligne le : 22/8/2022

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Millénaires (2001)

     La petite bourgade de Wall tient son nom du Mur qui la borde. Un mur qui sépare notre monde de celui de la Féerie. Seule une brèche permet aux habitants de notre monde et à ceux du royaume de la magie de se rencontrer, une fois tous les neuf ans, à l'occasion de la foire de Wall. De l'une de ces rencontres, Dunstan Thorn a ramené un fils qui grandit à Wall sans rien connaître de ses véritables origines. Devenu adulte, le jeune Tristran se prend d'amour pour Victoria Forester, la plus jolie fille du village, et un soir, alors qu'il lui fait la cour, le voilà qui promet à sa belle de lui ramener l'étoile filante qu'ils viennent de voir tomber. Tristran enfreint alors les règles et part au cœur de la Féerie à la recherche de l'étoile.

     Stardust débute comme un conte de fées, et pour cause  : c'en est un  ! Neil Gaiman adopte avec aisance les règles de ce type de récit et, après une flamboyante introduction, nous emmène avec son héros candide au pays de la Féerie, un pays où les étoiles ont une forme bien inattendue, et qui peut se révéler très dangereux pour un humain. D'autant plus que Tristran ignore qu'il n'est pas le seul à rechercher l'étoile déchue. En effet, la reine des sorcières espère retrouver sa jeunesse en s'appropriant le cœur de l'étoile, tandis que les sept fils du seigneur de Stormhold se livrent une guerre sans pitié pour s'emparer du Pouvoir de Stormhold, que leur père a confié à l'étoile afin que le premier de ses fils à le reprendre lui succède sur le trône.

     Artiste protéiforme, Neil Gaiman nous offre avec Stardust bien plus que le conte de fées naïf qu'il semble être au premier abord. C'est un roman où se marient merveilleusement humour, émotion et noirceur, un petit bijou ciselé de poésie, dont la lecture est un véritable régal.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 9/6/2001
nooSFere


Edition J'AI LU, Millénaires (1999)

(Critique de l'édition originale)
     Il était une fois, au temps où Victoria était encore une toute jeune fille qui venait de monter sur le trône, un petit village d'Angleterre qui se nommait Wall. Il tirait son nom d'un mur qui le bordait, avec une seule ouverture gardée nuit et jour par les villageois. La garde n'est levée qu'une fois tous les neuf ans, lors de la fête du Mai, pour une foire qui se tient sur la prairie de l'autre côté du mur.
     Le jeune Tristran Thorn, un enfant trouvé élevé à Wall, était follement amoureux de la belle Victoria Forester. Tant et si bien qu'un jour, lui déclarant son amour, il promit d'en faire la preuve en lui ramenant une étoile lante qui passait à cet instant dans le ciel.
     Tristran se mit donc en route pour retrouver l'étoile. Mais celle-ci était tombée de l'autre côté du mur, et une étoile qui choit en Faerie n'est plus ce qu'elle aurait été en tombant au pays des mortels.
     Cependant, Tristran n'était pas seul à être en quête de l'étoile. Des gens fort peu recommandables la cherchaient aussi pour des motifs plus ténébreux.
     On a pu reprocher à Neil Gaiman d'écrire de la fantasy trop légère, de manquer de noirceur. Ces reproches d'assez courte vue se trouveront peut-être confortés par Stardust, qui prend la forme d'un conte de fées, d'une quête dans un pays de merveilles perpétuelles. Pourtant, un peu d'attention montrera que sous des abords charmants et un ton souvent léger, les romans de Gaiman sont plus cruels qu'on ne le croit. C'est encore le cas avec Stardust. Nous sommes ici dans l'univers des contes de fées, où une marâtre peut demander à un chasseur de lui ramener le cœur de sa fille adoptive dans un coffre orné. Mais c'est aussi un monde qui oppose l'intemporalité de la Féerie et la réalité du monde humain, souvent de façon très émouvante — ainsi, dans la conclusion douce-amère du conte.
     Tout le talent de Gaiman est dans le mariage uide et poétique d'éléments puisés à diverses sources, dans la relation de ce qui pourrait être une comédie des erreurs féroce, tragique et sanglante, sans l'élégance trompeuse de sa narration. En dépit de la cruauté de certains événements de Stardust, tout cela reste à l'image de Tristran, innocent qui va sans le savoir vers l'accomplissement de sa destinée.
     Stardust est également conçu comme une sorte d'introduction à Wall, un prochain roman de Gaiman qui reprendra pour site le même village à une date plus contemporaine. Une introduction à ce futur roman est d'ailleurs parue dans le portfolio A Fall of Stardust, sous le titre Wall, A Prologue.
     Une dernière remarque pour signaler que, si le roman est disponible chez Avon en édition ordinaire, on pourra avec quelques efforts trouver dans certaines librairies de bande dessinée la version publiée par DC Comics/Vertigo et somptueusement illustrée par Charles Vess. Celui-ci, particulièrement inspiré, a su donner toute leur splendeur à la reine sorcière, aux sept fils (pas tous vivants) de Stormhold ou à l'Étoile. Cette édition est un vrai plaisir de bibliophile.

Patrick MARCEL
Première parution : 1/12/1999
Yellow Submarine 129
Mise en ligne le : 18/12/2002


Edition J'AI LU, Millénaires (2001)

     La première erreur du jeune Tristran Thorn aura été de tomber amoureux. Et qui plus est de cette petite salope de Victoria Forester, une vraie garce qui, pour prix d'un baiser, lui demande d'aller chercher une étoile filante (et pourquoi pas décrocher la Lune, hein ?). Etoile qui a la mauvaise idée de tomber de l'autre côté du Mur, cette frontière qui sépare le paisible petit village de Wall du monde étrange et merveilleux du Pays des Fées. Une frontière gardée nuit et jour par les villageois, et qui n'entrouvre ses portes que tous les neuf ans à l'occasion de la Foire des Fées, un marché fabuleux qui se tient juste de l'autre côté du Mur. Mais qu'importe le Mur et ses gardes. L'amour ne connaît aucune frontière. Tristran Thorn ira jusqu'au bout de sa quête, jusqu'au bout de son destin, quitte a affronter tous les mystère de la Faërie...
     Bienvenue de l'autre côté du miroir, au pays des merveilles perpétuelles. Et croyez bien qu'avec un guide comme Neil Gaiman, le voyage promet des chatoiements.
     Stardust se présente en fait comme l'exemple même d'une fantasy puisée à ses sources, ni plus ni moins qu'un conte de fées. Et en matière de contes de fées, Gaiman, en maître raconteur, connaît ses gammes sur le bout des doigts. Tous les grands poncifs du domaine sont là : la quête, l'amour, le mythe de la frontière, l'enfant volé, le pays fantastique et ses êtres magiques, la reine des sorcières, les morts-vivants, l'accession au pouvoir, l'initiation... Et cette manière toute gaimanienne d'instiller au récit, avec un air de ne pas y toucher, comme un goût de cruauté diffus et prégnant tout à la fois. On frissonne, on vibre, on s'émerveille et savoure : bref, on se divertit. Et ce même si cette histoire, profondément ancrée dans le substrat folklorique anglais, doit avoir, on l'imagine aisément, une saveur toute particulière pour le lecteur anglo-saxon (les références sont nombreuses et il ne fait pas de doute que nous, public nourri au lait de la francophonie, en ratons en certain nombre).
     Un regret, toutefois : l'absence des magnifiques illustrations de l'édition originale signées Charles Vess (édition américaine, chez DC Comics « Vertigo »). Ç'eût été plus cher, évidemment, mais ô combien plus beau !
     Las ! Le texte se suffit à lui même et s'apprécie en tant que tel. Gaiman démontre une nouvelle fois cette force narrative qui en fait un des auteurs les plus exceptionnels de ces dernières années.
     On achèvera sur une dernière précision, un souvenir qu'on se remémorera, plutôt... l'évocation, par Gaiman lui-même, dans son interview publiée dans le Bifrost 11, d'une suite à Stardust, ou plus exactement d'une autre histoire mais qui se passerait dans le même univers et chronologiquement après les événements narrés dans le présent roman, une histoire qu'il aurait déjà commencé à écrire et qui s'intitulerait Wall. Vivement !

ORG
Première parution : 1/10/2001
dans Bifrost 24
Mise en ligne le : 8/9/2003

Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
André-François Ruaud : Cartographie du merveilleux (liste parue en 2001)

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Stardust , 2007, Matthew Vaughn

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