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Psychohistoire en péril
 
Donald KINGSBURY
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   Volumes de la série   
1 /   Psychohistoire en péril, I
2 /   Psychohistoire en péril, II

    Critiques    
     Le pavé est volumineux et promet nombre d'heures de lecture. Il lie le sort de la galaxie et celui d'un personnage suivi pas à pas, en un long flash back de son enfance à une condamnation le laissant quasi-amnésique, avant reconstruction et reprise d'un combat dont il n'a jusque-là pas su davantage que le lecteur. Et on est dans l'univers de Fondation d'Asimov, le second Empire dominé par des mathématiciens maniant la psychohistoire, cette intervention politique et sociale minimaliste et à long terme destinée à assurer la stabilité du monde, et confronté à des complots, oppositions et concurrences potentielles à enrayer, longtemps peu cernables mais débouchant in fine sur un propos bien plus vaste, plus intelligent et plus satisfaisant que ce qu'on a cru comprendre au fur et à mesure. Bref, on en a pour son argent.

     Reste quelque irritation, liée à un vieux problème de la SF. Se projeter dans quelques millénaires, avec les capacités qu'implique entre autres le voyage supraluminique, c'est aborder un univers étranger, plus loin de nous que Lascaux, peut-être impossible à décrire. D'autant que ceux dont la famille peut payer sont dotés dès l'enfance d'un appareillage artificiel, sorte d'alter ego démultipliant leur cerveau, élément fondamental du roman, et qu'on regarde de très haut les derniers homo sapiens. Or ces êtres extraordinaires se comportent en gros comme des héros d'Alexandre Dumas. Et puis, on a longtemps l'impression que la galaxie ne connaît qu'humains, animaux et aliments très terriens. Cela fournit parfois des effets de distance, comme quand on découvre ce qu'est un livre dans cet univers, mais il ne semble pas en être de même avec des cyclopousses ou des rizières en terrasses... S'y ajoute la coexistence entre précisions sur notre histoire (de la croisade des Albigeois à l'échec d'une sonde martienne) et anachronismes explosifs soulignant avec humour nos propres approximations quant au passé — sans parler des analyses sur les rapports entre catholicisme et protestantisme des millénaires après la disparition du christianisme... On peut aussi se demander comment s'est transmis phonétiquement le nom d'un avion « Bédisset » quand ses dimensions ne sont connues que par « un moule de corail vieux de 744 siècles »... Les exemples seraient faciles à multiplier, mais ce sont des broutilles. Après tout, ce qui relève de la « sci-fi » peut faciliter la lecture, donc attirer des lecteurs... Et au total, le roman pourrait ainsi satisfaire à la fois le public d'une SF d'évasion et les amateurs plus exigeants, qui passeront sur les scories ou s'en amuseront pour le plaisir du coup de chapeau à Asimov, et au nom d'un propos un peu dilué mais ambitieux.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/12/2004
dans Galaxies 35
Mise en ligne le : 11/1/2009

 

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