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Les Lions d'Al-Rassan

Guy Gavriel KAY

Titre original : The Lions of Al-Rassan, 1995
Fantasy  - Traduction de Elisabeth VONARBURG
Illustration de GESS
L'ATALANTE, coll. Bibliothèque de l'évasion n° (105), dépôt légal : janvier 1999
592 pages, catégorie / prix : 149, ISBN : 2-84172-095-0

Couverture

    Quatrième de couverture    
Ce fut juste après midi, peu avant le troisième appel à la prière, qu'Ammar ibn Khairan franchit la poterne des Cloches et pénétra dans le palais de l'Al-Fontina, à Silvènes, pour s'en aller assassiner le dernier khalife d'Al-Rassan.

     L'empire d'Al-Rassan a fait de ses conquérants asharites, venus des sables du désert, un peuple d'artistes et de savants; l'assassinat du dernier khalife a entraîné son éclatement en cités-états rivales. Seul peut-être le roi Almalik de Cartada saura lui rendre sa puissance et son unité, avec le soutien du légendaire Ammar ibn Khairan, poète, diplomate et soldat.
     Car une autre menace pèse sur l'Al-Rassan, celle des royaumes jaddites du Nord, divisés, certes, mais avide de reconquérir le pays dont ils s'estiment dépossédés. Rodrigo Belmonte est le plus prestigieux de leurs chefs de guerre.
     C'est dans l'exquise cité de Ragosa que se rencontreront Ammar et Rodrigo, pour un temps exilés au service du même monarque. Entre eux, la figure exceptionnelle de Jehane bet Ishak, fille du peuple kindath et brillant médecin.

     Guy Gavriel Kay crée des mondes imaginaires librement inspirés de l'histoire médiévale. Les Lions d'Al-Rassan trouve son origine dans l'Espagne du Cid et des débuts de la Reconquête, après la chute du califat de Cordoue. Fantasy épique, roman d'aventures humaines et politiques à l'échelle d'un monde, ce livre porte l'oeuvre romanesque de l'auteur au plus haut de sa quête ambitieuse.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantasy (liste parue en 2002)
 
    Critiques    
     Dans ce gros et beau roman, à l'histoire riche et solide, G. G. Kay met en scène un flot d'aventures « historiques » sans temps morts et, comme à son habitude, des personnages forts et complexes. Il y peint en particulier un portrait de femme médecin tout-à-fait remarquable.
     Si l'on se laisse entraîner sans difficulté par le souffle de cette vaste épopée, que le talent de conteur et la puissance d'évocation de Kay rendent passionnante, on remarque l'absence quasi-totale des éléments habituels de la fantasy, à savoir magie et créatures fantastiques.
     Et c'est peut-être là l'aspect le plus inhabituel, le plus surprenant et le plus intéressant de cette oeuvre... En effet, en situant l'action dans un monde imaginaire, très inspiré cependant par l'Espagne médiévale à l'époque de la reconquête, l'auteur oblige le lecteur à s'interroger : pourquoi ne pas avoir écrit un véritable roman historique et pourquoi choisir la fantasy sans utiliser la liberté d'introduire des éléments fantastiques ?
     Les réponses ne sont pas évidentes, mais il est rapidement évident que le roman permet de réfléchir sur l'Histoire tout autant qu'un livre soi-disant ancré dans la réalité, ce qui amène à relativiser l'importance que l'on accorde à l'exactitude de certains faits historiques, car l'imagination permet d'apporter des éléments qui peuvent être plus riches de sens.
     Kay s'explique d'ailleurs lui-même dans un entretien accordé en 1998 à la revue Parallèles (n°8) : Je crois que la fantasy offre de magnifiques « outils » pour réécrire de l'Histoire. La fantasy rend un récit « universel » en l'arrachant de sa gangue spatio-temporel, ce qui permet au lecteur de replacer les éléments dans un cadre plus vaste.
     Cette démarche originale et la qualité de l'oeuvre qui en résulte suffit à classer Kay comme un auteur à part, et Les lions d'Al-Rassan est un exemple parfait de la réussite de son projet : le récit y atteint l'universalité souhaitée par l'auteur.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/2/1999
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     L'Espéragne est un pays déchiré. Au nord, ce sont les royaumes jaddites de Ruènde, du Vallédo et de Jalogne qui forment l'Ancienne Espéragne, trois parcelles que se disputent les ayant-droits de Sancho le Gros. Au sud c'est l'Al-Rassan des asharites. un empire désormais éclaté en cités-états plus ou moins rivales. Et puis il y a les kindaths, peuple sans nation, déraciné, dont tout le monde, jaddites comme asharites, se méfie.
     C'est le temps des troubles. L'Ancienne Espéragne tend à se réunifier au nom de Jad, le dieu-soleil, sous l'impulsion de Ramiro roi de Vallédo qui, poussé par les prêtres, entend bien conquérir l'Al-Rassan et ainsi régner sur la Grande Espéragne. Mais dans la puissante cité-état de Caltada, Almalik, « le Lion », rêve pour sa part de redonner sa grandeur perdue à l'Al-Rassan. Il y a enfin les rumeurs de croisade, de guerre sainte qui enflent dans les royaumes de l'est, dans la puissante Ferrière aux mains des serviteurs de Jad. Dans ce climat d'orage où chacun sent approcher des bouleversements fondamentaux et définitifs, le destin va réunir personnages que tout oppose. Ammar ibn Khairan d'Aljais, principal conseiller du roi Almalik de Canada, poète fameux, érudit et guerrier ; Jehane bet Ishak, kindath fille de médecin et extraordinaire médecin elle-même ; Rodrigo Belmonte enfin, ancien connétable du Vallédo et guerrier dont les prouesses transcendent les frontières. Entre les raisons du cœur et celles de l'État, ils devront tôt ou tard choisir...
     Au fil de ses romans, le canadien Gavriel Kay s'éloigne de plus en des schémas d'une fantasy traditionelle. De sorte que, après avoir débuté avec La Tapisserie de Fionanar (J'ai Lu), qui mettait en scène une fantasy qu'on qualifiera de tolkienienne, on remarque dans ses romans plus récents une démarche qui tend à se systématiser : le décalage historique. Comme si, en définitive, les centres d'intérêt de l'auteur passaient doucement de la mythologie à l'histoire Ainsi donc, après s'être attaqué à l'Italie de la Renaissance (l'époustouflant Tigane, L'Atalante — 1998) puis à la Provence médiévale (La Chanson d'Arbonne, L'Atalante — 1997), c'est désormais dans l'univers de l'Espagne moyenâgeuse, déchirée entre Maures et chrétiens, à l'époque de la première croisade, que Kay nous propulse. Et avec quel brio ! Ici, point de magie (ou si peu, ça et là quelques pouvoirs de prescience, ou bien encore une médecine pour l'époque remarquablement efficace, mais rien de plus), point de créatures fantastiques. Ni non plus de manichéisme basique, d'ailleurs. Mais de véritables personnages, ça oui, des enjeux politiques énormes, des nations déchirées, des scènes de batailles à couper le souffle. On vibre, on s'enthousiasme, on pleure (vraiment  !), et c'est là qu'incontestablement réside la véritable magie. En près de cent pages, Guy Gavriel Kay se paye le luxe de réécrire la légende du Cid  : et ça fonctionne ! Force est de saluer l'exploit et d'applaudir des deux mains. Les Lions d'Al-Rassan est un livre magnifique  : que dire de plus si ce n'est achetez-le  ! ?

ORG
Première parution : 1/4/1999
dans Bifrost 13
Mise en ligne le : 1/8/2001


 
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