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Eschatôn

Alex NIKOLAVITCH

Première parution : Bordeaux, France : Moutons électriques, 3 juin 2016

Illustration de Melchior ASCARIDE

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES (Bordeaux, France), coll. La Bibliothèque voltaïque
Date de parution : 3 juin 2016
Dépôt légal : 2016
Première édition
Roman, 272 pages, catégorie / prix : 19.90 €
ISBN : 978-2-36183-254-4
Format : 17,0 x 21,0 cm
Genre : Science-Fiction

Existe aussi en numérique (ISBN 978-2-36183-262-9) au prix de 9,99 €.
On notera le "intimimement" en quatrième de couverture.



Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
La grande armée de Foi avait déployé deux légions de diacres pour en finir avec un monde maudit, siège d’une très ancienne et très abominable Puissance qu’il était grand temps de faire périr par le feu, comme l’ordonnait le Saint Catéchisme.
Quand Wangen se réveille de sa transe de combat, de la boue jusqu’à la taille, il découvre avec horreur que ses pouvoirs guerriers l’ont abandonné. Lui et ses quelques camarades survivants doivent échapper à la jungle et à l’ennemi qui y rôde. Mais un autre ennemi se profile alors, infiniment plus redoutable et retors. Une science que l’on croyait oubliée depuis des générations sans nombre.
Celle-là même qui une fois déjà avait condamné tout un univers...
 
Scénariste de BD et traducteur de comics, essayiste, Alex Nikolavitch nous livre son premier roman, au confluent du space opera et de la dark fantasy. Eschatôn brouille les frontières entre fantastique et science-fiction, entre futur lointain et passé plus lointain encore, entre foi et raison, entre ami et ennemi. La fibre métaphysique du meilleur space opera se livre ici intimement mêlée à l’horreur lovecraftienne, pour un roman d’une force remarquable, d’un souffle puissant.
Critiques

Alex Nikolavitch livre avec Eschatôn son premier roman, que l’éditeur situe entre space opera et fantastique (faut voir…), avec une louche spécifiée de lovecrafterie dedans – au cas où les tentacules de la couverture ne nous auraient pas déjà convaincus. En fait, il y a bien de tout ça, et sans doute d’autres choses encore – qui font de ce premier roman un truc très référentiel, et probablement trop…

Pour faire un sort à la dimension lovecraftienne, reconnaissons que le roman se montre ici plus malin que sa couverture : plus que les vilaines bébêtes poulpoïdes qui y figurent, ce sont avant tout les implications cosmiques qui s’y rattachent qui fondent la parenté avec Lovecraft. L’idée est assez belle, d’ailleurs, de cette collision entre deux univers radicalement incompatibles : le passage des Puissances, qui n’ont rien demandé, dans notre monde, au-delà de toute considération malvenue d’ordre moral, en bouleverse la structure même – les lois de la physique qui avaient cours jusqu’alors sont désormais nulles et non avenues. En lieu et place, un univers autre où les lois de la foi s’avèrent plus pertinentes que celles de la science, et déploient leur propre paradigme utile.

Paradigme qui a quelque chose d’une réaction… Les gens de la Foi le répètent sans cesse : le drame originel résulte directement de la science impie. La nouvelle société rejette donc la science comme néfaste – et ceux que l’on appelle désormais hérétiques sont des « scientistes »… Même le calcul est banni de la Foi ! Par ailleurs, ses vaisseaux n’empruntent pas l’espace mais voguent par l’esprit à travers le Mental, dimension supplémentaire directement liée à l’irruption des Puissances dans notre univers. On est tout de même tenté de combiner ces divers aspects pour pointer vers une autre référence essentielle : « Dune », de Frank Herbert …

Mais il y a plus, une autre référence peut-être plus inattendue. Car l’univers d’Eschatôn est avant tout guerrier… Le roman nous plonge d’emblée dans l’affrontement, en suivant surtout deux diacres, Wangen et Alania, engagés en pleine lutte contre les hérétiques et/ou les Puissances. Via le Mental encore, on louche tout de même du côté de Warhammer 40 000, disons…Et tout cela nuit à la personnalité d’Eschatôn. Que ce soit consciemment ou pas, cette tentation référentielle écrase les singularités du roman sous le poids du déjà-vu.

La structure du récit est ainsi contestable – qui maquille une banale alternance entre la Foi et la science sous un jeu de contraintes peut-être trop rigide ; en découlent des développements dispensables qui ne sont là que pour servir la mécanique. Ce petit jeu d’abord amusant perd de sa pertinence au fur et à mesure, et donne vers la fin une impression de précipitation assez fâcheuse…

Quant aux personnages, leur intérêt varie. Beaucoup sont ternes… Wangen en premier lieu, qui accapare le début du livre. Alania, qui trahit, est plus riche, mais sa motivation est douteuse. S’en sortent mieux l’inquisiteur relaps Lothe, et aussi Girthee – qui fut inquisiteur avant d’embrasser l’hérésie scientiste, échangeant un fanatisme pour un autre…

Autre souci, et de taille : les nombreuses scènes d’action sont globalement ennuyeuses… Les passages plus calmes sont plus intéressants, mais au risque de virer à l’exposition théorique d’un monde, le récit à proprement parler en pâtissant…

Quelques boulettes en sus – l’insupportable langage « petit-nègre » de Maurc, ou encore des clins d’œil historico-scientifiques maladroits – achèvent de reléguer le roman dans la médiocrité en dépit de ses promesses, mais c’est sans doute avant tout une question d’inaboutissement. Dommage…

Bertrand BONNET
Première parution : 1/10/2016 dans Bifrost 84
Mise en ligne le : 19/10/2022

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