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Abarat

Clive BARKER

Titre original : Abarat, 2002
Fantasy  - Cycle : Abarat vol.

Traduction de Hélène COLLON
Illustration de Clive BARKER
ALBIN MICHEL Jeunesse, coll. Wiz n° (2), dépôt légal : novembre 2002
476 pages, catégorie / prix : 24,50 €, ISBN : 2-226-12974-X

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Candy Quackenbush s'ennuie à Chickentown, petite ville triste de l'Amérique profonde. Jusqu'au jour où elle pénètre par hasard dans le royaume magique d'Abarat, un archipel composé de vingt-cinq îles mystérieuses aux étranges habitants. Au fil de ses rencontres merveilleuses, émouvantes ou terribles, Candy va découvrir pourquoi cet univers lui semble curieusement familier et pourquoi elle se sent prête à y affronter tous les dangers...

     « Voilà des années que je rêvais d'inventer un monde aux horizons illimités. Un monde peuplé de créatures fantastiques et de monstres terrifiants, habité par la magie, le mystère et l'aventure... Abarat est l'incarnation de ce rêve. »
Clive Barker

     Maître incontesté du fantastique, Clive Barker signe avec Abarat une œuvre majeure dans la lignée du Magicien d'Oz. Cette première aventure de Candy au royaume d'Abarat est aussi un beau livre exceptionnel, contenant plus de cent illustrations en couleurs réalisées par Clive Barker lui-même.

 
    Critiques    
     « À mi-chemin entre Le Magicien d'Oz et La Guerre des étoiles, Abarat revisite très astucieusement les grands mythes du « fonds » américain de la fantasy, aussi bien littéraire que cinématographique. » Voilà comment on essaie d'intéresser les journalistes et autres critiques spécialisés au nouveau roman de Clive Barker... Il faudra m'expliquer ce que vient faire La Guerre des étoiles dans tout ça et de quoi est constitué ce fameux « fonds américain de la fantasy etc... », surtout cinématographique ! Cette vente au rabais provient peut-être du fait que la future tétralogie de Barker a été conçue avec le soutien de Disney, qui compte réaliser une adaptation cinéma, une série télévisée, un jeu vidéo et un espace interactif à Disneyworld... Si Abarat n'était pas signé par Clive Barker, cela sentirait l'alimentaire de basse zone et l'espérance d'un jackpot à base de produits dérivés, bref un projet où le terme littérature n'aurait pas droit de cité. Mais un roman jeunesse de Clive Barker, c'est un peu comme un roman jeunesse de Serge Brussolo : impossible d'édulcorer ce qui fait le talent original et reconnaissable d'un auteur pour adultes, un écrivain inclassable.
     Candy Quackenbush, une jeune fille de seize ans, n'est pas vraiment heureuse à Chickentown, Minnesota. Entre un père alcoolique et violent, une mère soumise, un professeur et des élèves bêtes et cruels, elle n'espère plus rien de l'existence. Jusqu'au jour où d'étranges événements la conduisent à fuguer et à rencontrer deux monstres surréalistes en plein milieu d'un champ voisin. Prenant la défense de John Canaille, un incroyable personnage à huit têtes, contre le terrifiant Mendelson Morphe, elle ouvre la porte donnant sur un monde parallèle : l'Abarat. Ne laissant pas grand-chose derrière elle, elle décide de plonger avec Canaille dans la Mer d'Izabella qui mène aux vingt-cinq îles de l'Abarat. Chaque île correspond à une heure du jour ou de la nuit, cache une population comprenant de multiples races humaines ou non, jouit d'un fonctionnement aussi fou que cohérent, et recèle des trésors de beauté et d'horreur. Deux épouvantables personnages se disputent le contrôle total de l'archipel, Christopher Gangrène, le Seigneur de Minuit qui ne vit que pour instaurer une nuit éternelle cauchemardesque, et Rojo Pixler, le maître de Commexoville, un dictateur mégalomane et paranoïaque qui rêve de submerger l'Abarat et notre monde de ses produits. Candy, tout en découvrant les merveilles et les horreurs des premières îles, se retrouve pourchassée par les hordes des deux méchants, car elle possède un secret qui attire toutes les convoitises...
     Ce premier volume d'Abarat est la mise en place somptueuse d'un univers foisonnant et fascinant, de personnages incroyables et attachants, d'une quête intrigante quoique encore floue... Si Candy paraît un peu fade à côté des époustouflantes créatures de Barker, le lecteur n'en est pas moins immédiatement conquis par l'univers et l'intrigue de ce roman. Toujours aussi imaginatif et maître de son art, Clive Barker réussit un véritable tour de force en donnant à la jeunesse un univers « magiquement incorrect », des créatures aussi réussies que celles de ses précédents romans, Cabal ou encore Le Royaume des Devins. Soulignons aussi le soin qu'Albin Michel a apporté à ce magnifique ouvrage et à la reprise de plus de cent vingt peintures originales signées Barker. Un régal et un feu d'artifice pour les yeux et l'esprit, une œuvre complète et détonante, si personnelle et attirante que l'on se prend à attendre avec impatience le deuxième volume... Signalons, pour ceux qui voudraient découvrir tout de suite bien d'autres aspects de l'Abarat, le site internet de l'auteur où une visite tout aussi réussie (en textes et en images) de cet univers est proposée : www.clivebarker.com.

Daniel CONRAD
Première parution : 1/2/2003
dans Asphodale 2
Mise en ligne le : 1/10/2004


     Bien qu'il soit plus connu pour des textes d'horreur (les Livres de sang) ou de grandes sagas de fantasy (Le royaume des devins), Clive Barker s'était déjà attaqué à la littérature enfantine avec Le voleur d'éternité, un court roman. Il passe à la vitesse supérieure avec Abarat, puisqu'il s'agit là d'une tétralogie, qui plus est constituée de d'épais volumes. Mais ce n'est pas là ce qui fait l'originalité du projet : en artiste complet, Clive Barker est également un peintre accompli. Aussi, tout commença par des tableaux, que Barker ne destinait qu'à son usage privé. Puis, peu à peu, l'idée de créer une histoire pour ces tableaux lui vint. Cela devait se concrétiser par un livre intitulé The Book of Hours (Le Livre des Heures, chaque île de l'Abarat correspondant à une heure de la journée). Mais le projet enfla — de même que le nombre de tableaux, qui dépassa rapidement les 300 — et l'auteur décida d'en faire une saga. Ces peintures sont bien évidemment reproduites ici, et l'on constate que le peintre Barker est aussi doué que l'écrivain Barker. Bref, le livre est splendide, et fait parfaitement l'affaire pour un cadeau de Noël, par exemple.
     L'histoire, quant à elle, est relativement simple : Candy Quackenbush (quel nom !) habite à Chickentown, dans le Minnesota, une ville ainsi dénommée à cause des élevages de poulets locaux, gloire de la bourgade. Un jour, alors qu'elle fugue, elle parcourt la campagne environnante, et tombe nez à nez avec John Canaille et ses frères, un homme portant sept minuscules têtes sur la sienne. Celui-ci lui confie être poursuivi par un monstre, Mendelsohn Morphe, qui d'ailleurs arrive à ce moment-là. Pour lui échapper, Canaille n'a qu'une possibilité : demander à Candy d'actionner un mécanisme qui ouvre la porte entre notre monde et l'Abarat, celui d'où il vient. Et cette porte, c'est la mer, qui arrive en plein Minnesota, recouvrant les champs. Canaille et Candy fuient sur la mer, poursuivis par Morphe. Au terme d'un long périple, ils arrivent dans l'Abarat, vaste archipel, dans lequel, sur chaque île, le temps s'est arrêté à une heure précise. Ce n'est que la première surprise de ce nouvel univers, que Candy va devoir apprendre à connaître. En se méfiant de Christopher Gangrène, le maître de Gorgossium, l'île de minuit.
     On a affaire ici à un roman d'apprentissage, comme en est friande la littérature enfantine. Trame classique — qui réserve néanmoins quelques surprises — que Barker plaque sur un décor qui l'est beaucoup moins. Outre la particularité temporelle déjà signalée, l'auteur a peuplé son monde de créatures tout aussi surprenantes les unes que les autres, qui évoluent dans des paysages très évocateurs. Tout ceci concourt à faire de ce premier tome un dépaysement garanti, bigarré, marqué par l'humour. Celui-ci aide à faire passer certaines scènes assez horribles, qui indiquent que la cible visée par ce livre est davantage les adolescents — les adultes sauront apprécier aussi la création de l'univers abaratien — que les enfants. On pourrait se poser la question de savoir si, avec un texte aussi évocateur, les tableaux ne font pas double emploi — après tout, l'exercice d'imagination qu fait un lecteur est souvent aussi intéressant que la lecture elle-même. La réponse est clairement négative, tant les peintures de Barker répondent aux mots, prolongeant encore un peu plus le voyage.
     Au final, Abarat s'affiche comme une référence désormais incontournable de la littérature pour adolescents. Pas étonnant donc que Disney se soit déjà emparé des droits cinématographiques en vue d'une adaptation.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 21/11/2004
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