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Yorg
 
Herbert JABLA & Alain LE BUSSY

Un autre titre était prévu aux éditions EONS :

14/ Selnim des Temporiens

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   Volumes de la série   
1 /   Yorg de l'île
2 /   Rork des plaines
3 /   Hou des machines
4 /   Jana des couloirs
5 /   Jorvan de la mer
6 /   Djamol de Kîv
7 /   Koùm des Sauteurs
8 /   José de l'Ogistique
9 /   Pavlina des Nobyles
10 /   Dottac de la Garde
11 /   Norrika des Nukks
12 /   Lhersed de l'or rare
13 /   Dong-Tzé des Tchings

    Critiques    
     (Critique des trois premiers volumes de la série)

     Alain le Bussy publie depuis bien moins longtemps que Richard Canal 1, et le voilà pourtant à la tête de neuf titres dans une seule collection, « Anticipation » au Fleuve Noir. Depuis Deltas en septembre 1992, en effet, les parutions n'ont pas cessé — et se sont même accélérées ces derniers mois. Hou des machines, le dernier volume paru, constitue la conclusion provisoire d'une trilogie (à ce jour du moins), après Yorg de l'île et Rork des plaines.
     On sait qu'Alain le Bussy ne nourrit pas particulièrement d'ambitions stylistiques mais privilégie une SF d'aventures qui enfile épisodes sur épisodes, la littérature qu'il donne à lire héritant sa forme de la manière dont elle est produite. L'auteur wallon préfère confier rapidement à son traitement de texte les récits qui bouillonnent en lui, affirmant que passer trop de temps sur un manuscrit l'ennuie.
     Ce choix se sent malheureusement parfois dans l'œuvre terminée, et après le coup d'éclat des trois volumes du cycle d'Aqualia (Deltas, Tremblemer et Envercœur), on a pu dire que l'un ou l'autre des romans suivants auraient mérité un toilettage plus affirmé. Les trois derniers titres, pour leur part, sont d'un niveau agréable mais sans surprises, et arpentent vaillamment des territoires déjà bien explorés dans l'histoire du genre. Leur écriture est plutôt neutre, asservie aux péripéties, laissant parfois un goût de trop peu.
     De quoi s'agit-il d'autre, ici, que d'un long récit post-cataclysmique, à l'intrigue des plus classiques ? Guerre, catastrophe, maladie... Tels sont les ingrédients. Et afin de permettre un récit : des survivants ! Le lecteur en aura d'ailleurs pour son argent, car le Bussy n'a pas lésiné sur les groupes en présence : pour une Terre apparemment dépeuplée, on s'y côtoie de près, à se demander parfois comment cinq siècles ont pu passer sans autres heurts.
     Il y a ceux de la surface, et ceux de l'Abri. C'est encore très classique. A la surface, la civilisation a régressé (bon...) et l'organisation sociale semble être partout revenue au stade tribal. On s'apercevra au fil des volumes que c'est plus complexe, jusqu'à découvrir sur cette Terre future un condensé de l'histoire humaine : tribus quasi préhistoriques, hordes barbares, cité pseudo-antique, société plus avancée enfin, en Orient, qui connaît les « machines ».
     Dans l'Abri, trois groupes coexistent sans se mélanger. Les descendants des premiers survivants ont également régressé, même si leur oubli est sans commune mesure avec celui de ceux de la surface. Les plus nombreux végètent sans penser à revenir au jour. Un autre groupe, les Éboueurs, gère les déchets mais a muté au contact de radiations. Ceux de « l'Abri Secret », enfin, ont préservé le savoir et tentent obstinément de vaincre la maladie qui règne à la surface. Ceux-là manipuleront une tribu qui s'installe aux abords du lac artificiel sous lequel se situent leurs installations.
     Le récit est linéaire, les rebondissements parfois un peu convenus, mais le choix d'entremêler les différentes destinées offre au tout une diversité qui soutient néanmoins la lecture. Car il s'en passe, de l'action ! Ceux du secret vaincront-ils la maladie ? Qui sont véritablement les Éboueurs ? Les tribus qui se combattent puis s'allient pourront-elles résister à plus puissants qu'elles ? D'où viennent les mutants noirs (ma seule réserve de fond : était-il bien indiqué de mettre en scène des noirs anthropophages en ces temps de boue brune qui clapote dans les caniveaux de nos sociétés ?), comment les savants de Kîv ont-ils préservé leur culture, pourquoi reste-t-il des machines en Orient ?...
     Il est évident qu'Alain le Bussy ne déploie pas ici la flamboyance de Richard Canal, et tout aussi clair que ces récits ne constituent pas le meilleur de sa production, que l'on situera plutôt dans Deltas ou Déraag. A mes yeux, il a l'immense mérite de donner une vraie œuvre de SF, sans recours au moindre gnome...

Notes :

1. Pour comprendre le pourquoi de cette référence, il faut signaler que cette critique suit immédiatement celle du Cimetière des papillons de Richard Canal.

Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/7/1995
dans Cyberdreams 3
Mise en ligne le : 13/9/2003

 

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