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Water Knife

Paolo BACIGALUPI

Titre original : The Water Knife, 2015
Première parution : Knopf, 26 mai 2015

Traduction de Sara DOKE

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2007 - ) n° 12101
Dépôt légal : avril 2018
320 pages, catégorie / prix : 8,40 €
ISBN : 978-2-290-13837-3
Format : 11 x 17,8 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    

L’accès libre à l’eau n’est plus qu’un souvenir pour les millions d’Américains qui vivent dans le sud des États-Unis. Le fleuve Colorado est devenu l’enjeu d’une guerre sans merci entre les États qui le bordent. Certains sont prêts à commettre les pires exactions pour s’assurer le contrôle de l’or bleu. Angel est un water knife, un mercenaire qui mène des opérations musclées pour le compte du service des eaux de Las Vegas. Lors d’une mission à Phoenix où courent les rumeurs d’une nouvelle source, son chemin croise celui de Lucy, une journaliste dont les révélations sont à même de faire vaciller l’équilibre des forces en présence...

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition AU DIABLE VAUVERT, (2017)


     Sud-ouest des États-Unis, dans un futur proche. Le dérèglement climatique se traduit par une sécheresse endémique. Alors que l’état fédéral s’effondre face à la montée des égoïsmes locaux, que la Chine investit et s’implante de plus en plus dans des USA en voie de tiers-mondisation, que les réfugiés affluent du Mexique et du Texas desséchés, les états traversés par le Colorado se livrent une lutte sans pitié pour accaparer l’eau du fleuve aux dépens de leurs voisins.
     Trois personnages se retrouvent mêlés à une série de meurtres liés à d’anciens titres donnant des droits sur l’eau : Angel, ex-réfugié mexicain devenu le sbire cynique de la puissante Catherine Case, présidente du département de l’eau du sud-Nevada ; Maria, jeune orpheline qui tente de survivre en vendant de l’eau sur les chantiers malgré le racket de la pègre locale ; Lucy, journaliste indépendante et idéaliste qui chronique la lente agonie de Phoenix. À travers un roman construit comme un thriller sombre et violent, Paolo Bacigalupi peint le futur d’un monde incapable d’endiguer le changement climatique.

     Malgré l’intérêt du sujet sur le fond, ce roman ne convainc pas vraiment. Il y a d’abord un problème de rythme : tout à la description de son univers en déclin, l’auteur néglige de faire avancer l’action durant le premier tiers de l’ouvrage et ce n’est qu’à la cent-cinquantième page qu’on entre enfin dans le vif du sujet.
     De plus, une certaine impression de déjà-vu se dégage de l’ensemble. Aussi actuel soit-il, le thème d’un monde dévasté par la sécheresse n’est pas une nouveauté dans la littérature d’anticipation et les scènes de villes abandonnées, de privilégiés qui vivent sous des cloches climatisées ou de réfugiés dans des camps livrés à la rapacité des mafias ne surprendront pas les habitués du genre. Les protagonistes n’échappent pas eux non plus aux clichés : la brave journaliste indépendante, le mercenaire cynique mais qui finira par se laisser attendrir, la petite orpheline qui lutte courageusement pour préserver sa vie et sa vertu dans la jungle qu’est devenu le monde...
     Enfin, la construction du roman est plombée par un abus de recettes propres au thriller : cliffhanger quasi-systématique à la fin des chapitres, rotation régulière du personnage-point de vue, une certaine complaisance dans la description détaillée de violences, tortures et autres meurtres sadiques qui, à trop vouloir provoquer un frisson de dégoût chez le lecteur, finissent par engendrer une certaine gêne. On peut comprendre la volonté de l’auteur de montrer à quel niveau de barbarie est arrivée cette société du futur proche, mais on aurait apprécié un peu plus de subtilité dans les moyens employés. Le style laisse également à désirer. Sous prétexte de donner à entendre un parler réaliste, une langue de la rue, l’écriture est pauvre, le vocabulaire étique et les tournures de phrases sont parfois lourdes ou maladroites.

     Il faut pourtant reconnaître que, passé le long début, ça fonctionne efficacement. On avale les chapitres, on veut connaître le sort des personnages, le fin mot de l’intrigue, comme dans un bon page-turner basé sur des techniques éprouvées. Mais c’est aussi ça le problème pour le lecteur de science-fiction : en-dehors du cadre d’anticipation fortement marqué par les questions écologiques, ce roman n’est qu’un thriller où les protagonistes s’écharpent pour retrouver un McGuffin.

     On aurait bien eu envie d’aimer ce roman, tant le sujet qu’il traite et l’angle sous lequel il l’aborde sont essentiels, mais il faut reconnaître que le compte n’y est pas, que ça soit sur le rythme, l’intrigue ou l’univers. Les bons sentiments ne suffisent pas à faire les bons romans. Le propos mérite d’être quand même nuancé : ce n’est pas un mauvais roman non plus, juste un livre un peu convenu qui repose sur trop de recettes faciles. Mais La fille automate avait placé la barre tellement haut que ce nouveau Bacigalupi déçoit.


Jean-François SEIGNOL
Première parution : 16/1/2017
nooSFere




 

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