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La Liberté éternelle

Joe HALDEMAN

Titre original : Forever free, 1999

Cycle : La Guerre éternelle  vol. 3

Traduction de François VIDONNE
Illustration de Denis SCOTT

J'AI LU (Paris, France), coll. Millénaires n° (6060)
Dépôt légal : août 2001
270 pages, catégorie / prix : 14 €
ISBN : 2-290-31341-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     «  Nous n'étions ni plus ni moins que des animaux dans un zoo, ou un laboratoire. Si l'on nous autorisait à nous reproduire sur Majeur, c'était au cas où quelque chose irait de travers dans cette grandiose expérimentation que représentait Homme : des milliards de non-individus génétiquement identiques partageant une unique conscience. Ou des milliards de jumeaux-éprouvette partageant une base de données, pour être plus précis.  »
     Vingt ans après leur retour à la vie civile, William Mandela et Marigay Potter vivent parquet sur une planète perdue. Ils ont refusé l'uniformisation proposée par Homme, entité collective à la conscience unique mais formé de milliards d'individus, ayant remplacé l'ancienne humanité à l'issue de la Guerre éternelle...
     Afin d'échapper à l'insidieuse dictature de Homme et de ses alliés Taurans, un groupe de vétérans menés par William et Marigay conçoit le projet de s'emparer d'une navette temporelle...
     Une odyssée à travers les arcanes de la relativité, de la conscience humaine et de la métaphysique où Joe Haldeman prolonge à la perfection les enjeux de La Guerre éternelle et de son étonnante nouvelle Une Guerre à part.

     Joe Haldeman est né dans l'Oklahoma en 1943. Après avoir fait des études de physique, d'astronomie et d'informatique, il décide de se consacrer à plein temps à l'écriture. Vétéran de la guerre du Vietnam, il exorcisera son expérience à travers la Guerre éternelle, brillant pamphlet antimilitariste et l'un des plus grands classiques de la littérature de science-fiction (prix Nebula 1975 et prix Hugo 1976). Vingt-cinq ans plus tard, voici enfin la suite de ce chef-d'œuvre.
 
    Critiques    
     Vingt-cinq ans plus tard, nous retrouvons les héros de La Guerre Éternelle, William Mandella et Marygay Potter. Ou plutôt, du point de vue de leurs vies, quelques années après leur dernier combat. Même si du point de vue du calendrier galactique, des millénaires se sont écoulés depuis leur naissance à la fin du XXe siècle : les voyages à des vitesses relativistes d'un champ de bataille à un autre avaient transformé les soldats en Rip Van Winkle modernes, sans cesse projetés dans des sociétés qu'ils ne pouvaient comprendre ou accepter, et poussés à se réengager.
     Au quatrième millénaire, l'humanité a donné naissance à Homme : une entité à la conscience partagée, dont tous les individus ont le même patrimoine génétique. Les quelques humains traditionnels surgis du passé (essentiellement des anciens combattants) ont été encouragés à se regrouper sur une planète où ils peuvent vivre à leur guise, et servir de réservoir génétique à la race humaine. Mais William et Marygay, après des années de bonheur conjugal (leurs enfants sont adolescents), voudraient revoir l'espace, et surtout le futur qui les attendrait au bout d'un voyage relativiste. Hélas, tout cela ne peut pas se faire sans un peu de casse...
     Le schéma du retour au service des vieux briscards remonte au moins à Alexandre Dumas, et Haldeman l'emploie ici sans pour autant en faire le seul ressort de son roman. William, plus encore qu'avant, se pose des problèmes moraux, avec cette fois-ci une meilleure chance de les résoudre grâce à (et parfois en dépit de) une communauté de voisins pacifiques et soudés. On lit, c'est clair, l'œuvre d'un homme plus mûr qu'il y a vingt-cinq ans, qui accorde par exemple aux relations familiales une place qu'il n'aurait jamais envisagée il y a une génération. Haldeman surprend aussi — sans me convaincre — en basculant dans le mystique (ou du moins, dans l'inconnaissable, comme il dit) dans le dernier quart du livre.
     On dirait que Haldeman a voulu prouver qu'il pouvait mettre en scène ses personnages sans le piment des combats, horreur dénoncée et pourtant ingrédient essentiel de La Guerre Éternelle. La démonstration n'est pas tout-à-fait concluante : s'il a montré dans un roman comme Immortalité à vendre sa capacité à bâtir un futur passionnant sans conflit armé, Haldeman ici ressemble un peu à ses personnages de soldats qui, haïssant la guerre de toute leur âme, sont incapables de vivre en dehors d'elle. Non que la guerre envahisse le livre — plutôt parce que je n'arrive pas à me passionner pour ce qu'il raconte de la paix. Les suites de chefs-d'œuvre déçoivent souvent.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/12/2001 dans Galaxies 23
Mise en ligne le : 1/9/2003


     Voici donc, un quart de siècle après, la suite de La Guerre éternelle, le plus célèbre ouvrage de son auteur, prix Hugo et Nebula.

     La guerre contre les Taurans a pris fin ; William Mandella et Marvygay Potter sont désormais des anciens combattants et, en 1 500 ans, la société a évolué. L'humanité est devenue Homme ; un ensemble de clones identiques dont les consciences sont interconnectées en un gestalt unique quelque peu effrayant pour les fossiles que sont les soldats de la guerre éternelle. Aussi les a-t-on parqués sur Majeur, une planète subarctique de Mizar.

     Mais nos anciens combattant ont la bougeotte et ne gouttent guère le rôle de réservoir génétique qui leur est dévolu au cas où Homme tournerait mal. Ils se voient bien partir pour une petite promenade de 10 000 années lumières et un plongeon de 40 000 ans dans l'avenir à bord du croiseur Distorsion Temporelle. Et c'est ce qu'ils font après quelques molles péripéties.

     Mais d'inexplicables événements ne tardent pas à survenir. Les anciens combattants sont contraints d'abandonner l'astronef en perdition et s'en rentrent sur Majeur, la queue entre les jambes, une vingtaine d'années plus tard par la grâce des effets relativistes... Et trouvent la planète déserte. Après s'être sommairement réinstallés, ils envoient une expédition qui trouve la Terre dans le même état.

     Vient le temps des explications à l'aune desquelles on va juger ce roman, lisible au demeurant, quoique mou et peu passionnant. On ne voit pas où Haldeman veut en venir. De la suite d'un roman de guerre, fut-il antimilitariste, on s'attend à un conflit, ou du moins une forte tension, entre les humains et Homme par exemple. C'est un peu ce que nous promet le début. Et rien ne vient. On bifurque soudain vers les mystères, la disparition d'Homme et de Tauran, sans pour autant dépasser trois de tension.

     Quant à l'apothéose, c'est vraiment le chapeau ! Non seulement il y a des Omnis qui vivent parmi nous depuis la nuit des temps et même avant sous forme de dryades, de taxis (sûrement celui de Taxi 2, ça expliquerait bien des choses !) ou d'hommes célèbres, mais en matière de deux ex machina on a droit a un must. C'est en effet dieu qui est responsable de tout ce cirque, qui remet tout en place et s'en va non sans avoir un peu changé la vitesse de la lumière. Heureusement qu'il ne l'a pas éteinte...

     J'avouerai ne pas comprendre le but d'un tel ouvrage. Je connais quantité de livres écrits par des croyants pour inculquer la foi au lecteur et plus encore d'ouvrages anticléricaux incitant à la laïcité, voire à l'agnosticisme ou à l'athéisme. Pourtant, il ne semble pas qu'Haldeman ait viré crapaud de bénitier ni qu'il ait le moindre message derrière cette parodie de matérialisme mystique. De fait, j'ai l'impression d'une boutade pas drôle, d'une pitrerie mal amenée qui tombe à plat. A moins que...

     La Guerre éternelle était un « one shot » et le reste. À la fin, certains romans sont finis et il serait bon qu'ils le demeurent. Qu'on se le dise. Haldeman nous l'a dit en se payant notre tête ; qu'on lui foute une paix éternelle avec ça. Cette Liberté n'apporte rien, sinon de la thune. Il n'y a pas de miracle, dieu fait un flop ! C'est un navet. Navrant.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/1/2002 dans Bifrost 25
Mise en ligne le : 8/9/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (2001 - 2007) (2004)


     Que faire de sa vie et comment la vivre quand vous êtes ancien combattant de la Guerre Éternelle, voué à l'ennui sur « Majeur », planète « prison » au climat rigoureux et relativement déserte ? Que faire quand le pouvoir, autrefois détenu par l'humanité, appartient depuis la fin de la guerre à des « entités » composées de la somme des individus d'une ethnie... naturelle ou non, extraterrestre ou non ? En fait, comment assumer son personnage de Rambo qui a refusé de participer à la nouvelle entité et qui sait qu'on ne lui proposera pas de nouvelle mission ? D'abord, testez les forces en présence, repérez ceux qui partagent vos idées ou s'y opposent grâce à un petit complot contre le pouvoir. Quand l'autorité découvre les comploteurs, proposez-lui un marché afin d'obtenir un astronef et de voyager dans le temps pour voir ce qu'il advient de la civilisation à laquelle vous appartenez... Hélas, la réponse de l'autorité est négative. Alors, mutinez-vous ! Embarquez sur le vaisseau qu'on vous avait autorisé à préparer pour un long voyage, en attendant la décision officielle, et partez... Mais avant que vous n'alliez trop loin dans l'avenir, une entité indéfinissable vous pose de sérieux problèmes... Alors, revenez. Mais là... vous ne trouvez plus personne... Seuls demeurent, en tas, les vêtements des individus qui peuplaient la planète. Vous cherchez à comprendre et vous décidez d'aller faire un tour sur Terre en espérant y trouver des explications...

     Ce qui rend Haldeman passionnant c'est qu'en même temps qu'il raconte une histoire à laquelle vous n'êtes pas obligé de croire, il parle des gens, de vous, de moi, avec une pertinence et une chaleur humaine indéniables. Ici, à défaut d'être pleinement convaincu par la « solution » imaginée par Haldeman (et dont il n'est pas certain qu'il se satisfasse lui-même !), on préférera une vieille philosophie humaniste et qui vaut bien une religion... celle qui achève le conte à la manière du Candide : en plein air, « à cultiver son jardin ». Celle aussi, il me semble, qui fait qu'Haldeman, s'il ne fait pas partie du Panthéon des grands auteurs (Silverberg, Asimov, Resnick, etc) est toujours attendu et apprécié par les lecteurs.

Noé GAILLARD
Première parution : 1/6/2004
dans Galaxies 33
Mise en ligne le : 20/12/2008




 

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