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Les Croisés de Mara

G.-J. ARNAUD


Cycle : La Grande séparation  vol.


Illustration de Gaston DE SAINTE-CROIX

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 469
Dépôt légal : 3ème trimestre 1971
240 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 1988
   in La Grande séparation, 2000

    Quatrième de couverture    
     Médiévales et superstitieuses, les différentes populations de Mara se méfient des sciences et des techniques. La planète isolée de l'univers depuis neuf siècles vit un Moyen Age barbare et cruel. Quelques villes lugubres et tyranniques regroupent les individus les plus inquiets dans les labyrinthes ténébreux de leurs niveaux inférieurs. Les Maîtres de la Cité donnent, dans des cirques grandioses, des spectacles sanguinaires à la population conditionnée par la terreur depuis la Grande Séparation avec le reste du monde. Laur le Négociateur a reçu de son protecteur Cydras le Reclus une éducation clairvoyante qui finit par le rendre suspect aux yeux de l'Honorat qui règne sur Vasa, la Cité des Boues.
 
    Critiques    
     Les croisés de Mara, premier roman de science-fiction d'un auteur attitré du Fleuve Noir dans diverses autres séries, se situe au confluent de ces deux genres voisins que sont le space-opera et la science-fantasy. Naturellement, la définition de ces deux « genres » reste à faire et ne sera sans doute jamais tracée de manière définitive, car la particularité de la SF est justement de se créer continuellement des genres et des sous-genres dont la perméabilité (donc le degré d'interpénétration) est infinie...
     Disons simplement que Les croisés de Mara rappelle à la fois le cycle de Pellucidar et le cycle de Mars de Burroughs, ainsi que l'épopée martienne de Leigh Brackett. Comparaisons dont on. pourrait craindre qu'elles risquent d'écraser l'ouvrage de G.J. Arnaud ! Et, du simple point de vue « littéraire » (je tiens aux guillemets), c'est sans doute vrai. Mais il se trouve que la lecture que l'on peut faire d'un roman tel que Les croisés de Mara (et le plaisir qu'on y éprouve) ne se situe pas dans les contrées arides de l'analyse du style...
     Car voilà bien un roman d'aventures, un roman populaire, qui se donne au premier degré pour ce qu'il est : une suite de péripéties à avaler sans reprendre son souffle et où l'on retrouve, par delà les clauses de l'« écriture personnalisée », un décor, des héros connus. Avec sa planète qui eut son heure de haute civilisation mais qui est retombée au stade d'une semi-barbarie, avec ses villes inquiétantes entourées de déserts où rôdent des peuplades sauvages, avec son « picaro » de service gagné par une juste cause et conquis par l'amour d'une douce esclave, l'ouvrage peut se placer sans solution de continuité à la suite du Livre de Mars ou des aventures de John Carter, dont il constitue une suite — ou une variation — mineure.
     Logiquement située dans l'espace-temps (c'est une planète qui a mal survécu à une guerre interstellaire), Mara appartient par un bout au space-opera. Mais, terre où tout est possible, terre isolée dans l'espace sans communication avec l'univers, elle appartient aussi à la science-fantasy, celle qui s'inspire un peu de l'Empire romain, un peu du Moyen-Age, un peu des convulsions de la Renaissance, pour faire évoluer de sympathiques brigands et de cruels seigneurs au milieu de l'écroulement des tyrannies, de la naissance de religions nouvelles, des horreurs de l'inquisition et du renouveau d'une science magique. à seule fin d'aventures palpitantes et hautes en couleurs.
     Malgré tous ces emprunts à un fonds commun qui n'a pas fini de nous donner à lire un lot considérable de prouesses à venir, Les croisés de Mara échappe au manichéisme grâce à la personnalité de son héros, Laur le Négociateur, qui n'est pas moulé dans le marbre sans faille des héros mais au contraire acquiert peu à peu la connaissance idéologique du monde où il évolue. et grâce à l'ambiguïté qui préside à l'existence des croisés de la nouvelle religion des Gathéniens, qui ne veulent délivrer la planète de la tyrannie des Seigneurs que pour instaurer une autre dictature. Toutes ces lignes imbriquées forment la trame d'une aventure complexe et vivante, que l'on suit de bout en bout avec passion.
     Certes. l'ouvrage n'est pas sans défauts. S'il a été mis en place avec vigueur et imagination, il a sans doute été écrit un peu vite (comme la majorité des Fleuve Noir), ce qui laisse la place à un certain laisser-aller dans l'écriture. D'autre part. le débit de l'histoire s'accélère un peu trop dans le dernier quart du livre, comme si, l'auteur avait au départ visé plus large que les 233 pages immuables de la série.
     Mais tout cela est de peu d'importance. On a souvent écrit que la science-fantasy s'acclimatait difficilement en France. Plusieurs auteurs, avec plus ou moins de bonheur, ont pourtant essayé de s'en approcher : Andrevon, Scovel, Walther. Peut-on dire que G. J. Arnaud les coiffe au poteau ? Les comparaisons seraient bien aléatoires et de toute façon de peu d'intérêt... Disons alors que Les croisés de Mara est un bon exemple et une tentative réussie d'acclimatation. Il est probable que G. J. Arnaud est un lecteur de science-fiction et que, pour la rédaction de son ouvrage, ce n'est pas son expérience en espionnage et en policier qui lui a servi, mais bien plutôt ses nombreuses plongées dans les « Grands Romans » du Fleuve Noir. avec musardage obligatoire dans le Moyen-Age ou la Renaissance. Comme quoi les univers parallèles se rencontrent parfois !
     Et il est moins facile qu'on ne croit d'aborder la science-fiction, même (et peut-être surtout !) si on a une longue expérience d'écriture dans d'autres domaines derrière soi. J'ai signalé il y a quelques mois l'échec complet de Caroff en la matière. C'est donc avec un plaisir d'autant plus grand qu'il fallait signaler la réussite de la greffe Arnaud, qui témoigne à son tour de l'incontestable « second souffle » qui anime l'Anticipation-Fleuve Noir depuis un an ou deux.

 

 

 


Denis PHILIPPE
Première parution : 1/12/1971 dans Fiction 216
Mise en ligne le : 28/4/2002


 
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