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Le Maître harpiste de Pern

Anne McCAFFREY

Titre original : The Masterharper of Pern, 1998
Première parution : Ballantine Books, janvier 1998

Cycle : Pern - 5 : Les harpistes  vol. 4

Traduction de Simone HILLING
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Rendez-Vous Ailleurs
Dépôt légal : avril 2000, Achevé d'imprimer : avril 2000
Roman, 430 pages, catégorie / prix : 139 FF
ISBN : 2-266-10182-X
Format : 14,0 x 20,5 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   in La Ballade de Pern - Intégrale III, POCKET, 2011

    Quatrième de couverture    

     Quatre fois par millénaire, la planète Pern est menacée par la chute des Fils qui brûlent tout sur leur passage. Les chevaliers-dragons s'envolent, prévenus par le chant des Harpistes, et brûlent les envahisseurs avant que ceux-ci n'atteignent le sol. C'est dire que les Harpistes ont un rôle défensif essentiel, ils tiennent la chronique, préparent l'avenir et, le jour venu, annoncent la pluie mortelle.

    Mais un temps vient où les Fils ne tombent pas. Le cycle multiséculaire est déréglé. Beaucoup espèrent qu'ils ne tomberont plus jamais.

    Et voici qu'un garçon naît dans l'Atelier des Harpistes. Ils s'appelle Robinton. Il est fils de Petiron, un compositeur célèbre, et de Merelan, une grande chanteuse. Dès son enfance, il est un musicien prodige. Il a le don de parler avec tous les dragons.

    Mais tout le monde n'apprécie pas ses talents. Le Seigneur Fax juge le moment venu d'en finir avec les Harpistes, ces fous qui prêchent un péril inexistant et enseignent la lecture, l'écriture et l'histoire. Les chevaliers-dragons eux-mêmes sont contestés : Fax voit en eux un pouvoir concurrent.
     Et Robinton devient Maître Harpiste. Il continue à croire à la musique et aux dragons. Il est résolu à sauver Pern. Il sait que les chevaliers sont toujours prêts à voler contre les Fils… si jamais les Fils reviennent.
 

     Anne McCaffrey : une grande romancière américaine qui s'est fixée dans la pluvieuse Irlande et qui a trouvé la planète de ses rêves avec Pern, où les saisons des pluies sont plus espacées (tous les 200 ans) mais mortelles. Petit à petit, elle complète l'histoire de sa planète, revisitant au fil de son inspiration les jours anciens où les hommes oubliaient les ordinateurs et créaient les dragons. Attention, le paradis des premiers âges est menacé : les Fils arrivent ! Ils arrivent !!!

 
    Critiques    
     Le Maître-Harpiste de Pern prend le prétexte d'une biographie de Robinton, personnage essentiel du cycle originel, pour nous raconter les quelque trente années qui précèdent la Quête du Dragon. On y assiste donc à la naissance, puis à l'enfance de la plupart des personnages qui auront quelque importance par la suite. Voilà qui devrait normalement satisfaire les fans de la série, qui y trouveront quelques révélations surprenantes sur leurs héros favoris.

     Toutefois, ce livre laisse sur sa faim. En effet, lorsqu'un auteur décrit a posteriori une période antérieure au reste de son oeuvre, on s'attend à ce qu'il mette en évidence les mécanismes qui ont joués dans la formation des personnalités marquantes, ou dans l'évolution de la situation politique. Or, il n'en est rien ici. Même si nous assistons à de nombreux événements et à de nombreuses crises, on a l'impression que les personnages les subissent sans en être profondément affectés. Les méchants sont méchants dès le début, et n'en démordront pas. Les gentils le sont quasiment de naissance et leur caractère ne se modifie guère en dépit des rebuffades, des échecs ou des deuils. Il y a des pro-dragons et des anti-dragons, sans que l'on nous explique davantage que dans les autres livres ce qui a amené les uns et les autres à être dans tel ou tel camp. Bref, les personnages manquent trop de profondeur psychologique pour être véritablement crédibles.

     Plus encore, on a parfois l'impression que Mc Caffrey cherche à tout prix à créer des liens entre tous les personnages qu'elle mettra en scène plus tard, même si ces liens sont absolument absents de la série originelle. Rien par exemple ne permettait de penser que Robinton avait connu F'lar et F'nor enfants et qu'il les considérait presque comme ses fils ; rien non plus n'annonçait le lien entre Robinton et Camo. On a même parfois l'impression que le besoin de faire des révélations sensationnelles sur ses héros conduit l'auteur à s'empêtrer dans des contradictions. Si Robinton parle aux dragons depuis sa tendre enfance, pourquoi ne reconnaît-il pas les voix qui le soutiennent, dans le Dragon blanc, quand il fait sa crise cardiaque ? Comment, alors qu'on le décrit à longueur de pages comme ayant toutes les qualités de l'époux et du père idéal, peut-il ne jamais faire la moindre allusion à sa défunte épouse et à son fils dans la suite de ses aventures – sinon parce qu'on lui a bricolé après coup une histoire personnelle ? Si Petiron n'aime que la musique alambiquée et méprise celle de son fils, parce qu'elle est simple à chanter, pourquoi admirera-t-il tant Menolly et ses aimables chansonnettes ? Et pourquoi Robinton dira-t-il à Menolly qu'elle fait des chansons que lui ne pourrait pas faire, alors que leurs qualités sont exactement les mêmes que les siennes ?

     On a donc finalement l'impression que tous ces personnages, qui ne changent pas outre mesure quand ils subissent un événement aussi traumatique que la perte d'une épouse ou le meurtre d'un ami, se modifient en revanche du tout au tout d'un livre à l'autre. C'est certainement pour Petiron que ce changement est le plus radical. L'histoire de Menolly nous l'avait présenté comme un homme généreux et tolérant – un homme de bien, selon les mots de Silvina dans la Chanteuse-Dragon de Pern. Comment le reconnaître dans cet homme acariâtre, égocentrique, indifférent, qui n'accepte pas de devoir partager sa femme avec son fils et n'hésite guère à la mettre en danger par passion pour sa musique ? Bien sûr cela permet de comprendre pourquoi il hésitait tant à envoyer les chansons de Menolly à son fils, mais le revirement semble tout de même un peu radical pour rester crédible. On peut même être surpris d'entendre ses collègues le dire bon professeur, alors qu'il a tous les défauts qui font un exécrable pédagogue, ou sa femme dire qu'elle a été heureuse avec lui, alors qu'on ne nous décrit que la tension qui règne dans le couple. Bref, les personnages du Maître-Harpiste de Pern sont soit monolithiques, comme Robinton ou Fax, soit quelque peu contradictoires, comme Petiron, ce qui laisse une impression de grande superficialité.

     Ceci dit, et malgré quelques longueurs imputables au genre biographique, ce livre est bien écrit et permet de passer un moment agréable en compagnie de personnages que l'on a appréciés ailleurs. Notons qu'Anne Mac Caffrey avait d'abord envisagé de le publier accompagné de la musique de Robinton, créée par Tania Opland, Mike Freeman et elle-même, avant de devoir renoncer à son projet. On peut d'ailleurs trouver des extraits musicaux de ces chants sur le site de la Page de Pern, de François Labarbarie. En résumé, un livre qui peut combler les fans, ou servir d'introduction à la découverte de l'univers de Mc Caffrey, mais qui aurait beaucoup gagné à ce que la dimension psychologique et l'évolution de ses personnages soient davantage travaillées.

Nathalie LABROUSSE (lui écrire)
Première parution : 6/6/2000 nooSFere


     Anne McCaffrey revient encore à son cycle le plus célèbre pour nous raconter cette fois-ci la jeunesse de Robinton, le Maître Harpiste de Pern, l’un des personnages les plus attachants et les plus importants de la saga, notamment parce qu’il est le plus haut représentant de l’Atelier des Harpistes qui est le sanctuaire de la culture pernaise, les harpistes faisant office à la fois de troubadours, de professeurs et d’historiens.

     Tout commence donc par la naissance du petit Robinton, naissance dont sa mère, la plus célèbre cantatrice de Pern se remettra difficilement. Petiron, le père de Robinton est quant à lui un compositeur respecté, qui aime profondément sa femme, mais d’un amour trop exclusif pour que son fils y trouve sa place. L’enfance de Robinton à l’Atelier des Harpistes serait des plus heureuses, d’autant qu’il montre dés le plus jeune âge des dons plus qu’affirmés pour la musique, sans la présence de ce père peu aimant que les actes de son fils ne satisfont jamais. Mais cette froideur paternelle est compensée par la complicité qu’il entretient avec sa mère.

     Cette première partie du roman, consacrée à l’enfance du personnage, est très réussie, Anne McCaffrey n’étant jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle décrit l’enfance de ses personnages et la vie quotidienne d’une communauté. Ainsi, de la jeunesse de Robinton se dégage malgré tout une constante impression de bonne humeur et de joie de vivre, parce qu’il est entouré d’une foule de personnages secondaires toujours très vivants et pour la plupart fort sympathiques.

     Puis, lorsque Robinton devient compagnon harpiste et quitte le nid douillet de l’Atelier, il se trouve peu à peu confronté aux problèmes politiques de Pern et acquiert progressivement le statut qui sera le sien. La planète Pern vit alors son plus long intervalle entre deux chutes de Fils, ces organismes qui détruisent tout sur leur passage. Certains remettent en cause la possibilité de leur retour, déniant ainsi l’utilité des chevaliers-dragons chargés de combattre ce fléau et dénigrant l’enseignement des harpistes accusés de propager des mensonges. Cette opposition à la tradition est symbolisée par Fax, un seigneur cruel et ambitieux. C’est là que le roman trouve sa limite, car Fax incarne de manière exclusive et caricaturale la figure du tyran qui s’accapare le pouvoir de manière sournoise, et dont la seule motivation semble être d’acquérir plus de pouvoir au détriment des autres. Cela rend l’intrigue bien manichéenne et la fin du roman est un peu décevante à cause de ce manque de subtilité.

     Bien que le roman puisse se lire indépendamment des autres volumes de la série, sa conclusion, si elle est sans surprise pour les habitués du cycle de Pern, risque de laisser sur sa faim le lecteur qui découvre le monde de Pern (on lui conseillera de continuer avec Le Vol du Dragon). Le manque de détails sur certains aspects importants de la vie sur Pern (comme le fonctionnement d’un Weyr, la relation entre les chevaliers et leurs dragons et bien d’autres points sur lesquels l’auteure s’étend ici très peu puisqu’elle a maintes fois décrit tout cela dans les précédents volumes) peut également être un peu gênant pour le lecteur novice dans le cycle.

     Au final, Le Maître Harpiste de Pern est malgré tout un excellent roman, même s’il faut reconnaître que la série a tendance à ronronner sur ses acquis depuis quelques temps. Plutôt que de revenir à l’infini sur la même période de l’histoire sans apporter de nouveaux éléments, il serait peut-être temps pour McCaffrey d’explorer d’autres horizons, et notamment le devenir de la société Pernaise après la disparition de l’étoile rouge. Voilà qui ouvrirait le champ à bien des possibilités intéressantes…

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 12/6/2000 nooSFere


 
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