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Le Phare

Valerie J. FREIREICH

Titre original : The beacon, 1996

Traduction de Marie-Catherine CAILLAVA
Illustration de Tim BURNS

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) n° 4938
Dépôt légal : juillet 1998
416 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-290-04938-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Valérie J. Freireich

     Jeune avocate, elle vit près de Chicago. Après avoir publié de nombreuses nouvelles, elle surprend et séduit le public américain avec ses deux premiers romans. Son talent et son originalité se confirment avec Le Phare, son premier livre publié en France.

     Nous sommes dans un lointain futur, l'humanité a été décimée par les épidémies, la cupidité et la guerre. Les survivants ont rebâti une société régie par l'Assemblée, un système auquel on se connecte, grâce au Phare, pour entrer en liaison télépathique avec le reste de la planète. Avantage — ou inconvénient ? : le mensonge est impossible. Pourtant les Ajusteurs, responsables de l'Assemblée, semblent avoir des choses à cacher...
     Un jour, un vaisseau inconnu apparaît dans l'espace et envoie quatre émissaires sur Terre. Parmi eux, Béatrice. Elle sait que le cauchemar des humains risque de recommencer. Elle sait que le Phare est bien plus qu'une simple antenne. Les Ajusteurs, eux aussi, connaissent la vérité et sont prêts à tout pour la faire taire. Son seul espoir : Stefan Acari, juge à l'Assemblée. Un homme pur et honnête. Mais l'aidera-t-il, ou bien se retournera-t-il contre elle ? Vérité à tout prix ou paisible ignorance : éternel et mortel dilemme..
 
    Critiques    
     Si les lecteurs français commencent à bien connaître la nouvelle génération d'écrivains de science-fiction britanniques, les jeunes auteurs américains semblent actuellement avoir plus de mal à traverser l'Atlantique. Et surtout les jeunes « auteures », lesquelles sont apparues en nombre sur le marché ces dernières années. Il serait pourtant grand temps que le lectorat français découvre que la « jeune s-f féminine américaine » ne se limite pas à l'encombrante Lois McMaster Bujold ou à Connie Willis, qui, rappelons le, fit ses débuts en 1971 ! De ce point de vue, la publication de Le Phare, troisième roman de Valérie J. Freireich, est une bonne nouvelle.

     Quelques siècles après la période des cinq Hécatombes, qui entraîna la chute des Anciens Temps Modernes — comprenez : notre civilisation — , le monde vit enfin une période de paix et de stabilité. La quasi-totalité des humains sont liés à l'Assemblée, système de communication à l'échelle planétaire, recueillant non seulement des informations, mais également les émotions et les souvenirs de ceux qui s'y connectent, et qui assure à elle seule la stabilité de la société. Mais l'arrivée sur Terre de quatre humains, surnommés les Voyageurs, et semble-t-il originaires d'une colonie perdue, va remettre en question les fondements mêmes de cette société. Stefan Acan, Juge à la Cour Universelle, va tenter de découvrir auprès de Béatrice Whit, l'une des quatre émissaires d'outre-espace, quel est le véritable but de leur venue sur Terre, et quels dangers ceux-ci pourraient représenter pour la planète.

     Le Phare possède des qualités certaines : un univers original et bien décrit, tant dans le fonctionnement de ses institutions politiques que dans ses conventions sociales, des personnages bénéficiant d'une certaine épaisseur, et une intrigue dans l'ensemble convenablement menée, même si, curieusement, l'auteur décide de révéler au lecteur le secret des Voyageurs avant que son personnage principal, Acari, ne le découvre par lui-même. On ne s'ennuie donc pas tout au long de ce roman, mais il lui manque pourtant l'étincelle, ce petit quelque chose qui transforme une lecture agréable en une lecture mémorable. En définitive, Valérie J. Freireich se révèle être une romancière capable, mais il lui manque toutefois encore cette aisance et cette singularité qui la différencierait du tout-venant de la production américaine. À lire donc, en attendant mieux.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/12/1998 dans Bifrost 11
Mise en ligne le : 1/11/2003


     Après les Hécatombes, les survivants de l'humanité ont rebâti une société gérée par l'Assemblée, grâce au Phare, un système permettant d'entrer en liaison télépathique avec tous ceux qui s'y connectent, système géré par les Ajusteurs. Si les Ropéens l'utilisent largement, les clans habitant les Continents Frères, de nature individualiste, y sont plutôt hostiles. Stefan Acari est juge à l'Assemblée, ce qui lui ôte toute vie privée puisque tout le monde peut lire ses pensées les plus intimes, et savoir par exemple que sa vie de couple va sur sa fin.

     Acari, dont l'intégrité est exemplaire, se trouve chez Denning, chef du clan Rivière, sur le Continent Frère Nord, lorsque débarquent les quatre émissaires des Numéricains, dont plus personne n'avait de nouvelles depuis qu'ils s'étaient exilés dans l'espace. On se méfie des Voyageurs, même si on convoite leur mode de propulsion les affranchissant des distances interstellaires, car ils reviennent en compagnie d'Amis, des extraterrestres dont le seul but est de faire plaisir à l'être humain, de lui prodiguer présence et affection. S'agit-il d'un réel altruisme ou d'une invasion déguisée ? Les Numéricains communiquent entre eux grâce au Chant, qu'ils semblent avoir acquis auprès des Amis et dont le fonctionnement serait très proche de celui de la communication télépathique du Phare.

     Béatrice, une Voyageuse, redoute un événement dont elle n'ose parler, qui serait peut-être lié à la Mort Rouge, une maladie contagieuse. Autour d'Acari, tout le monde semble en savoir plus sur ce qui se trame : Pritchard, un protégé des Ajusteurs, agent des Forces Indépendantes de Défense, chargé de veiller sur Béatrice et même Denning, l'ami d'Acari. Mais Béatrice est enlevée et Denning, accusé du rapt, est enfermé.

     C'est pour lui venir en aide que Stefan Acari enquête et s'aperçoit à cette occasion qu'on le manipule. Les Ajusteurs eux-mêmes, pourtant garants de l'Assemblée, désirent l'évincer. Pour protéger quel secret ? Celui du Phare, qui n'est pas de construction humaine, et qui est un outil détourné de sa fonction par les Ajusteurs.

     Acari, dont le rôle de naïf permet de découvrir les dessous du système, est particulièrement bien campé : fragile et fort à la fois, sa vocation le prive de vie privée puisque, en tant que juge, tout le monde peut lire ses pensées lorsqu'il se connecte. On apprécie, outre l'intrigue complexe du roman, la société originale de l'Assemblée et les réflexions qu'elle amène : la vérité à tout prix est-elle souhaitable ? La sincérité lui est-elle préférable ? Le système social le plus élaboré parviendra-t-il jamais à se garantir de toute malveillance ? Enfin, l'humanité est-elle prête à s'ouvrir, à poursuivre son évolution avec une autre espèce, celle des Amis dont les Voyageurs ne peuvent plus se passer ? Ce deuxième roman de la jeune avocate Valérie Freireich constitue une heureuse surprise qui permet d'espérer que ses autres textes seront également traduits en France.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/1998 dans Galaxies 11
Mise en ligne le : 20/11/2008


 

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