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L'Homme qui s'est retrouvé

Henri DUVERNOIS


Illustration de (non mentionné)

L'ARBRE VENGEUR (Talence, France), coll. L'Arbuste véhément n° 11
Date de parution : 19 mars 2020
Dépôt légal : 1er trimestre 2020, Achevé d'imprimer : mars 2020
Réédition
Roman, 216 pages, catégorie / prix : 7,50 €
ISBN : 978-2-37941-012-3
Format : 10,5 x 15,5 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture

Le lent naufrage de la vieillesse n'est pas avare de tortures. Parmi les plus vives, celle de la mémoire qui vous impose le souvenir de vos erreurs, de vos fautes et de vos renoncements : si le sage que l'on est devenu pouvait conseiller l'orgueilleux qu'on a été...

Face aux limites de la science, la littérature peut tout se permettre. Grâce aux ressources du roman d'anticipation, Henri Duvernois, célèbre auteur d'avant-guerre, a imaginé la plus improbable et la plus incroyable des rencontres. Son héros, bourgeois argenté et désabusé que son âge encourage à tous les risques embarque dans un voyage interstellaire qui va le conduire... quarante ans plus tôt. Lui est ainsi offert le miracle de découvrir le jeune homme qu'il fut et de l'aider de ses conseils. Mais la jeunesse se moque bien des leçons de sagesse, d'où qu'elles viennent.

Roman fantastique et psychologique tout à la fois, L'homme qui s’est retrouvé est un étonnant pari littéraire, aussi réjouissant qu'inattendu.

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition L'ARBRE VENGEUR, (2010)

     L'Arbre Vengeur nous livre épisodiquement des petits miracles, comme Quinzinzinzili de Régis Messac ou encore L'œil du purgatoire de Jacques Spitz. Auxquels faut-il maintenant ajouter L'homme qui s'est retrouvé d'Henri Duvernois.
     Le premier rabat nous indique que l'auteur est né en 1875 de son vrai nom Henri Simon Schwabacher et qu'il meurt « riche et célèbre » en 1937. Cet écrivain des Années Folles, outre ses romans et contes, a produit dans bien d'autres compartiments, de l'opérette au cinéma en passant par le théâtre. Aujourd'hui presque complètement oublié, il était extrêmement populaire, ami de Proust, Colette, Cocteau ou encore Mistinguett.
     Il est surtout distingué par Gide, pourtant féroce, qui dit de lui « Car ce qu'écrit Duvernois, et qui comporte parfois des moments d'une réussite unique, — je sais ce que je dis, — n'est pas fait pour le public auquel il s'adresse et qui le reçoit. »
     L'homme qui s'est retrouvé, écrit juste un an avant sa mort et son unique roman fantastique, appartient sans conteste à ces moments rares et précieux.
     L'argument, à l'époque novateur, est maintenant un poncif de la science-fiction : un bourgeois désabusé, Maxime-Félix Portereau, riche et oisif, expérimente un vaisseau interstellaire qui le conduit en fait quarante ans plus tôt. Il va alors tenter d'aider de ses conseils le jeune homme qu'il fut, afin d'en améliorer le destin.
     Mais Henri Duvernois réserve à cette trame classique un traitement singulier. Portereau, qui se présente comme un cousin d'Amérique, se découvre bien incapable d'influencer les destinées de sa famille : son père, médiocre employé que manipulent ses escrocs de patrons, sa sœur qui court vers une terrible désillusion amoureuse et bien entendu son moi adolescent, insupportable égotiste velléitaire. Las, on le traite d'insupportable trublion, et le prie de porter ailleurs ses inutiles conseils.
     Car Chronos ne se laisse pas aisément manœuvrer, non plus que la nature humaine. Tandis que le voyageur temporel découvre la vanité de ses efforts, son entreprise s'achemine vers son inévitable et tragique conclusion.
     Henri Duvernois livre ici un drame d'une modernité saisissante, écrit dans un style aujourd'hui légèrement suranné, mais d'une impeccable fluidité et d'une charmante élégance. Merci donc à l'Arbre Vengeur d'avoir exhumé ce lent et beau voyage aux sources des regrets inutiles.

Pierre LE GALLO
Première parution : 16/8/2010
nooSFere


Edition L'ARBRE VENGEUR, (2010)

     Henri Duvernois (de son vrai nom Henri Simon Schwabacher) est un écrivain français né en 1875 et mort en 1937. Tour à tour romancier, dramaturge et scénariste, il rencontre le succès à partir de 1908. Pierre Versins et sa fameuse encyclopédie lui attribuent seulement deux textes conjecturaux : Les Voyages de monsieur Pimperneau (1927) et L'Homme qui s'est retrouvé (1936), dont il est question ici.

     Maxime-Félix Portereau est en 1932 âgé de 46 ans, nanti d'une bonne situation mais légèrement blasé de la vie. Aussi, lorsqu'il rencontre Lucien Varvouste, jeune ingénieur qui « a résolu le problème de l'énergie intra-atomique », non seulement il le finance, mais il décide en outre de devenir son cobaye. En jeu : une expédition vers Proxima Centauri, ni plus ni moins. Les deux hommes se lancent dans l'aventure, et Portereau se retrouve alors projeté... dans le passé, en 1896. Dès lors il n'a qu'une seule idée en tête : retrouver sa famille, lui-même à 20 ans, et les accompagner grâce à l'argent qu'il ne manquera pas de gagner, puisqu'il connaît le futur...

     Bien évidemment, on se gardera d'envisager qu'il puisse y avoir ici le moindre début d'un commencement de vraisemblance scientifique. Le propos est ailleurs : montrer un homme plongé dans un monde qui n'est pas le sien, et voir ses tentatives pour façonner le futur à sa façon. Trame classique, mais que Duvernois a su enrichir par le relatif insuccès des manigances de Portereau : en effet, sa famille se méfie grandement de cet excentrique oncle d'Amérique, riche et désintéressé. Mais aussi envahissant, notamment lorsqu'il se met en tête d'ouvrir les yeux de son moi rajeuni pour lui éviter les erreurs de la/sa jeunesse. Avec au final un constat inéluctable : le futur, en grande partie, se construira indépendamment de lui. En dépit de l'humour omniprésent, qui rend très plaisante la lecture de ce roman assez court (200 pages d'un style impeccable), c'est assurément vers un drame individuel que l'on se dirige ici.

     On saura ainsi gré à l'Arbre Vengeur, comme souvent, d'avoir exhumé cet ouvrage depuis longtemps introuvable : même s'il n'était pas un auteur de romans de science-fiction, Henri Duvernois n'a pas à rougir de cet Homme qui s'était retrouvé, qui en manie les concepts avec élégance.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/4/2010
dans Bifrost 58
Mise en ligne le : 13/7/2011

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