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L'Esprit du vin et autres récits

Michel PAGEL


Cycle : La Comédie inhumaine  vol.


Illustration de Arnaud CREMET

J'AI LU, coll. Fantastique (2000 - 2007) n° 7737
Dépôt légal : mai 2005

256 pages, catégorie / prix : J
ISBN : 2-290-34575-X   
Genre : Fantastique 



    Quatrième de couverture    
     Partout, des coteaux couverts de vignes. Ici, la récolte au raisin et la consommation de son précieux nectar cimentent les liens entre tous. Mais si chacun se connaît, les dissensions n'en existent pas moins, ainsi celle opposant, de longue date les Detersac, notables du hameau, puissants propriétaires terriens adeptes d'une viticulture modernisée, â la Famille Gilbert, les « bios ». Cerise Gilbert, dix-sept ans, entretient une relation privilégiée avec sa grand-mére Anna, qui, depuis sa plus tendre enfance, l'initie au culte d'une entité mystérieuse hantant le vignoble. Lorsque les brimades et malversations des Detersac deviennent insupportables, la jeune fille déchaîne le courroux de l'esprit du vin...

     Né en 1961, ce conteur hors pair aime à mélanger les genres pour façonner son propre univers. Il considère le cycle de La comédie inhumaine comme la pierre angulaire de son oeuvre, où il convoque les grands mythes du fantastique pour les revisiter et tisser ainsi la trame d'une grande saga moderne de l'effroi. Voici le cinquième tome de l'édition intégrale de cette fresque aux couleurs de la chair et du sang.

    Sommaire    
1 - Le Syndrome de Bahrengenstein, pages 207 à 235
2 - Mille Pattes, pages 237 à 255

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Patrick Marcel : Atlas des brumes et des ombres (liste parue en 2002)  pour la série : La Comédie inhumaine
 
    Critiques    
     Dans les coteaux du Tarn, où pousse la vigne, la famille Gilbert doit lutter pour produire sans polluer son vin « bio ». Les Detersac, notables du village, n'ont de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues dans l'espoir de les chasser afin de récupérer leurs terres, pour être les plus forts... Mais Cerise Gilbert et sa grand-mère Anna connaissent l'antique magie qui appelle la protection de l'Esprit du Vin contre grêles et maladies. Sera-t-il efficace contre les entreprises malveillantes des Detersac ?

     Michel Pagel, dans ce court roman, parle de ce qu'il connaît bien. On sent à chaque ligne l'odeur de la terre et du raisin — à vrai dire, l'histoire et la façon de la raconter font parfois penser à Claude Michelet, l'une des plumes les plus émouvantes de l'Ecole de Brive. Mais le fantastique est présent, même s'il se fait nettement plus discret que dans les précédents volumes de La Comédie Inhumaine, plus intimiste. Point d'Eve, ni d'Emmanuel, L'Esprit du Vin n'est pas la suite de L'Œuvre du Diable, on n'y retrouve pas ce mélange d'humour et de tragédie, cette truculence, qui font de La Comédie Inhumaine un cycle particulièrement original.

     Il ne faudrait toutefois surtout pas passer à côté de L'Esprit du Vin, sous prétexte qu'il n'est pas ceci ni cela. Car sous ses dehors discrets, c'est un vrai petit chef-d'œuvre. Et puis, les aficionados de Julien Nomade, de Diane et d'Eve auront le plaisir de les retrouver dans Mille Pattes, nouvelle drôle et savoureuse, ainsi que dans Le Syndrome de Bahrengenstein, brève et tragique histoire. En effet, ces deux excellentes nouvelles sont rééditées ici, pour le plus grand bonheur des lecteurs qui les auraient manquées lors de leur parution en anthologie. La réunion de ces trois textes — les deux nouvelles et le roman — donne une idée de l'étendue de la palette des tonalités qui composent La Comédie Inhumaine. Michel Pagel a encore bien d'autres couleurs à ses pinceaux et ses lecteurs attendront impatiemment la sortie de son prochain livre.


Lucie CHENU
Première parution : 21/10/2005 nooSFere


     Et Cerise déchaîna les dieux de la vigne
     Michel Pagel est un de ces écrivains avec qui on entre dans une absolue complicité. On sait qu'il parlera de nous, de nos désirs secrets, de nos lâchetés, de nos aspirations, de nos abandons. Et on sait qu'il ira au-delà de ces palpitations d'humanité, qu'il se plaira à susciter la colère, la méchanceté, à déchaîner les forces du surnaturel, à déclencher les cataclysmes, à mettre en scène le grand théâtre de la cruauté. Sans se complaire ni dans le mélo ni dans le Grand-Guignol ridicule.
     Toutes ces histoires fantastiques, Pagel les réunit sous le titre génétrique « La comédie inhumaine ». Et ce n'est pas présomptueux. Parce que ses personnages sont toujours à la limite : vont-ils ou non dépasser les frontières de l'humain ?
     Dans L'esprit du vin, qui se passe dans un village de vignobles du sud de la France, avec des personnages sympas et d'autres qui le sont nettement moins, Cerise, une jeune fille aussi fraîche que son prénom, court précisément sur cette mince ligne de démarcation. Ulcérée par la mort de sa grand-mère qui l'a initiée à la sorcellerie, causée par le despotisme du grand propriétaire de vignes du coin, elle appelle l'Esprit du Vin (notez les majuscules) à la rescousse et déchaîne les puissances dans un grand ouragan de folie, de sang et de mort.
     Ça secoue. Mais ça n'apaise pas ensuite. La vie de Cerise est foutue, celle des autres aussi. Chez Pagel, l'inhumain reste le maître.


Jean-Claude VANTROYEN
Première parution : 12/8/2005 Le Soir
Mise en ligne le : 13/11/2005


     Une guerre larvée oppose les Detersac, vignerons progressistes et notables du hameau, aux Gilbert, qui tiennent à préserver une viticulture bio. Les premiers accusent les seconds de répandre les maladies de la vigne qu'ils sont prêts à arracher. Cerise, que sa grand-mère Anna, guérisseuse et sorcière, initie au culte d'un Esprit du vin protégeant le vignoble, aime le fils du clan opposé. Leur amour saura-t-il surmonter les rivalités, malgré le caractère timoré du fils et la violence du père ? Alors que les fils du drame se nouent, Cerise réalise qu'elle est bien plus apte que sa grand-mère à recevoir en elle l'Esprit du vin. Un écrivain, récemment abandonné par sa femme, est le témoin privilégié de cette tragédie.

     Une fois de plus, Michel Pagel prouve ses formidables capacités de conteur. La justesse du ton, la véracité des personnages ne peuvent que nous toucher et nous parler. Deux nouvelles complètent le récit, perverses variations sur le thème du pacte avec le diable : si le ton semble plus badin dans « Mille Pattes », et suscite l'effroi dans « Le Syndrome de Bahrengenstein », il ne se départit jamais de cette finesse psychologique qui est la marque de fabrique de cette « Comédie inhumaine » dans son ensemble remarquable.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/10/2005 dans Bifrost 40
Mise en ligne le : 12/11/2006


 

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