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La Fin de l'hiver

Parke GODWIN & Marvin KAYE

Titre original : Wintermind, 1982
Première parution : États-Unis, New York : Doubleday, novembre 1982
Cycle : Maîtres de la Solitude  vol. 2

Traduction de Françoise MAILLET
Illustration de Jean-Louis VERDIER

OPTA (Paris, France), coll. Club du livre d'anticipation n° 118
Dépôt légal : 2ème trimestre 1986, Achevé d'imprimer : 10 mai 1986
Première édition
Roman, 424 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7201-0275-X
Format : 13,5 x 20,1 cm
Genre : Science-Fiction

Tirage limité à 1500 exemplaires numérotés de 1 à 1500 et à 30 exemplaires hors-commerce de collaborateurs marqués H.C.



Quatrième de couverture
     Pendant la longue période de stérilité qui avait suivi l'holocauste sanglant, diverses cultures avaient tenté de survivre, chacune de son côté, chacune avec ses lois, chacune avec ses tabous et ses craintes. Maintenant, après des siècles d'isolationisme, deux cultures se redécouvraient l'une l'autre. Celle des « familles » qui avaient vécu en harmonie avec les divinités naturelles et possédaient d'étranges pouvoirs télépathiques et celle qui s'était installée dans la ville, une race d'immortels préoccupée de sauvegarder l'héritage scientifique de la civilisation humaine.
     Lentement ces deux mondes reprenaient contact, mais au-dessus d'eux planait une menace, une force cachée, terrifiante, qui obscurcissait le devenir de l'un comme de l'autre.
     La suite très attendue des MAITRES DE LA SOLITUDE, le chef-d'oeuvre de Marvin Kaye et Parke Godwin !
Critiques
     Voici donc la suite des Maîtres de la solitude, que je saluais récemment ici-même (in FICTION n° 376). Si ce récit est plus statique que le premier, ses deux auteurs ont pourtant brillamment relevé ce qui était la gageure traditionnelle : écrire une séquelle qui ne soit ni une simple « suite » ni un récit inutile après la réussite du premier.
     Les Clans ont forcé la Cité à s'ouvrir. Ils acquièrent la technologie alors que la Cité peut étudier leur formidable pouvoir, le Lep, qui permet la communication mais aussi la fusion des esprits. Pour ce faire, quelques Maîtres des Clans résident dans la Cité, parmi lesquels Arin, fils de Garick, et Shalane, sa compagne. Rien ne peut évidemment être comme avant. Et La fin de l'hiver est bel et bien un récit d'après la perte de l'innocence.
     Celle d'Arin, qui a appris à tuer un membre du Cercle, chose impensable dans la culture des Clans où la violence est bannie. Dix ans après la guerre, Arin revoit Holder, comme il revoit le génocide des Driss pratiqué par Garick.
     Celle des Clans et de leur culture, devenus une Nation possédant son armée, développant des communications modernes et glissant vers l'économie de marché. Les Maîtres abandonnent peu à peu leur identité. Symboliquement : la perte de la nudité naturelle que perçoit Shalane entre elle et sa fille Mady.
     Celle de Shalane surtout, qui va métaphoriser en son destin tragique l'évolution de son peuple tout entier. Shalane qui refuse d'oublier sa culture mais qui se bloque vis-à-vis du progrès alors que Arin devient sceptique sur les relations des Maîtres avec la Terre nourricière. Shalane qui perd sa fille parce qu'elle est éduquée en fille de la Cité et ne peut plus supporter la vie traditionnelle des Clans, et ce jusqu'à l'affrontement ouvert avec sa mère, jusqu'à la traiter d'ignorante : Shalane use du Lep et refuse d'apprendre à lire. Shalane l'ambiguë : respectant la tradition mais voulant l'imposer comme seule vérité, lucide sur l'artificialité de la vie citadine (« Les gens de la Cité laissaient toujours les objets travailler à leur place », p. 50) mais intolérante quant à l'éducation de Mady (« Mady est elle-même, plus que nous ne l'avons jamais été. Pourquoi devrait-elle être un autre toi, Lane ? » demande Arin).
     Shalane au fond métaphore de ce choc éternel, incontournable et tragique : celui qui oppose deux cultures, quand l'une risque de se faire absorber par l'autre et de perdre sa spécificité. Tout ceci est remarquablement dit par Kaye et Godwin, au long des pistes d'intrigues qui tissent ce roman : l'opposition Shalane/Mady, la vengeance de Ben Santee vis-à-vis de Garick, et surtout le thème qui vient hanter (c'est le seul terme propre) la troisième part du récit, celui qui livre la part sombre des hommes des Clans, engloutie au cœur de la mutation récessive qui a produit le Lep — et qui fait du Cercle, même s'il change sous la pression du contact avec la Cité, le porteur de l'avenir de la race toute entière. La pulsion de mort, la folie destructrice, la violence entropique existant en tout être, que ceux des Clans ont enfoui profondément grâce à leur conscience collective, mais qui peut resurgir tragiquement lorsqu'un individu est coupé du Cercle par la solitude, le chagrin, la haine... Le cerveau télépathique est la nouvelle protection de l'homme contre ses propres pouvoirs, qui modèlent les émotions ou les hallucinations.
     Et lorsque cette protection craque, c'est l'horreur qui s'empare du Moi, c'est « l'esprit-en-hiver ». La lutte contre cette tendance au mal absolu sera le dernier obstacle sans doute dressé entre l'homme futur et la nouvelle race. Vaincu par Arin et Corian, il mènera Shalane à son destin de mort. Cette exploration du fantastique potentiel du cerveau humain mène le livre au-delà de l'anecdote simple, même si le choc culturel relaté était déjà un thème adulte et respectable. La fin de l'hiver, moins « aventureux », est un aussi grand livre que Les maîtres de la solitude.

Dominique WARFA (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/11/1986 dans Fiction 380
Mise en ligne le : 1/5/2003

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