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Saison de rouille

Pierre PELOT


Cycle : Les Hommes sans futur  vol.


Illustration de MANDY

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 586
Dépôt légal : janvier 1998
240 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-207-30596-1
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ils étaient les Nouveaux Hommes, les Supérieurs... Ils prenaient possession de la Terre, oubliant les vieilles règles du jeu pour en poser d'autres : les leurs. Restaient les singes, et les hommes « normaux » de l'ancienne espèce, « les mangeurs d'argile » comme ils s'appelaient entre eux...
     Tandis que les Autres vaquent à leurs impénétrables affaires, la Médterrannée est devenue la mer Damnée, le royaume du froid et de tous les pourrissements. Pourriture sur les eaux boueuses, pourriture sur les hommes crucifités par des brûlures insoutenables. En attendant de vaincre le fléau, on isole les malades en masse. C'est du moins la version officielle, celle qu'on sert aux rabatteurs... Polynésie s'apercevra très vite que la réalité est tout autre. Quant à Hierro, le chasseur qui croisera sa route, il mlettre plus longtemps à comprendre. Pourtant il est pressé. La Pourriture est sur lui...
 
    Critiques    
[Critique commune aux deux premiers tomes de la série, Les Mangeurs d'Argile & Saison de rouille]

     Après la mutation qui a fait du singe un Homo sapiens, un nouveau bond de la nature a donné naissance aux Autres, les Supérieurs de la nouvelle espèce. Ils se regroupent entre eux et mènent des activités échappant à l'entendement de leurs géniteurs. Les hommes savent, désormais, qu'ils sont les derniers des sapiens et que leur civilisation disparaîtra progressivement, sans tapage.

     Le combat étant perdu d'avance, Pelot ne s'épuise pas à confronter les deux espèces ni à imaginer à quoi ressemblera la nouvelle humanité. Des Supérieurs, on n'en saura très peu, on n'en verra presque rien : ils nous sont trop étrangers. Ce qui l'intéresse est la description crépusculaire des derniers soubresauts d'une civilisation sur le déclin. C'est ce que symbolisent la ruade de Kildred Quenan, qui a décidé de découvrir le monde au soir de sa vie, et la fuite éperdue de Lice vers des territoires où la présence des Supérieurs ne se fait pas sentir. Tous deux sont accompagnés par le bois-bonheur Caïne, un de ces charlatans dont l'amulette est censé assurer des naissances normales et qui lui, fuit une de ses victimes. Les Mangeurs d'argile est le récit de cette équipée aux allures de western.

     Saison de rouille est également le sujet de traques multiples dans une Camargue contaminée par un virus, où les populations, sous couvert d'évacuation, sont impitoyablement éliminées : Polynésie, une rescapée, entend retrouver Hierro, responsable d'un de ces massacres. Celui-ci, contaminé, échappe à la quarantaine afin de battre le score de son principal rival et de retrouver le Supérieur qui se cache parmi la population. Récit sanglant, d'une violence qui n'est pas sans rappeler celle du Sourire des crabes, ce roman âpre est un saisissant instantané du déclin de l'humanité.

     La réédition de ce cycle, qui comprend six romans à ce jour, résonne d'échos nouveaux depuis que Pelot s'est lancé dans la rédaction d'une saga préhistorique contant l'émergence de l'espèce humaine : en se situant aux deux extrémités, il se fait le chantre de ceux dont les luttes pour se forger une destinée ou refuser un destin ont été ou seront vouées à l'oubli, le conteur de toutes les histoires qui échappent à l'Histoire mais qui parlent toutes, avec peut-être plus de vérité, de l'Homme.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/3/1998 dans Galaxies 8
Mise en ligne le : 6/4/2009

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (2003)


     Saison de Rouille est le deuxième volume d'une série commencée avec Les mangeurs d'argile, mais l'histoire est indépendante de celle du premier tome, même si le contexte est identique : les femmes accouchent le plus souvent d'enfants qui mutent et deviennent « Les Autres ». La race humaine telle que nous la connaissons est donc condamnée à plus ou moins long terme.
     Ici, nous suivons deux humains : Hiérro, chasseur déchu et Polynésie, proie rebelle. Mus par l'instinct de survie, ils agissent comme s'ils pouvaient échapper à la mort prématurée qui les guette. Leur choix se limite à une disparition immédiate ou différée, pourtant, ils ne cèdent pas au désespoir ! Ils mènent un combat pathétique car il n'y a pas de victoire possible. Le nom même de Hiérro fait penser qu'il lui reste si peu de vie qu'il est déjà un héros d'hier ! Autour d'eux et avec eux, la société n'en finit pas de s'entre-déchirer selon des procédés qui rappellent ceux de la deuxième guerre mondiale. Heureusement, les raisons — on le découvrira à la fin — n'en sont pas les mêmes...
     Dans ce roman, « Les Autres » restent relativement éloignés de l'intrigue, même s'ils sont omniprésents dans cet univers apocalyptique (un peu comme les Seigneurs de l'Instrumentalité dans le roman du même nom de Cordwainer Smith). On obtient bien quelques informations sur eux, mais ils demeurent mystérieux.
     Comme dans le premier tome, l'auteur propose ici un témoignage sur la vie dans ce monde à l'agonie. Seule l'hypothèse de départ est imaginaire, tout le reste ou presque pourrait être réel. Les nouvelles technologies et autres aspects exotiques de la science-fiction sont donc absents. Le récit décrit la tragédie vécue par Hiérro et Polynésie et l'effrayante misère dans laquelle les hommes peuvent tomber quand leur organisation s'écroule. Les descriptions sont déchirantes et les personnages souvent pitoyables. En effet, l'auteur a ajouté à la noirceur de son hypothèse originelle deux des pires calamités qui peuvent frapper une société : la maladie et la déportation.
     C'est donc sans joie que le lecteur parviendra au bout de cette œuvre sombre, dont la cohérence et le style doivent cependant l'inciter à lire la suite dans Soleils Hurlants.

Antoine ESCUDIER (lui écrire)
Première parution : 5/2/2003
nooSFere


 

Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1983)


     Plus réussi que le premier, ce second épisode des Hommes sans futurs se présente comme un livre extrêmement sombre et désespéré. Le ton Pelot demeure cependant, vibrant de chaleur humaine derrière la rudesse du récit.
     L'Homo Sapiens assiste toujours, impuissant, à sa disparition encore accélérée par les expériences manquées des Supérieurs, leurs remplaçants. Fruit de leurs manipulations, une nouvelle maladie épidémique décime les rangs des derniers hommes.
     Ce livre aux images très dures, aux scènes d'une violence exacerbée et d'un pessimisme saisissant, retrouve quelques accents de Et puis les loups viendront. Derrière la déchéance et l'avilissement de l'humanité se profile la mort, glaciale et impitoyable, que le héros ne parvient pas à accepter avec sérénité, comme le montre la très belle fin de ce livre, sur les notes de l'angoisse, du renoncement et du désespoir.
     Il n'y a pas d'analyse dans les récits de Pelot. L'auteur ne propose comme sujets de réflexion que ceux que le lecteur voudra bien y trouver. Pas de philosophie de l'existence, donc, mais une description de la vie à l'état brut.
     Saison de rouille en est un exemple réussi.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/2/1983
dans Fiction 337
Mise en ligne le : 9/5/2006




 
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