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Les Maîtres-feu

Joëlle WINTREBERT

Science Fiction  - Illustration de Tibor CSERNUS
J'AI LU, coll. Science-Fiction (1959 - 1984, 1ère série) n° 1408, dépôt légal : décembre 1982
224 pages, catégorie / prix : 3, ISBN : 2-277-21408-6
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Sur Dante, sa volcanique planète, un jeune saurien nommé Béni s'est mis en route à l'aube. Un séisme menace ? Qu'importe ! En bon Oï-tiki, il a sa planche télescopique pour voguer sur les torrents de lave...
     Non loin, dans une enclave « humaine », Jordane apprend la mort de son père, un tyran dont le seul mérite fut de lui apprendre le oï-tikien. Dans l'espoir de rejoindre sa planète natale, Jordane fuit en orthoptère.
     L'éruption est si violente cependant qu'elle bouleverse les trajectoires de l'un et de l'autre : précipités dans une clairière de la forêt, les voici face à face. Le saurien est tenté de ne faire qu'une bouchée de l'adolescente mais voici qu'elle s'adresse à lui dans sa langue. Une étonnante aventure commence...

     Née à Toulon, Joëlle Wintrebert a dirigé la revue Horizon du fantastique puis Univers. Critique littéraire et cinématographique, elle mène aussi une carrière de romancière : Chromoville , Le Créateur chimérique (Grand Prix de la S-F française) ont également paru aux éditions J'ai lu.



    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Association Infini : Infini (3 - liste francophone) (liste parue en 1998)
 
    Critiques    
     Certains publient énormément et voient se dégrader leur talent ; d'autres se font rares mais opèrent un saut qualitatif à chaque apparition. Le premier roman de Joëlle Wintrebert 1 était un essai à demi raté : à la fois trop inscrit dans la mouvance du temps (SF politique de la fin des années 80) et trop clairement porteur encore des défauts d'une jeune romancière.
     Les maîtres-feu est d'une toute autre tenue. Si Wintrebert ne renonce pas à ses préoccupations sociopolitiques (ici : écologisme de choc et refus de toute hiérarchie), elle les inscrit aujourd'hui dans un discours qui a perdu la sécheresse démonstrative pour accéder à un espace narratif plus riche. Un texte qui, comme toute littérature, se caractérise autant par ses emprunts que par ses particularités : passent ici les ombres d'Ursula Le Guin et de Stefan Wul. Parler d'emprunts ne constitue d'ailleurs pas une critique négative, mais davantage une précision sur la thématique abordée. Il s'agit d'un récit à structures ethnologiques dans la droite ligne de l'auteur de La main gauche de la nuit.
     Le roman de Wintrebert fait mieux que soutenir la comparaison face à ces modèles : il ne reduplique rien mais jouit de son existence propre -contenant suffisamment de Wintrebert pour n'être pas du sous-Le Guin. Car l'exotisme de Wul comme le souci de l'autre de l'Américaine sont traités dans Les maîtres-feu par une alchimie du verbe toute personnelle, qui apparaît entre autres dans la création lexicale : Oï-tiki, gâr-guêel, kâ-âalkâ-kâa... Il y a encore chez l'auteur comme un souci de légitimation scientifique, sans doute fruit de sa culture en la matière, chose trop rare dans la SF française — et qui lui permet des constructions imaginaires à proprement parler « délirantes » mais pourtant solidement étayées (il en était déjà de même dans sa meilleure nouvelle à ce jour : La créode 2.
     Les maîtres-feu, roman qui flirte avec l'utopie dans sa peinture d'une race et d'une culture différentes, est peut-être en cela un peu trop rousseauiste à mon goût. Quant à la morale de l'histoire, qui voit l'extraterrestre apparemment démuni triompher de l'expansionnisme humain par sa connaissance des forces naturelles, elle n'est sans doute pas de la plus grande originalité. Mais ce ne sont là que minimes imperfections — tenant plus au goût du critique qu'au talent de l'écrivain. Joëlle Wintrebert traverse les modes et les coteries de la SF française en s'attachant avant tout à son écriture : on peut la rapprocher en cela de Jean-Pierre Hubert, et en cela elle est un écrivain mûr.


Notes :

1. Les olympiades truquées, Kesselring, 1980.
2. In Univers 17, juin 1979.


Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/3/1983
dans Fiction 338
Mise en ligne le : 8/5/2006


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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