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Le Samouraï virtuel

Neal STEPHENSON

Titre original : Snow Crash
Traduction de Guy ABADIA
Illustration de MANCHU
LIVRE DE POCHE, coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7221
Dépôt légal : mars 2000
576 pages, catégorie / prix : 14
ISBN : 2-253-07221-4   
Genre : Science Fiction 


Autres éditions
Sous le titre Snow Crash   BRAGELONNE, 2009
Sous le titre Le Samouraï virtuel
   LIVRE DE POCHE, 2003, 2017
   Robert LAFFONT, 1996
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Hiro Protagoniste est le plus grand sabreur du monde, dans l'univers réel et dans le métavers virtuel. Il livre aussi des pizzas pour le compte de la branche commerciale de la Mafia.
     Y.T., 15 ans, blonde, plutôt du genre dégourdi, voire redoutable, transporte dur sa planche à roulettes version rapide tout ce qu'on veut bien lui confier.
     Quand ces deux-là se retrouvent sous l'oeil de l'oncle Enzo, parrain suprême, pour lutter contre une drogue qui fonctionne à la fois dans la réalité virtuelle et dans l'univers réel, cela promet des étincelles.
     Une vision désopilante et terrifiante du proche avenir, réel et virtuel, qui a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Ozone en 1997, par Neal Stephenson, Prix Hugo, pour L'âge de diamant, publié dans la même collection.


    Prix obtenus    
Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger, 1997
Ozone, roman de Science-Fiction étranger, 1997

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     Le samouraï virtuel débute par la livraison d'une pizza. Rien que de très banal a priori. Mais la pizza en question doit être livrée impérativement dans les 30 minutes suivant la commande et le moindre retard risque de créer des ennuis invraisemblables au livreur fautif. L'entreprise de livraison de pizzas est gérée par la mafia dont les représentants se baladent avec des blousons portant l'inscription MAFIA en gros dans le dos. Hiro Protagoniste est un bien étrange livreur de pizza, c'est également un hacker indépendant et le meilleur sabreur du monde virtuel dont il est l'un des pionniers. Il se ballade d'ailleurs constamment avec deux sabres de samouraï à la ceinture. Sa dernière livraison se passe mal, son camion finissant dans une piscine, mais Y.T. une jeune kourière qui se déplace sur une planche à roulettes ultra perfectionnée, lui sauve la mise en livrant la pizza dans les temps.

     Dès la première scène du roman, Neal Stephenson nous étonne en transformant la livraison d'une pizza en une course-poursuite étonnante, drôle et follement inventive. Il en profite pour nous plonger dans un futur proche riche d'inventions et de détails absolument sidérants  : des planches à roulettes semi-intelligentes, des chiens de garde cybernétiques qui se déplacent plus vite que le son, des banlieues-états minuscules avec leurs propres lois différentes de celles du quartier voisin, un univers virtuel très crédible etc... pas de doute, l'auteur a de l'imagination.

     Là où les choses se gâtent, c'est du côté de l'intrigue. Elle tourne autour de l'apparition d'un mystérieux virus qui semble affecter à la fois le monde virtuel et le monde réel. Neal Stephenson se lance alors dans des explications complexes, digressions fastidieuses qui rompent complètement le rythme du récit. Le roman fait ainsi alterner des passages extrêmement réjouissants et d'autres particulièrement ennuyeux ou l'auteur semble recopier une encyclopédie. On passe sans coup férir d'un long et soporifique cours sur la civilisation sumérienne à une hilarante note des services fédéraux sur l'utilisation du papier toilette.
     Enfin, un dernier reproche  : la fin expéditive laisse un goût d'inachevé à ce roman pourtant très imaginatif, mais trop confus et dispersé pour être vraiment convaincant.


Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 10/11/2000 nooSFere

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1996)


    Snow crash! En jargon informatique, cela désigne un plantage total du système "à un niveau si fondamental qu'il fragmente la partie de l'ordinateur qui gère le faisceau électronique du moniteur et cause une explosion sur l'écran, éparpillant l'agencement parfait des pixels en un blizzard tourbillonnant". Snow crash, c'est aussi le titre original d'un roman de Neal Stephenson (son quatrième pour être précis) qui, lors de sa sortie en 1992 aux USA, mit les mondes de la science-fiction et de l'informatique en ébullition. La presse se confondit en louanges : "Le livre le plus influent depuis Neuromancien", "Le roman capture les nuances et le rythme du nouveau monde si parfaitement qu'on croit déja y être", "Le trop proche futur conçu avec autorité", jusqu'à Gibson lui-même qui s'y colle, qualifiant Snow Crash de "Rapide, très rapide, un livre d'avant-garde culte pour les lecteurs du XXIème siècle".


    Inutile de dire que Snow crash - devenu en français Le samouraï virtuel - était donc attendu avec une impatience certaine. Ne faisons pas régner le suspense inutilement : le roman est à la hauteur de sa réputation, magnifié par une brillantissime traduction de Guy Abadia. Et pourtant, comment ne pas reconnaître qu'il est fort mal ficelé! Des digressions explicatives multiples alourdissent le récit comme au bon vieux temps de la SF de grand-papa, des scènes de bagarre (très improbables) alternent avec des dizaines de pages de réflexions de très haut niveau sur, entre autres, les écrits sumériens et la neurolinguistique, la fin est passablement désinvolte... bref c'est bavard et chaotique, mais qu'importe, oui, qu'importe, tant le roman fourmille d'inventions toutes plus délirantes les unes que les autres (de la planche à roulettes aux roues intellligentes à la fabuleuse réalité virtuelle du Métavers peaufinée dans ses moindres détails en passant par les ratchos, ces chiens-chiens de garde cyborgs), brosse un contexte social hyper-réaliste (Mafia omniprésente, Côte Ouest balkanisée en franchulats) et surtout stupéfie par son audace intellectuelle!


    Car il fallait oser relier le mythe de Babel à une Apocalypse de l'Information (ou Infocalypse), comparer les nam-shubs sumériens (c'est-à-dire des discours dotés de pouvoirs magiques ou encore des incantations) à la structure imaginaire faite de langage codé du Métavers ou de toute autre réalité virtuelle, démontrer que la civilisation est au départ une sorte de contamination par un métavirus neurolinguistique et faire du dieu sumérien Enki le premier des hackeurs!


    Et le plus ahurissant c'est que le roman, porté par un humour ravageur (il faut dire que les héros sont Y.T., une blonde et délurée kourière de 15 ans redoutable sur sa planche à roulettes et Hiro Protagoniste, le plus grand sabreur du monde, hackeur de génie et ... livreur de pizzas), se dévore dans un état second d'ébahissement intellectuel. Mais finalement, qu'est-ce au juste le Snow Crash: un virus, une drogue ou une religion? A vrai dire, existe-t-il une différence?


    Les hasards de l'édition française font que le roman suivant de l'auteur, L'âge de diamant, paru en janvier 1995 aux USA sort quasiment en même temps. Toujours le XXIème siècle, mais côté chinois cette fois : une Chine rétro-futuriste gangrenée par les nanotechnologies, menacée par les enclaves néo-Victoriennes (pour Stephenson, une société néo-Victorienne dans le futur est non seulement plausible, mais inévitable!) et les rebelles intégristes. Sous-titré "Le manuel illustré d'éducation pour jeunes filles", L'âge de diamant est structuré comme un Bildungsroman, et raconte comment, grâce à son livre interactif, la petite Nell parvient à surmonter les embûches de l'existence et accéder à la sagesse et au pouvoir.


    Hélas, cette fois la magie ne prend pas et le roman ne laisse apparaître que ses défauts : intrigue sans grand intérêt et complètement diluée dans des digressions incessantes, personnages insipides (hormis la petite Nell), monde opaque et sans humour. Les fulgurantes hypothèses intellectuelles de l'auteur se sont crashées dans ce monde steamo-cyberpunk incroyablement confus et indigeste qui avait pourtant tout, à priori, pour séduire le lecteur. A trop négliger les lois romanesques les plus élémentaires, l'auteur a fourvoyé ses talents - réels - de visionnaire.

Denis GUIOT
Première parution : 1/6/1996
dans Galaxies 1
Mise en ligne le : 1/1/2000


 

 
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