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Le Code Enigma

Neal STEPHENSON

Titre original : Cryptonomicon, 1999
Science Fiction  - Cycle : Cryptonomicon vol.

Traduction de Jean BONNEFOY
Illustration de Jeff REY
PAYOT, coll. SF n° (8), dépôt légal : avril 2000
456 pages, catégorie / prix : 22,87 €, ISBN : 2-228-89316-1

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Illusion. Désinformation. Déstabilisation. Tous les moyens sont bons pour gagner une guerre. Surtout quand votre mission est de déchiffrer le code le plus secret jamais inventé.
     Techno-thriller foisonnant destiné à devenir le livre-culte des passionnés d'informatique, voyage aux frontières des technologies de demain, chassé-croisé étourdissant entre passé et futur, Cryptonomicon détruit les genres littéraires pour mieux en créer la fusion.
     Le premier volet d'une trilogie qui fera date. Par l'auteur de Samouraï virtuel et de L'âge de diamant (Prix Hugo 1997).


    Prix obtenus    
Locus, roman de Science-Fiction, 2000
 
    Critiques    
     Cryptonomicon est une œuvre ambitieuse  : Neal Stephenson n'hésite pas à entraîner son lecteur dans de longues explications mathématiques — équations à l'appui. Mais ambitieux ne veux pas dire ici ennuyeux, ardu ou obscur. Bien au contraire  ! Cryptonomicon est un roman passionnant, qui mêle fiction historique légèrement décalée et futur immédiat, avec beaucoup d'humour par moments et du tragique à d'autres. Le tout donne un livre insolite à ne pas manquer.
     Il y a dans ce premier tome trois histoires parallèles dont deux ce rejoignent à la fin. Elles se situent parfois aux mêmes endroits (Manille) mais pas aux mêmes moments. Deux se déroulent en pleine Seconde Guerre mondiale. Bobby Shaftoe est un marine chevronné, qui à survécu là où ses camarades ont été massacrés. À ce titre, il est mandaté pour une mission spéciale. Avec Lawrence Waterhouse, la guerre est vue sous un autre angle. Ce mathématicien de génie est bien trop précieux pour qu'on l'envoie au front. Lui se passionne pour la cryptologie et la guerre lui donne un défi à sa hauteur  : réussir à déchiffrer le code allemand, Enigma. Cela est d'autant plus difficile qu'il a fait ses études et a été ami avec le mathématicien allemand qui l'a mis au point. Enfin, de nos jours ou dans un futur très proche, Randy Waterhouse, un descendant de Lawrence, est le co-fondateur d'une société d'informatique. Il tente de gagner le marché de l'installation du câblage des Philippines. Mais d'autres sont sur les rangs.
     Encore une fois, on déplore la découpe qui nous laisse désemparé et palpitant à la fin du tome 1. Heureusement, Cryptonomicon est servi non seulement par une très bonne traduction de Jean Bonnefoy mais aussi par ses notes. Il y a de plus une sélection de références (livres, articles, films, sites) qui permet d'approfondir certains points du livre. Bref, de quoi patienter avant le prochain  !

Marie-Laure VAUGE
Première parution : 1/6/2000
dans Galaxies 17
Mise en ligne le : 26/10/2001


 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2002)


     Inconditionnels de lectures courtes et intenses, passez votre chemin, car nous allons parler ici du Code Enigma, gros premier tome d'une trilogie de Neal Stephenson intitulée Cryptonomicon, parce qu'elle prend pour toile de fond les arcanes de la cryptographie.
     Première question  : est-ce de la science-fiction ? Si on met de côté le fait que Stephenson est un auteur reconnu du genre, ancien lauréat du prix Hugo et récipiendaire du Locus pour cette trilogie, et que selon la définition de Norman Spinrad, tout ce qui est publié sous l'appellation science-fiction est à n'en pas douter de la science-fiction, ce premier volume est à quelques petites touches uchroniques près un bon gros roman d'espionnage militaro-industriel, bien mastoc, du genre qu'on emporte à la plage dans l'espoir de tuer confortablement quelques heures à l'ombre du parasol. Ceci dit sans vouloir être désagréable.
     Et si l'on va par là, Stephenson a (peut-être inconsciemment) senti d'où venait le vent  : en attendant que le Viet-nam revienne à la mode, la Seconde Guerre Mondiale est devenue un argument particulièrement vendeur en littérature comme au cinéma 1. A cette base, Stephenson intègre une autre histoire plus contemporaine et plus proche de ses thématiques de prédilection (c'est-à-dire en rapport avec l'informatique et les réseaux numériques, pour résumer).
     Et vogue la galère... en cinq cents pages, quelques décors sont vaguement plantés, des personnages sont présentés et quelques vagues interactions se dessinent. C'est à peu près tout. Normal, objectera le lecteur actuel de SF, bien de son temps (lui  !), et par conséquent rompu aux lectures-marathons  : nous n'en sommes qu'au premier tome de la trilogie  ! Eh bien moi, j'ai tendance à penser que le genre n'a rien à gagner à ce que les auteurs dévident à l'infini la cordelette qui leur tient lieu d'intrigue, et que les éditeurs ont beau jeu de présenter comme un grand projet romanesque ce qui s'apparente plutôt à une triste martingale mercantile. Ceci dit, n'oublions pas que l'édition est un secteur à la santé chancelante. Qu'en cas de rechute, les collections de SF, peu rentables, seront sans doute parmi les premières à être purgées. Et que si l'éditeur doit parfois sacrifier aux impératifs commerciaux pour se donner par ailleurs les moyens de publier d'autres textes plus beaux que spectaculaires, le jeu en vaut peut-être la chandelle, après tout. Je dirais même plus, pour en revenir à Cryptonomicon  : c'est de bonne guerre  !
     Bien sûr, il n'est pas question de juger la trilogie de manière définitive et péremptoire à l'aune de son seul premier tiers  : Cryptonomicon a encore la possibilité de devenir un chef-d'œuvre dans les deux prochains tomes. Mais à la lumière de ce que nous savons déjà, on peut émettre quelques pronostics sur l'impression que nous laissera l'ensemble. La recette est hélas connue. Il y a fort à parier qu'une fois refermé le troisième volume, on soupirera en se disant que Stephenson aurait pu ramener sa pesante trilogie à un très bon roman de cinq cents pages...


Notes :

1. Sorti à peu près en même temps que la trilogie de Stephenson, le très hollywoodien U-571 a la particularité de traiter d'un sujet identique en de nombreux points – la capture d'Enigma, la machine de chiffrement de la Kriegsmarine du Reich –, en s'autorisant de larges et cocardières libertés vis-à-vis de la vérité historique, ce qui provoqua une levée de boucliers de la part d'officiels et d'historiens britanniques qui n'avaient décidément pas vu l'aspect uchronique des choses...

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 7/4/2002
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Base mise à jour le 21 août 2017.
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