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Dans les larmes de Gaïa

Nathalie LE GENDRE

Science Fiction  - Illustration de MANCHU
MANGO Jeunesse, coll. Autres Mondes n° 22, dépôt légal : octobre 2003
192 pages, catégorie / prix : 9 €, ISBN : 2-7404-1670-9
Couverture

    Quatrième de couverture    
     A la suite de la Guerre Ultime, la Terre est recouverte par un gigantesque océan. Dans une immense bulle flottant au gré des courants, vivent quelques milliers d'habitants, seuls rescapés de ce chaos. Parmi eux, deux adolescents que tout oppose. Elle, Natanae, fille de pêcheur, farouche et éprise de liberté. Le décès brutal de son père fait basculer sa vie et l'oblige à habiter chez sa mère où elle se retrouve confrontée à l'ignoble violence de son beau-père. Lui, Morphée, fils du plus haut dirigeant, passionné d'arts. Dans sa cage dorée, il souffre de solitude et de l'indifférence de ses parents. Il déteste ce monde que son père a créé.
     L'abordage d'un continent sauvage va les faire se rencontrer.
     Vont-ils parvenir à fuir l'Archebulle, devenue une prison ?

 
    Critiques    
     Le roman de Nathalie Le Gendre est construit comme un drame en trois actes. L'action y est resserrée et se déroule sur sept jours seulement, sept jours et sept nuits, le temps nécessaire pour créer un monde !
     Les deux adolescents, héros du drame, vivent dans un monde artificiel, une Archebulle conçue pour abriter les cinq mille rescapés d'une guerre destructrice. C'est un monde miniature, artificiel et aseptisé, un microcosme social dirigé par les Novi Electi vivant dans le luxe et l'opulence, régnant sur les travailleurs : pêcheurs, agriculteurs et technos.
     Natanae est belle et intelligente. Elle étouffe dans ce monde clos, ne supporte pas sa nouvelle vie dans le quartier des pêcheurs, avec sa mère qui ne peut pas l'aimer car trop malheureuse elle-même, et surtout son odieux beau-père, violent, cruel, alcoolique, qui guette la jeune fille pour la violer dès qu'il le pourra. Seule la petite Thynie, sa demi-sœur, l'émeut et la fait encore supporter un quotidien inacceptable.
     Morphée, lui, appartient à la classe dirigeante. Son père a fondé l'Archebulle. Malgré une vie matérielle facile et luxueuse, Morphée n'est guère heureux. C'est un garçon solitaire, délaissé par ses parents trop occupés par ailleurs. Il n'aime que les arts, la littérature, la poésie et les pièces d'un certain Shakespeare, surtout « Roméo et Juliette ». Ce sont autant de savoirs cachés et interdits au commun des mortels de l'Archebulle où seules comptent les sciences et la technologie. En fouillant dans les archives de son père, Morphée comprend que les dirigeants trompent le peuple pour asseoir leur pouvoir, qu'ils le manipulent et qu'ils l'asservissent.
     Natanae et Morphée, qui évoluent dans des milieux différents et opposés, se trouvent comme les héros de Shakespeare, s'aiment et conçoivent le projet fou de quitter l'Arche pour vivre à l'air libre...

     Cet ouvrage de Nathalie Le Gendre est son premier roman publié et il est déjà très maîtrisé. Il se lit avec infiniment de plaisir et d'intérêt. Il aborde de nombreux sujets. Il est à la fois un roman d'amour, un roman d'apprentissage et une critique sociale très forte et très nette — la manière dont fonctionne l'Archebulle et dont s'y inscrivent les relations sociales ; la place de la famille et des femmes ; le contrôle des naissances et ses déviances... Il aborde en outre le problème des violences faites aux femmes et celui des abus sexuels. Les références sont nombreuses — à la Bible, à la mythologie, à la littérature — et enrichissent le propos. On aime surtout le personnage de Natanae, jeune fille passionnée, entière et entreprenante qui n'a aucune intention de faire de sa vie un naufrage et d'être une victime. Elle décide de prendre son destin en main, même si cela passe par des moments difficiles. Grâce à tout cela, Natanae est un personnage extrêmement attachant, positif, qui peut aider des lectrices à y voir plus clair et à faire de bons choix.
     La fin du roman est très ouverte et pourrait laisser présager d'une suite. On aimerait savoir ce que vont devenir les deux personnages. Mais Nathalie Le Gendre n'a pas l'intention de nous le dire. A nous, lecteurs, de faire fonctionner notre imagination...


Catherine GENTILE (lui écrire)
Première parution : 4/12/2003
nooSFere


     Les larmes de Gaïa, c'est le nouveau Déluge qui a noyé la Terre, Apocalypse écologique provoquée par la Guerre Ultime de 2030. Vingt ans plus tard, quelques milliers d'humains survivent dans l'Archebulle, une île flottante entourée d'un champ de force. Trois castes de travailleurs y sont dirigés par les « Novi Electi » et rigoureusement surveillés par les forces de sécurité. Les distractions sont rares, car les arts et la fiction sont interdits au même titre que l'alcool.
     Natanae, du quartiers des pêcheurs, est une adolescente rebelle et solitaire, confrontée à la brutalité d'un ignoble beau-père. A l'opposé, Morphée est un privilégié, le fils du principal dirigeant de l'Archebulle. Mais tous deux ont des points communs : mal aimés par leurs parents, leur tempérament d'artistes s'accommode mal des contraintes imposées par cette société étouffante. Aussi, lorsque l'Archebulle va longer les côtes d'un continent tout neuf, les deux adolescents vont rêver d'une liberté que la contamination de l'atmosphère leur interdit pourtant...
     Pour son premier roman, Nathalie Le Gendre a su dépoussiérer certains des décors les plus classiques de la science-fiction : monde post-cataclysmique, vaisseau-arche, utopie artificielle et trompeuse... Ils constituent un cadre où l'auteur situe une subtile variation sur Roméo et Juliette mais aussi de nombreux thèmes secondaires qui font toute la richesse de ce joli récit. Par exemple, c'est avec beaucoup de sensibilité, mais sans sensiblerie, que Nathalie Le Gendre traite de la violence conjugale et familiale. C'est aussi sans pesanteur qu'elle dénonce l'inégalité et l'injustice sociale, ainsi que ces sociétés trop rigides qui croient pouvoir imposer un bonheur factice. C'est enfin avec élégance qu'elle démontre que la liberté, le rêve et les arts sont également indispensables à la vie.
     Construite comme un drame en trois actes, l'action se déroule sur une semaine dont les jours sont décomptés au fil des chapitres. Cette présentation répond au dynamisme d'un récit aussi palpitant qu'émouvant, de lecture aussi aisée qu'agréable. Dans les larmes de Gaïa révèle un nouvel auteur dont on attend déjà impatiemment le deuxième roman, annoncé pour mars 2004 dans la même collection.

Laureline PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/3/2004
Citrouille 37
Mise en ligne le : 5/4/2004


     Dans les larmes de Gaïa est un livre étonnant. Bien qu'il s'agisse du premier roman — parfaitement maîtrisé — d'un jeune écrivain très prometteur, la construction du texte, son écriture, ses thématiques sont d'une rare maturité. Dans un avenir pas très éloigné, la Guerre Ultime a finalement eu lieu. Anticipant l'apocalypse, Loewy, un génie scientifique, conçoit l'Archebulle, une Arche de Noé à l'usage des hommes. Dernière chance pour l'humanité, cette gigantesque sphère, mi-navire, mi-port de pêche, accueille quelques milliers de survivants. Quant à la Terre, ressentant la conflagration finale jusque dans ses entrailles, elle engendre un nouveau continent vierge, dernière perche tendue à la vie. Et l'Archebulle arrive au large de ce nouveau continent. Mais sa colonisation est-elle souhaitable ? Et peut-on seulement quitter l'Archebulle, l'ultime cocon protecteur ?

     Alors qu'une robinsonnade pointe à l'horizon, le texte prend un virage à 180 degrés. L'action se concentre sur l'humanité vagabonde, une humanité incapable de se défaire de ses vieux démons. Nathalie Le Gendre brosse un tableau en demi-teinte, mais riche d'espoir, de l'avenir de l'espèce humaine à travers la rencontre de deux adolescents : Natanae, qui tente de se soustraire à la convoitise de son beau-père lorsqu'il a fini de battre sa mère et Morphée, le fils de Loewy, concepteur et maître de la cité, qui a voué son existence à son grand projet. L'approche du nouveau continent ouvre leurs yeux sur les compromissions de leurs aînés. Car si le beau-père de Natanae manifeste tous les défauts, le père de Morphée ne vaut pas plus cher, car tout pouvoir repose sur le mensonge et la manipulation. Sans jamais sombrer dans le sordide, ce roman convie tous les jeunes lecteurs à une leçon de courage et d'optimisme, agrémentée d'une réflexion sur l'art, le grand principe subversif... Demain appartient à nos enfants.

Stéphane MANFREDO
Première parution : 1/12/2003
dans Galaxies 31
Mise en ligne le : 7/12/2008


     L'Archebulle. Une structure ultramoderne dérivant sur les mers ayant recouvert la Terre suite à la Guerre Ultime, protégeant le peuple survivant des retombées toxiques. Mais pas Natanae de la mort de son père. L'adolescente se retrouve sous la houlette d'une mère alcoolique et d'un beau-père violent. Un avenir bien sombre que la rencontre de Morphée, le fils d'un dirigeant, va bouleverser. Surtout depuis qu'un continent inconnu est à portée de vue...

     A l'aide d'une romance adolescente qui aimerait s'inspirer de Roméo et Juliette mais qui reste trop peu fougueuse pour y prétendre, ce roman traite surtout de libertés. Une liberté à grande échelle à récupérer des mains d'une poignée de dirigeants, habilement auto-nommés les Novi Electi, qui conservent leur peuple dans l'ignorance afin de ne pas perdre leurs privilèges. Mais surtout une liberté individuelle à arracher à un beau-père répugnant. C'est d'ailleurs plus ce côté intimiste qui reste en tête avec un traitement littéraire éprouvant. Combien de fois se prend-on à vouloir sortir Natanae de ce piège si réel ? Difficile de rester insensible à cet hymne à l'espoir écrit avec justesse. Un cri d'aspiration à l'indépendance et surtout un roman initiatique pudique.

     On regrettera un peu quelques passages répétitifs, et surtout un manque de rebondissements dans la partie finale qui coule un peu trop bien. Mais ce premier roman est prometteur pour Nathalie Le Gendre qu'il faudra suivre avec attention.


Michaël ESPINOSA
Première parution : 1/1/2004
Ozymandias 1
Mise en ligne le : 12/2/2009


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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