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Comment je suis devenu super-héros

Gérald BRONNER



LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. Policier
Date de parution : 7 avril 2021

Réédition
Roman, 352 pages, catégorie / prix : 7,90 €
ISBN : 978-2-253-25985-5
Format : 11,8 x 17,8 cm
Genre : Science-Fiction

D'abord annoncé pour le 9 décembre 2020.


Quatrième de couverture
Titan est un super-héros un peu dépressif depuis qu’Alicia l’a quitté. Pour ne rien arranger, il vient de perdre une place au Panthéon Top 30, l’émission de télévision qui classe les trente super-héros les plus populaires d’Amérique. Les potes du commissariat de Lexington Avenue ont beau être ses premiers supporters, Titan n’a plus goût à rien. Dans ces conditions va-t-il pouvoir affronter l’un des pires ennemis de sa carrière ? Celui que les journalistes nomment déjà le Vampire de New York, un tueur en série qui s’attaque aux surhommes. Alors qu’il mène l’enquête, aidé par son vieux collègue Monté Carlo, un ex-super-héros, contraint à la retraite depuis que, à force de coups encaissés, il a développé la maladie de Parkinson, Titan est conduit à remuer les eaux boueuses du mythe des super-héros. Alors une question bientôt s’impose à lui : sera-t-il le prochain sur la liste du Vampire de New York.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LES CONTREBANDIERS, (2007)

     Une maquette rigolote et un titre accrocheur pour qui apprécie les comics ou leurs avatars cinématographiques, un résumé alléchant qui évoque irrésistiblement les Watchmen d'Alan Moore... voilà de quoi tenter l'amateur de super-héros qui sommeille en chacun de nous.

     Hélas, malgré quelques bonnes idées, le style relâché s'avère assez vite fastidieux. Passons sur l'absence systématique du « ne » dans les phrases négatives, choix contestable mais assumé, pour regretter entre autres la lourdeur du ton pseudo familier, la surabondance des verbes « être » et de paresseux « il y a », le foisonnement des « ce » et des « que »...
     Exemple : « Ouais, je sais. Titan c'est un peu nul comme nom de super-héros, mais faut bien se dire une chose, c'est que ça fait près de trente piges que j'exerce et qu'à mon époque, lorsque j'ai commencé, Titan ça avait de la gueule. Et puis, c'était pris par personne. C'est comme les prénoms, ça se démode à une vitesse folle. Les jeunes ont beau jeu de se foutre de notre gueule, nous autres les Hommes araignée, les Gigaman et autre Aigle noir. Mais dans le temps, je le répète, c'était ce qui se faisait de mieux. »
     Outre les défauts sus-mentionnés, la répétition du « gueule » — sans intérêt ici et donc maladroite — témoigne encore du manque de relecture : un simple « tronche » en place du second aurait fait l'affaire.
     Certes, on pourra me rétorquer que ce style traduit le côté fruste du personnage, mais sur quelque 300 pages, le fruste devient difficilement supportable...

     Par ailleurs, malgré une intrigue policière et quelques idées potentiellement comiques — comme le « Top 30 » des super-héros — les jérémiades du Titan super-fatigué aux prises avec la triste réalité du quotidien finissent par déprimer plus qu'elles n'amusent. On ne retrouve ni la drôlerie pathétique des pitoyables Mystery Men, ni l'impressionnante et géniale relecture du mythe super-héroïque proposée par les Watchmen, ni les difficultés d'insertion sociale rencontrées par les protagonistes des X-men, des 4400 ou de Heroes, ni même la pénétrante mélancolie du film Incassable où le personnage central a refoulé sa nature profonde.
     Certes, l'auteur glisse quelques analyses politico-sociologiques sur le thème du super-héros, mais sans essayer de les fondre intimement dans le récit principal comme le réussit admirablement un Alan Moore. Bronner, lui, se contente d'insérer çà et là quelques articles théoriques, dont le contenu assez léger n'apporte rien de bien neuf à un genre qui s'est déjà lui-même largement auto-analysé et auto-critiqué dans les dernières décennies.
     Enfin, l'auteur réduit l'origine de tous les super-héros à l'existence de mutations génétiques en niant l'origine extraterrestre pour les uns, les accidents aussi divers que farfelus pour d'autres. L'hypothèse est valable mais là non plus pas très neuve — voir les X-men... — et l'auteur n'en tire d'ailleurs pas grand chose.

     Bref, un roman de peu d'intérêt, dispensable à moins de collectionner tout ce qui concerne les super-héros.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 9/12/2007
nooSFere


Edition LES CONTREBANDIERS, (2008)

     Gérald Bronner est universitaire et sociologue, auteur de plusieurs essais. Mais pas que, puisqu'il écrit aussi du polar, dont Comment je suis devenu super-héros ?.

     Au croisement du polar et des comics, il y met en scène Titan, un super héros new-yorkais. Titan n'est pas au mieux. Sa femme l'a plaqué, et il a perdu une place au top 30 des super-héros les plus populaires. En plus de ces tuiles, il va devoir combattre un terrible méchant, le Vampire de New-York. Ses cibles sont les super-héros, et notre cher Titan semble bel et bien être le prochain sur sa liste.

     Le sujet est potentiellement intéressant, et plutôt original. Le problème, c'est que l'auteur se prend les pieds dans le tapis. On a l'impression qu'il cherche à jouer sur plusieurs tableaux à la fois, tantôt l'humour, tantôt l'intimisme, tantôt la noirceur. Titan est certes un personnage attachant, avec ses fêlures, ses doutes, ses forces et ses faiblesses. Mais au lieu d'en faire un personnage complexe, il empile ses facettes par couches successives au fil des pages. Le coté humain et complexe se trouve ainsi réduit à un catalogue d'émotions et d'attitudes que l'on feuillette au fil du roman comme le catalogue de la Redoute. Pour ce qui est de l'humour, on rit un peu au début du livre, mais c'est tout. Par contre, le côté intime de Titan est la partie la plus réussie du roman. Elle est centrée sur son enfance, l'échec conjugal et ses relations avec le super-héros Gigaman.

     Une fois le héros présenté, l'auteur lance ses rebondissements comme autant de fusées éclairantes, au fur et à mesure que l'intrigue sombre corps et biens dans l'ennui. Le côté noir est complètement raté, car l'auteur parle énormément pour ne pas dire grand-chose. A l'instar des facettes de Titan, les péripéties du roman s'empilent les unes sur les autres, dans un crescendo de longueurs et de délayages. C'est bien simple : Bujold passe ici pour un modèle de concision ! Le polar est une littérature complexe et exigeante, et il ne suffit pas de lire Dennis Lehane ou Ken Bruen pour signer un bon roman. L'intrigue n'est absolument pas maîtrisée ni aboutie, et laisse la désagréable impression d'une improvisation permanente. Mais que vais-je pouvoir dire pour écrire un nouveau chapitre ? Cette question lancinante semble être le désagréable leitmotiv du roman... voire sa seule véritable intrigue. Et c'est bien dommage, car le bouquin n'est pourtant pas mauvais. On y trouve une grande acuité sociologique. L'auteur fait mouche quand il pointe la banalisation de la violence. Ou bien la starification à l'époque où les journaux publient 200 articles quotidiens sur Paris Hilton. Ses réflexions sur les super-héros comme stéréotypes culturels américains sont également pleines de pertinence. Cela mis à part, c'est tout simplement raté et ennuyeux. C'est donc avec amertume et lassitude que l'on referme ce livre. De bonnes idées ont été bêtement gâchées dans un roman, là où une nouvelle et un article auraient suffi. La mayonnaise n'a pas pris : lisez plutôt American gods de Neil Gaiman.

Olivier PEZIGOT
Première parution : 1/1/2008
dans Bifrost 49
Mise en ligne le : 27/1/2009

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