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Les Forbans de Cuba

Dan SIMMONS

Titre original : The Crook factory, 1999

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de Grégoire HÉNON

J'AI LU (Paris, France), coll. Littérature générale n° 6441
Dépôt légal : décembre 2002
Roman, 704 pages, catégorie / prix : P
ISBN : 2-290-32282-2   
Genre : Hors Genre



    Quatrième de couverture    
     « Voici quels sont vos ordres, dit Hoover en se penchant un peu plus vers moi. Devenez un proche de Hemingway, agent spécial Lucas. Dans vos rapports, dites-moi qui est cet homme. Ce qu'il est. Utilisez tous vos talents pour découvrir la vérité sur ce menteur. Je veux savoir ce qui le motive et ce qu'il veut vraiment. »
     Fin avril 1942, Joe Lucas, agent du FBI, est envoyé par J. Edgar Hoover à Cuba pour surveiller les activités d'Ernest Hemingway. Le célèbre écrivain s'est mis en tête de créer un réseau de contre-espionnage, l'Usine à forbans, pour faire obstacle aux activités des nazis dans la mer des Caraïbes.
     ,Au début, face à ce groupe d'espions amateurs, Joe pense à une grande mascarade innocente. Cependant, quand l'écrivain et lui voient un sous-marin allemand à côté d'un yacht de luxe, la situation se corse... Les événements se précipitant, l'agent Lucas, en plein mélodrame et sans piste, devra rapidement reprendre ses esprits s'il veut démêler les nœuds de cette intrigue !

     Dan Simmons
     Né en 1948, il a d'abord exercé le métier d'enseignant avant de se consacrer pleinement à l'écriture. Avec L'Échiquier du mal puis la saga de Hypérion, il s'est imposé comme l'un des maîtres du roman des années 1990, pair de Stephen King ou de Michael Crichton.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLAMMARION, Imagine (2000)


     En 1942, l’agent spécial Joe Lucas est convoqué par J. Edgar Hoover, le tout-puissant patron du FBI. Celui-ci lui confie une mission bien singulière : il doit se rendre à Cuba où l’écrivain américain Ernest Hemingway s’est mis en tête de créer un réseau de contre-espionnage qu’il a baptisé l’usine à forbans. Lucas doit lui servir de conseiller technique tout en surveillant ses activités.
     De prime abord, cette mission ressemble à une voie de garage pour Lucas. Hemingway et ses acolytes forment une bande de joyeux amateurs inoffensifs qui rêvent de capturer des espions nazis et même un sous-marin allemand ! Mais, ce qui à première vue ressemble plutôt à une mascarade révèle peu à peu des dessous troublants, et l’agent du FBI ne tarde pas à s’inquiéter d’une situation beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraissait de prime abord. Le réseau d’amateurs d’Hemingway soulève en effet bien des questions inattendues…

      Les Forbans de Cuba mêle allégrement la réalité historique à la fiction. Le personnage de Joe Lucas, qui fait office de narrateur, assure le lien entre ces deux facettes du roman. Dan Simmons nous plonge vraiment dans l’époque qu’il décrit, en évoquant la vie de famille d’Hemingway « comme si l’on y était » . Réceptions, ballades en bateau, réflexions sur l’écriture, Dan Simmons ne nous épargne absolument aucun détail, mais sans jamais nous lasser. L’alternance de ces parties quasi biographiques centrées sur la personnalité d’Hemingway avec celles dévolues au personnage de Joe Lucas, plus mouvementées dans la tradition du roman d’espionnage, atteint un parfait équilibre. L’intrigue imaginée par Dan Simmons pour coller au plus près des faits historiques est très astucieuse, et l’auteur s’est visiblement beaucoup amusé à ce petit jeu. Ainsi, outre Hemingway, de nombreux autres personnages historiques font une apparition dans le roman, à commencer par J. Edgar Hoover qui donne lieu dès le début à un vrai morceau d’anthologie. Mais on croise aussi au gré du récit Marlene Dietrich, Gary Cooper ou Ingrid Bergman. Quant à Ernest Hemingway, figure centrale du roman et véritable moteur du livre, c’est un personnage exubérant, flamboyant, fantasque, colérique, mais surtout énigmatique. Et cette personnalité complexe que Joe Lucas s’efforce de cerner restera jusqu’au bout un mystère insaisissable.

     Dan Simmons nous livre une nouvelle fois une oeuvre riche et touffue, mais dont la lecture est d’une limpidité exemplaire. Un petit détail tout de même : Il s’agit d’un roman d’espionnage. Ici pas la moindre trace de science-fiction ni de fantastique. Qu’importe, c’est un très bon bouquin, et c’est l’essentiel, non ? Il faut même saluer l’aisance avec laquelle l’auteur se joue des étiquettes et passe avec bonheur d’un genre à l’autre.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 15/5/2000
nooSFere


 

Edition FLAMMARION, Imagine (2000)


     1942. Joe Lucas, agent fédéral irlando-mexicain, est mandaté par J. Edgar Hoover pour se rendre à Cuba et surveiller les activités d'Ernest Hemingway. Ce dernier a décidé de créer un réseau de contre-espionnage afin de contrer les activités nazies dans la mer des Caraïbes, et il espère bien capturer un U-Boot. Arrivé à La Havane, Joe Lucas se fait passer auprès d'Hemingway pour un observateur du gouvernement, mais avant même le début de sa mission, il a été contacté par divers services — notamment en la personne de Ian Fleming — qui lui ont sous-entendu que sa mission était plus complexe qu'il n'y paraissait. Peu à peu, à mesure qu'il apprend à connaître l'écrivain et son entourage — rencontrant au passage Gary Cooper, Ingrid Bergman et Marlene Dietrich — , il comprend que la présence nazie à Cuba n'est pas un simple fantasme d'Hemingway. Les deux hommes assistent notamment au débarquement clandestin de deux agents allemands, qui sont abattus sous leurs yeux par un ou des inconnus. Dans le cadre de ses activités, l'Usine à forbans, le réseau de Hemingway entre en conflit avec un policier cubain qui recherche activement une jeune prostituée, Maria, que Joe prend sous sa protection et dont il devient l'amant. Bientôt, comme dans tout thriller qui se respecte, les événements se précipitent, les cadavres et les énigmes s'accumulent, et Joe Lucas comprend qu'on a voulu lui faire jouer un rôle de pigeon...
     À la lecture de L'Éveil d'Endymion, on comprenait que ce roman représentait un tournant dans l'œuvre de Simmons, car il y faisait en quelque sorte le bilan de ses livres précédents, comme pour conclure un chapitre de sa carrière avant d'en aborder un nouveau. La lecture des Forbans de Cuba confirme cette impression. Dan Simmons a toujours été passionné par l'Histoire (voir notamment L'Échiquier du mal, Les Fosses d'Iverson ou Le Grand Amant), et le présent livre est avant tout un roman d'Histoire contemporaine, solidement ancré dans les faits — voir la postface où l'auteur cite ses sources — , qui, partant d'un personnage célèbre du xxe siècle et d'un contexte précis mais extrêmement riche (la Seconde Guerre mondiale, l'anticommunisme américain), brosse non seulement le tableau d'une époque mais aussi celui d'une mentalité prise à un tournant de son évolution. Les Forbans de Cuba contient en filigrane une réflexion sur la paranoïa américaine, sur le désir de pureté qui imprègne la mentalité américaine, du moins dans ses aspects les plus extrémistes tels que les incarne J. Edgar Hoover, précurseur du maccarthisme et de la chasse aux sorcières.
     En plus d'être un roman historique, Les Forbans de Cuba est bien évidemment un roman d'espionnage, et l'amateur de ce genre y trouvera son content de suspense, de coups tordus, de trahisons et de manipulations. Lu au premier degré, ce livre est palpitant. Mais bien évidemment, Simmons ne s'en contente pas. Le terrain du roman d'espionnage est particulièrement fertile pour un écrivain souhaitant présenter des personnages amenés à se remettre en question, voire à remettre en question leur vision de la réalité, et à cet égard, l'évolution de Joe Lucas est un modèle du genre. En organisant la confrontation entre son héros et Ernest Hemingway, Simmons parvient en même temps à brosser un portrait complexe et saisissant de l'écrivain, montrant l'importance qui est la sienne dans les lettres américaines, et de l'homme, qui apparaît aussi vulnérable qu'impressionnant.
     Quant au personnage de Joe Lucas, sur les épaules duquel repose le roman, c'est au début de celui-ci un être inachevé, à moitié ébauché, qui apprend à devenir humain au contact d'Hemingway. Apparaît ici un des thèmes de prédilection de Simmons, auquel il n'a apparemment pas décidé de renoncer  : la transmission du savoir — ou plus largement des valeurs — de l'humanité, d'un personnage à un autre, à mettre en parallèle avec la relation qui se tisse entre l'écrivain et son lecteur, ou encore... mais lisez attentivement la toute dernière phrase du roman.
     Un livre passionnant, foisonnant, profondément humain, et peu importe que ce ne soit pas de la SF  !

Paul DUVAL
Première parution : 1/6/2000
dans Galaxies 17
Mise en ligne le : 26/10/2001




 
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