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Album
Chaos
Série : Petit d'Homme    Album précédent tome 3 

Scénario : Didier CRISSE
Dessins : Guy MICHEL
Couleurs : Jean-Jacques CHAGNAUD, Rudyard KIPLING

Soleil , juillet 2003
 
Cartonné
Format 315 x 225
48  pages  Couleurs
ISBN 2-87764-904-0
 
Quatrième de couverture
     II y a eu une guerre. Une guerre totale. Le chaos ! Dans les villes, le despotisme règne en maître. Les cités deviennent états. Dans les campagnes, la nature reprend le dessus. Dans cette jungle, le monde se réorganise. Des clans se forment. Dans cet univers renaissant, des aventuriers solitaires croisent le chemin d'un enfant et de son chien.

 
Critiques
     La bonne nouvelle, c'est la parution du troisième et dernier tome de Petit d'homme, que l'on n'espérait plus cinq ans après le deuxième album.
     La mauvaise, c'est que ce dénouement est si médiocre qu'il aurait peut-être mieux valu que la série demeure inachevée...

     L'éveil proposait une relecture-transposition du Livre de la jungle dans un décor de futur post-apocalyptique, avec des personnages tous humains. L'adaptation était plus que convaincante et cet album mérite toujours le détour, pouvant même être lu indépendamment des suites.
     Secret s'attardait sur le passé des principaux personnages et confrontait Mowgli à une autre jungle, urbaine cette fois. On pouvait regretter l'éloignement de l'idée de base, mais le résultat demeurait agréable.

     Cette fois, le scénario n'a plus rien de convaincant. Crisse avait-il prévu de développer cette histoire et a-t-il dû se contraindre à la résumer en un ultime album ? Tout y semble expédié sans conviction : avec deux ou trois bombes, Mowgli renverse un régime qui possède une armée considérable, Baloo et Bagheera retrouve sans peine le Petit d'homme et arrive juste à temps pour éliminer Shere Khan, tout est bien qui finit bien...
     Mais que signifie cette « libération » alors que des hordes de pillards potentiels vont se déverser dans la ville, que les ressources de celle-ci vont s'épuiser en un clin d'œil, que de nouveaux clans vont à coup sûr se reformer pour s'entredéchirer... ? La difficulté n'était pas de détruire mais de reconstruire une société, or Mowgli s'en retourne cultiver son jardin en abandonnant ceux qui ont cru en lui. Crisse n'aborde pas la question, préférant rester sur une apparente happy end candide et insouciante.
     Même la densité que les divers personnages avaient acquise dans le deuxième tome se délite. Les retours en arrière sur la vie de Bagheera et de Shere Khan paraissent cette fois naïfs et fades : contre toute attente, Bagheera a toujours réussi à « garder sa dignité », tandis que les malheurs de Shere Khan ne suffisent certainement pas à excuser sa cruauté future.
     Quelle morale tirer de ce Chaos ? Que la destruction et le chaos valent mieux qu'une dictature ? Est-ce certain dans une période aussi instable ? Voilà un sujet intéressant et qui aurait mérité d'être vraiment traité, alors qu'ici les personnages ne s'interrogent pas une seconde sur les conséquences de leurs actes. « Faut tout péter » semble être leur seule idée, alors même que les enfants qui accompagnent Mowgli trouvent leur condition actuelle plutôt confortable en regard de ce qu'elle pourrait être dans un monde retourné à la barbarie.
     Quant au rapport avec Le Livre de la jungle, il est hélas de plus en plus lointain.

     En outre, le dessin de Marc N'Guessan fait cruellement défaut. Guy Michel lui succède sans chercher à l'imiter, avec un dessin très différent, trop différent. Au point qu'on ne reconnaît plus les personnages, non seulement physiquement mais mentalement. Par exemple, Bagheera n'a plus rien de la femme froide, triste et sauvage, ce qui faisait d'elle une vraie panthère : elle semble avoir rajeunie de quinze ans, et l'ado qu'elle est devenue (voir en couverture) n'a d'ailleurs pas la même tête au début et à la fin de l'album. De même, Mowgli ne garde plus la trace de sa fêlure intérieure, de sa solitude d'enfant-loup. Tous les protagonistes sont ainsi devenus « lisses » et sans caractère.
     Et même sans le comparer à celui de son prédécesseur, le dessin de Michel se montre souvent maladroit, avec des proportions ou des attitudes bizarres, des décors de plus en plus simplifiés à mesure que le récit progresse. Manifestement, le dessinateur ne se montre pas très à l'aise dans la reprise de cet univers, alors que son travail dans Aquilon se montre beaucoup plus abouti.

     Bref, ce dernier tome est une vraie déception, qui paraît avoir été bâclé pour juste conclure la série et que l'on peut oublier. Restons sur le souvenir de la réussite du premier album, qui se suffit à lui-même.

Pascal Patoz          
nooSFere          
28/07/2003          

     Le commandant Shere Khan a pris le contrôle de la ville, mais le jeune Mowgli fomente la révolte avec d'autres enfants, tandis que Baghera et ses amis le recherchent pour le ramener dans la jungle...
     L'idée de transposer le classique de Kipling dans un univers SF est séduisante, mais le résultat guère crédible — sans parler du speech final : « Ensemble, nous pouvons bâtir un monde meilleur »... Peut-être pas un monde, mais une BD sûrement.
     (Note : bof, yapatrèbon)


Philippe Heurtel          
Bifrost n°32          
01/10/2003          
Mise en ligne le 01/12/2005          


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