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L'Ange du Chaos

Michel ROBERT

Cycle : L'Agent des ombres vol.


Illustration de Julien DELVAL
MNÉMOS, coll. Icares n° (57)
Dépôt légal : août 2004
348 pages, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 2-915159-26-2
Genre : Fantasy 


Couverture

    Quatrième de couverture    
     Jeune aspirant au service de l'Empire de Lumière, Cellendhyll de Corvatar a été trahi par ses amis et accusé de meurtre. Laissé pour mort dans un cachot, il n'a dû sa survie qu'à l'intervention des puissances du Chaos. Dix ans ont passé. Le jeune homme idéaliste est devenu un mercenaire impitoyable. Il n'attend qu'une chose : se venger de ceux qui l'ont trahi. Le seigneur Morion du Chaos lui confie alors une délicate mission : infiltrer l'Empire de Lumière et faire échouer son grand projet de conquête. Le moment est venu pour Cellendhyll d'assouvir sa vengeance.

     « Le temps de l'attente est achevé. L'heure des épées a sonné... »

     Ancien sportif de haut niveau, Michel Robert est né en 1964. Après avoir collaboré à l'écriture de la MALERUNE avec Pierre Grimbert, il nous offre avec L'Ange du Chaos un roman plus sombre teinté de violence et d'érotisme, qui n'est pas sans rappeler la saga d'Elric le Nécromancien de Michael Moorcock.

 
    Critiques    
     Ce livre s'ouvre sur un magnifique prologue où, de sa plume odorante et colorée, Michel Robert nous dessine un monde tripartite. Trois Plans s'y opposent en effet : le Chaos, la Ténèbre et la Lumière. Le héros, Cellendhyll de Corvatar, se voit confier par le Chaos une mystérieuse mission. Le commanditaire est la Ténèbre et le but se situe dans la Cité des Nuages, sur le Plan de la Lumière. Or, dans un passé dévoilé peu à peu, Cellendhyll a été un Ange de la Lumière...
     Pour accomplir sa mission, il doit parcourir le monde et affronter un certain nombre de dangers. Ce périple nous donne l'occasion de retrouver les grands éléments classiques qui ont fait le succès de la Fantasy. D'abord des monstres comme le squazz (démon-félidé) accompagnera Cellendhyll quelque temps. Puis Nérine la rhitan dotée d'un don de prémonition, se joint au groupe. Il y a aussi une poursuite dans la forêt d'Yspal où les Ikshites (mage et guerriers) se révéleront particulièrement dangereux. Enfin, après la bataille, on retrouve l'inévitable lieu de repos, le Bosquet Sylvain où chacun pourra panser ses blessures. N'oublions pas l'indispensable traversée de donjon avec nain, voleur, armes magiques, etc... Bref, la panoplie du genre est complète.

     Les chapitres sont courts, favorisant une évolution rapide des événements. Si un élément de suspense apparaît au cours d'un chapitre, nul doute qu'il sera dénoué une quinzaine de pages plus loin. L'intrigue principale, bien entendu, n'évolue de façon significative que vers la fin du roman. Les descriptions des personnages sont convaincantes mais placées de façon un peu systématique... Pour finir, l'érotisme évoqué en quatrième de couverture est plus explicite que sophistiqué et peut même sembler malsain lorsque dès les premiers chapitres, une créature maléfique se masturbe en assistant au massacre d'un camp de rhitans. De même, les ébats sado-maso d'Estrée du Chaos avec Leprin de la Ténèbre arrivent un peu vite et gratuitement.
     La bonne surprise vient de l'intrigue principale qui convainc sur la fin pour plus d'une raison. D'abord parce que la voie choisie par le héros n'est pas celle qu'on attend. Ensuite parce que la situation s'avère assez complexe et travaillée. Les créatures des Ténèbres ne sont pas forcément mauvaises et les créatures de la Lumière ne sont pas systématiquement bonnes. Quelle place le Chaos assume-t-il dans tout cela ? Tout ce beau monde s'espionne et les trahisons vont bon train ! Les Puissants de chacun des Plans s'impliquent peu à peu et il est une curieuse prophétie... Le roman acquiert donc, dans sa dernière partie, une épaisseur inattendue, ce qui contraste fortement avec un début très convenu même si bien maîtrisé.

     Pour son premier roman écrit en solo, Michel Robert présente donc une histoire qui nous séduit surtout dans son dernier quart. Le reste paraîtra trop « déjà-vu » aux amateurs de Fantasy mais pourra intéresser les novices. Une fois le livre refermé sur de nombreuses révélations et questions, il est permis d'espérer une suite de la meilleure veine, chose dont l'auteur semble être tout à fait capable.

Antoine ESCUDIER (lui écrire)
Première parution : 2/11/2004 nooSFere


     « Jeune aspirant au service de l'Empire de lumière, Cellendhyll de Cortavar a été trahi par ses amis et accusé de meurtre. Laissé pour mort dans un cachot, il n'a dû sa survie qu'à l'intervention des puissances du chaos. Dix ans ont passé. Le jeune homme idéaliste est devenu un mercenaire impitoyable. Il n'attend qu'une chose : se venger de ceux qui l'ont trahi. »

     Si je reproduis ci avant le début du quatrième de couverture de L'Ange du chaos, la première aventure de Cellendhyll, c'est tout simplement parce que ces quelques lignes en résument assez bien l'intrigue et aussi parce qu'une paresse certaine accompagne mon accablement de lecteur survivant. Je n'ai presque rien à dire de positif sur cette série B étiquetable « 0% talent, 0% originalité ». « Elric » a été mal pompé, bonjour la débandade : le style est au mieux efficace, la plupart du temps dégueulasse et parfois même inepte ; certaines scènes sont tellement ridicules qu'il y a de quoi balancer l'ouvrage dans sa cheminée en redoutant toutefois qu'il explose. Je pense en particulier à ce que j'appellerai « la scène du feu » pp. 93-94 : imaginez, vous êtes poursuivi par des gens qui veulent vous tuer, vous tombez dans une rivière en furie (vous êtes donc mouillé de la tête aux pieds, d'accord ?), vous sortez de la rivière, transi de froid, et, alors que vous êtes toujours poursuivi et détrempé, vous allumez un feu (comment ? avec des silex, du bois, un zippo, le joint de David Calvo qui passait par là ?) sous un dôme de verdure. Un feu qui prend malgré la pluie, crépite, et ne fume pas, malgré l'humidité ambiante ? Un feu... magique, moi je vous le dis ; je connais des scouts qui vont être jaloux. Et ce n'est qu'une scène jouissive parmi tant d'autres.

     On regrettera aussi qu'à son troisième roman publié, Michel Robert ne sache toujours pas ce qu'est un point de vue (ah, le charme délétère des flash-back en style bancal omniscient !), sans oublier de pleurer sur la grammaire aléatoire, la présence de coquilles, nombreuses, de scènes de cul, à peine moins nombreuses et surtout sexy comme l'apparition subite d'un chorizo extra-fort derrière la vitrine du rayon charcuterie de votre Auchan préféré. Sans oublier un soupçon de sadomasochisme à la Froideval et une fort goûteuse branlette attisée par le spectacle de bohémiennes et de leurs enfants massacrés par des démons. Cette purée indigeste, à accompagner d'un vin de table qui pique les yeux, m'a rappelé la nullité abyssale des premiers romans de Jacques Sadoul, où, entre autres conneries, Chtulhu fouettait des femmes soumises, minou aux quatre vents ; putain ce qu'il était (et reste) fort, ce Sadoul romancier, ce John Norman du pauvre ; une carrière exemplaire, mais il faut qu'il se méfie de la concurrence... elle commence à être rude.

     Quant au second volume des aventures de Cellendhyll, Cœur de Loki, je l'ai certes ouvert, mais, totalement rebuté par sa taille et le style de ses premières pages, je me suis contenté d'en noter la pagination afin de pouvoir mettre un point final à cette recension... car, croyez-moi ou non, les bons livres ne manquent pas en ces temps de surproduction.

     Histoire de soulager la peine compréhensible de l'éditrice (mais qui sait, ce truc poubellomoorcockien se vend peut-être comme des petits pains ?), on notera la beauté sombre des deux couvertures de Julien Delval, des illustrations d'une rare efficacité, superbes dans leur genre...

CID VICIOUS
Première parution : 1/5/2006 dans Bifrost 42
Mise en ligne le : 4/8/2007


 

 
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