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Aux comptoirs du cosmos

Poul ANDERSON


Cycle : La Hanse galactique  vol.

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy
Dépôt légal : novembre 2019
  
Genre : Science-Fiction

(sommaire de l'édition grand format)




    Sommaire    
1 - Jean-Daniel BRÈQUE, Avant-propos, pages 11 à 12, Introduction
2 - Prélude : Note sur les leitmotive (Note on Leitmotif : Introduction to “The Three-Cornered Wheel” »), pages 15 à 16, Introduction, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
3 - La Roue triangulaire (The Three-Cornered Wheel), pages 21 à 80, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
4 - Interlude : Notes pour une définition de l'apparentement (Notes Towards a Definition of Relatedness), pages 83 à 85, Introduction, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
5 - Un soleil invisible (A Sun Invisible), pages 89 à 140, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
6 - Ésaü (Birthright / Esau), pages 145 à 178, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
7 - Interlude : Un mot du Matelot (Introduction to “Hiding Place”), pages 181 à 182, Introduction, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
8 - Cache-cache (Hiding Place), pages 187 à 237, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
9 - L'Ethnicité sans peine (How to Be Ethnic in One Easy Lesson), pages 241 à 261, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
10 - Sandra MIESEL, Chronologie de la « Civilisation technique », pages 263 à 267, Notes, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition BÉLIAL', (2019)


Avec 7 prix Hugo et 3 prix Nebula, Poul Anderson est l’un des meilleurs auteurs en Hard Science-Fiction, parmi les plus variés et aussi parfois des plus compliqués. S’appuyant sur ses études de physiques à l’Université du Minnesota, il s’attaque, dès ses premières nouvelles qui lui permettent de subsister, aussi bien aux structures envisageables de l’univers qu’aux possibles représentations des intelligences imaginables et de leurs représentations physiques. Malgré la technologie de sa science-fiction Poul Anderson reste profondément humaniste avec un début et une fin à toute chose.
Collaborateurs aux éditions Le Bélial, Jean-Daniel Brèque et Olivier Girard ont travaillé à une série intitulée la Hanse Galactique pour faire publier cinq livres aux titres prometteurs : Le Prince-Marchand, Aux Comptoirs du cosmos, Les Coureurs d’étoiles, Le Monde de Satan, Le crépuscule de la Hanse.
Chacun de ces ouvrages fournit avantageusement la vision organisée de l’univers imaginaire de Poul Anderson et sous le titre "Chronologie de la Civilisation Technique", Sandra Miesel détaille sur cinq millénaires, de 2055 à 7100, les diverses publications qui la jalonnent. On y apprend que dans les premiers temps l’univers est géré par la ligue Polesotechnique, une association de commerçants qui se protègent mutuellement. Plus tard vient l’Empire avec Flandry son agent renommé, puis la Longue Nuit qui termine l’ensemble de l’œuvre.
Aux Comptoirs du cosmos se compose de cinq récits précédés chacun d’une courte introduction :
 -- Prélude : Note sur les leitmotive, La Roue triangulaire, -- Interlude : Note pour une définition de l’apparentement, Un soleil invisible, Ésaü, -- Interlude : Un mot du Matelot, Cache-cache, L’Ethnicité sans peine. Ils ont été publiés entre 1963 et 1974.


Le Prélude « note sur les Leitmotive », écrit en 1966, esquisse en deux pages l’opinion de Poul Anderson sur la science : Ce qui paraît impossible aujourd’hui sera possible demain et de commencer par la fission du noyau atomique que l’on croyait impossible au début du 19ème siècle en poursuivant par le laser, les champs gravifiques artificiels positifs et négatifs, les vitesses superluminiques etc...
L’auteur était à la pointe des découvertes dans ce domaine. Il est curieux de voir comment il manipule ces informations en jouant sur tous les tableaux imaginables, univers, personnages, races (ethnies), organisations galactiques, avec une source remarquable d’inspiration.
Cette diversité, qui lui a été très bénéfique dans sa carrière, était probablement, à ses débuts, essentielle pour intéresser des lecteurs à ses courtes nouvelles qu’il écrivait pour subsister durant ses études à l’université du Minnesota (1946-1948).


LA ROUE TRIANGULAIRE

En quelques 80 pages la roue triangulaire, médiévaliste au possible, nous introduit dans un univers bizarre où une religion du Refus du Cercle interdit l’utilisation des véhicules à roues et de tout ce qui s’y rapporte. Le principal personnage de la nouvelle, David Falkayn, présent également dans les autres nouvelles, résoudra cette difficulté d’une manière presque technique (ou supposée telle).
Anderson comme dans la plupart de ses autres romans n’hésite pas à faire cohabiter des humains et des personnages étranges, dans cette nouvelle des habitants de la planète ont le corps grossièrement anthropoïde avec des membres longs et épais, à chacune de leurs mains quatre doigts avec une phalange supplémentaire le pouce placé à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur, les pieds d’un digitigrade, un corps recouvert d’une fourrure acajou, dont chaque poil porte de minuscules barbes, etc...
La description de cette espèce étrangère, on dirait Alien aujourd’hui, ne s’arrête pas là et vaut le détour. C’est une illustration de l’imagination de Poul Anderson qui n’hésite pas à introduire et à décrire des personnages les plus divers en rapport avec des interlocuteurs humains.
Il en est d’ailleurs de même pour la galaxie où Anderson s’ingénie à imaginer des astres, des planètes, des personnages, des animaux, des insectes, des végétaux et des matériaux en tout genre. Sa Science-Fiction change le lecteur d’univers tout est demeurant loin des dons magiques que l’on trouve actuellement dans les dernières productions dites du genre.


SOLEIL INVISIBLE

Nous retrouvons David Falkand dans « Un soleil invisible ». Les Kraoka envahissent la planète Vanessa, mais d’où viennent-ils ? On reconnaît la cohérence de l’auteur : Comment lutter contre un ennemi dont on connaît les méthodes mais pas ses bases arrière ? Se défendre, certes, mais le détruire ou le mettre à merci, impossible. Et le soleil invisible cache justement la planète mère de cet ennemi.
Falkand va le rencontrer dans une planète occupée et essayer ses charmes et l’alcool sur un commandant Horn, ou plutôt une commandante. Dans un dialogue où Falkkand tire les vers du nez de la commandante et obtient suffisamment d’informations Anderson utilise, comme souvent, une incidente,  suivant Clausewitz, Horn nous rappelle « que le pouvoir est la seule base de négociation qui vaille ». On mesure ici la culture d’Anderson.
Ainsi il explique que, malgré ce que l’on en connaît, la zone gravitationnelle d’une étoile géante bleue, du type GO, peut contenir des planètes, certaines effectuent leur révolution en deux siècles, pourquoi pas, leurs zones climatiques évoluent donc au fil du temps. C’est sur cette particularité que Falkand devine l’emplacement de ce soleil invisible. Toujours dans son imaginaire il admet des entités qui peuvent supporter les températures élevées d’un soleil dont la température de surface dépasse les 25 000 degrés.
Ce n’est pas parce qu’il s’appuie sur des considérations physiques compliquées que Poul néglige la qualité de l’intrigue et David est obligé de prendre d’énormes risques pour vérifier l’existence de la planète des envahisseurs. Avant de tomber aux mains de ses ennemis il avertit la ligue par un procédé bien élémentaire. Détenu il dialogue avec la commandante qu’il finit par séduire tout en lui délivrant des poncifs mercantis du genre :
- L’objectif de la guerre n’est pas de détruire l’ennemi mais de lui imposer notre volonté. Pourquoi irions-nous tuer des clients potentiels ?
- C’est la recherche du profit qui nous motive !
On se demande si aujourd’hui, 50 ans après, ce n’est pas la même règle qui mène le monde.
Les héros d’Anderson ont une récompense sentimentale, hélas qui ne dure pas. Flandry, agent de l’Empire terrien en saura aussi quelque chose.

ÉSAÜ

Enfin le lecteur va rencontrer l’homme fort de la ligue polesotechnique : le prince marchand Nicholas van Rijn si bien décrit dans la quatrième de couverture du livre : « falstaffien, hâbleur et roublard, infatigable arpenteur de mondes et négociateur hors pair ».
C’est un dénommé Dalmady qui va nous servir de guide et de prétexte. Dalmady est furieux il s’est fait signifier son congé et est convoqué au Q.G. C’est incompréhensible pour lui qui vient de réussir un important coup commercial. Il est reçu dans un magnifique salon où un énorme van Rijn étendu sur un sofa, une imposante chope de bière dans une main, lui rappelle assez brutalement la situation de départ.
Dans une planète Soliman de type subjovien une épice, le Bluejack, qui est cultivée manuellement est la seule ressource pour ses indigènes. Acheté par la ligue il est revendu sur le marché de Babur avec quelques bénéfices.
Poul Anderson passe au récit des événements : Un autre peuple envahit la planète et récolte le Bluejack avec des machines qui suppriment le travail manuel donc les ressources des habitants et aussi quelques revenus à Ligue. Dalmady, employé dans un comptoir de celle-ci est appelé par le Thalassocrate de Soliman qui se plaint de ce méfait. Que peut faire Dalmady devant des envahisseurs supérieurs militairement et auxquels la ligue ne pourrait sacrifier une opération militaire.
Avec l’aide d’Yvonne, son amie de travail, Dalmady trouve une solution qui ne coûte rien à la ligue et qui protége les habitants de Soliman. C’est une belle réussite et Dalmady ne comprend pas pourquoi il a été congédié de son poste. L’affaire finira au mieux pour Dalmady qui, admonesté comme il se doit, rejoindra les rangs des compagnons du prince marchand.
 

CACHE-CACHE

Dans cette histoire le prince Marchand va illustrer sa compétence sur un problème apparemment insoluble. On peut se demander si Poul Anderson n’a pas voulu démontrer que, parfois, les problèmes les plus complexes se résolvaient par des procédés on ne peut plus basiques.
Le Choc Hot, vaisseau du capitaine Bahadur Torrance Maître de Loge de la Fraternité Fédérée des Astronautes, est en perdition, ses circuits du générateur d’approchant ont été grillés lors d’une fuite éperdue devant 3 croiseurs pirates. Drame épouvantable, il transporte son propriétaire, le Prince Marchand van Rijn et sa jeune maîtresse.
Dans cette atmosphère d’apocalypse l’appareil détecte un autre vaisseau et, s’il peut l’aborder, son équipage et ses passagers seront sauvés. L’abordage s’effectue, l’équipage du Choc Hot investit le vaisseau abordé mais ne rencontre aucune personne, aucune intelligence susceptible de les accueillir. Pire, la conduite du nouveau vaisseau lui est inconnue et sa cargaison n’est qu’une succession de cages et de cabines remplies d’animaux étranges (Poul Anderson s’en donne à coeur joie dans l’imaginaire bestiaire, pourquoi le lui reprocher), comment trouver les pilotes du vaisseau abordé et leur imposer les manœuvres nécessaires ! Ce sera le Prince Marchand qui fournira la solution, absolument pas évidente. Anderson émaille son récit de quelques scènes croustillantes (pour l’époque) comme celle où Torrance, succombant au charme de la maîtresse de van Rijn, reçoit un vigoureux coup de poing de son hôte.  

L’ETHNICITÉ SANS PEINE

Après une entrée aussi simple que rapide on retrouve avec plaisir les descriptions préliminaires d’Anderson avec un mélange d’environnements paysagers, de considérations politiques et techniques, l’ordinateur du Centre Éducatif finit par mourir d’ennui et le pseudomorphisme culturel fait son apparition !
Le dénommé Jim Ching, qui parle dans cette nouvelle, est étudiant ordinaire de l’Académie des Astronautes de la ligue. Vigoureusement sollicité par son conseiller principal, Simon Snyder, pour représenter la communauté chinoise au prochain Festival de l’Homme organisé par le complexe éducatif de San Francisco intégré, il s’inquiète grandement car de la réussite de cette manifestation dépend son avenir et le contrat de son père. Ses relations, sollicitées, se dérobent à cette redoutable obligation.
Jim a pour ami Adzel, un sophonte de Walden, un dragon de 4,50 m de long qui vient de se convertir au bouddhisme. Remarquable, cet ami parle plusieurs langues dont le langage humain !
Et Anderson pousse le bouchon imaginaire très loin puisque ce dragon, qui parle l’anglais comme vous et moi, prépare le thé, s’excuse lorsqu’il manque d’assommer quelqu’un avec sa queue géante et ne ménage pas ses conseils. Ainsi il va jusqu’à proposer à Jim de participer efficacement au Festival en organisant un défilé dont il en sera la vedette.
C’est ce que Jim parviendra à imposer à Simon Snyder avec l’aide mentale et, un peu physique, d’Adzel. Le défilé se déroulera comme un charme et les commerçants locaux rétabliront cette ancienne coutume de la célébration du Nouvel an chinois.

 

Gérard BOUYER
Première parution : 28/2/2019
nooSFere




 
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