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Cosmic erotica

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Jean-Marc LIGNY


Science Fiction  - J'AI LU, coll. Millénaires n° (6025), dépôt légal : janvier 2000
360 pages, catégorie / prix : 79 FF, ISBN : 2-290-30065-9
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Si, comme d'aucun(e)s le pensent, « le XXIe siècle sera féminin », en voici posé le premier jalon, sur le thème le plus universel qui soit : l'amour. A l'aube du troisième millénaire, après 2000 ans de conquêtes et de dominations masculines, il est temps d'apporter à ce monde brutal une vision féminine. Ecoutez-les, elles vous parlent d'amour — de toutes sortes d'amours : sensuel, sexuel, platonique, libre, vénal...
     Amour-plaisir, amour-souffrance, amours éphémères ou impossibles, amour-passion, amour-frisson : dix-sept écrivaines européennes et américaines, dix-sept auteurs de science-fiction, de fantastique ou de fantasy vous offrent leur vision de l'amour. Sans tabous ni contraintes, elles dévoilent ici les recoins les plus secrets de leur âme, de leurs désirs, de leur inspiration.
     Chastes ou torrides, crus ou sentimentaux, noirs ou légers, dix-sept récits inédits qui ont tous en commun leur chaleur et leur sincérité.
Jean-Marc Ligny


    Sommaire    
1 - Jean-Marc LIGNY, Préface, pages 7 à 13, Préface
2 - Gloria BARBERI, La Nuit de la Saint-Valentin (La notte di S. Valentino), pages 15 à 28, trad. Fabiola MANCINELLI
3 - Poppy Z. BRITE, Le Vin de l'âme (Vine of the Soul), pages 29 à 41, trad. Sylvie DENIS
4 - Pat CADIGAN, Paris en juin (Paris in June), pages 43 à 66
5 - Carol Ann DAVIS, Prix coûtant (Cut Price), pages 67 à 86, trad. Sylvie DENIS
6 - Sylvie DENIS, Carnaval à Lapêtre, pages 87 à 129
7 - Sara DOKE, Miroir de mon âme, pages 131 à 143
8 - Anne DUGUËL, La Fauve, pages 145 à 152
9 - Jeanne FAIVRE D'ARCIER, Monsieur boum boum, pages 153 à 173
10 - Barbara GARLASCHELLI, Déchets (Scarti), pages 175 à 193, trad. Fabiola MANCINELLI
11 - Kathe KOJA, Des anges amoureux (Angels in Love), pages 195 à 206, trad. Sylvie DENIS
12 - Tanith LEE, La Démone (The Demoness), pages 207 à 223, trad. Sylvie DENIS
13 - Birgit RABISCH, Inversion, jeu de miroir, pages 225 à 256, trad. Claire DUVAL
14 - Valérie SIMON, Le Loup, pages 257 à 265
15 - Nicoletta VALLORANI, Cybo (Cybo), pages 267 à 278, trad. Fabiola MANCINELLI
16 - Sabine WEDEMEYER-SCHWIERSCH, De la difficulté de traduire les chants d'amour des Vuliworpes (Von der Schwierigkeit, vuliworpische Liebeslyrik zu uebersetzen), pages 279 à 286, trad. Claire DUVAL
17 - Connie WILLIS, A mes filles chéries (All My Darling Daughters), pages 287 à 316, trad. Sylvie DENIS
18 - Joëlle WINTREBERT, La Femme est l'avenir de l'homme, pages 317 à 333
19 - ANONYME, Dictionnaire des auteures, pages 335 à 353, Dictionnaire d'auteurs

    Prix obtenus    
Monsieur boum boum : Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle / Short story, 2001
 
    Critiques    
     Etait-il nécessaire en l'an 2000 de faire une anthologie exclusivement féminine en France ? Les performances littéraires des hommes et des femmes sont-elles à ce point inégales qu'il faille les séparer comme dans les compétitions sportives ? Et, si l'on veut aller au bout de la logique du projet, n'est-il pas ironique de confier le rôle du directeur d'anthologie à un homme ?
     Peu importe. Ne jouons pas les mauvais esprits et n'insistons pas sur les questions que peut soulever ce genre de projet à double tranchant. Apprécions les textes sans nous préoccuper du sexe ou de la nationalité de l'auteur.

     Posons-nous cependant une question préalable : doit-on encore croire à la fable qui veut que l'amour, la douceur et la tendresse soient des valeurs féminines ? On peut en douter à la lecture de ces récits où la violence est omniprésente, où le sexe tient souvent la vedette, alors que l'amour est bien rare et l'érotisme tout simplement absent.
     « Assez parlé de haine, de violence, de mort et de guerre, abordons ce nouveau millénaire avec des valeurs plus positives, universelles » écrit pourtant Jean-Marc Ligny dans sa préface, « osons parler d'amour »… Mais l'amour — sentiment subtil et impalpable — est-il un thème qui s'accomode bien des débordements de l'imaginaire SF ? Probablement pas.
     En revanche, il est assez facile de traiter le motif du sexe. D'abord de manière fantastique, en mettant à contribution divers démons, comme dans le beau conte classique de Tanith Lee ou dans l'amusant récit de Kathe Koja, variante sur le thème du voyeurisme. Ou bien en l'arrosant de copieuses doses d'hémoglobine, comme dans la nouvelle de Gloria Barberi, qui laisse plutôt indifférent alors qu'elle devrait choquer. Mais aussi en science-fiction, en décrivant par exemple des mœurs extra-terrestres comme l'a fait avec élégance et humour Sabine Wedemeyer-Schwiersch.
     Versant pourtant spécifiquement féminin de la sexualité, le thème de la maternité est curieusement absent, ou presque. Seule Sara Doke l'effleure, à travers une touchante confession adressée par une femme-guerrière à son enfant, auprès duquel elle n'a justement pas pu assumer son rôle de mère. Ce superbe texte de fantasy est aussi le seul à mettre en scène une classique histoire d'amour et de séduction.

     Que l'on ne se méprenne pas, ces commentaires préalables ne se veulent pas négatifs. Cosmic erotica est une anthologie habituelle, c'est à dire inégale, avec d'excellents textes et d'autres moins convaincants, sachant que comme toujours les textes appréciés par l'un seront peut-être ceux détestés par l'autre…

     Parmi les textes les plus séduisants, soulignons (classés par ordre de parution dans l'anthologie) Paris en juin de Pat Cadigan, où l'on suit la trajectoire envoûtante et étrange d'un personnage/créature qui gardera une bonne partie de son mystère ; Prix coûtant de Carol Ann Davis, un texte drôle car volontairement caricatural, où le sexe en batterie est devenu la norme ; Carnaval à Lapêtre de Sylvie Denis, un très beau récit sensible et fin, qui met en scène, de façon subtile car avec une apparente légèreté, un avenir où les progrès médicochirurgicaux peuvent aussi servir au maintien d'absurdes rituels comme les mutilations sexuelles ; Inversion, jeu de miroir de Birgit Rabisch, qui traite de l'eugénisme de façon hélas plausible, à travers un exemple personnel (à la façon de Bienvenue à Gattacca), mais en y ajoutant la très belle histoire d'un homme qui éprouve un trouble sentiment pour sa soeur si différente ; Cybo de Nicoletta Vallorani, curieux texte sur une sorte de transfert vampirique ; A mes filles chéries de Connie Willis, un texte insolite et particulièrement cruel sur l'inceste, peut-être le plus fort et le plus original du recueil ; enfin, La femme est l'avenir de l'homme de Joëlle Wintrebert, excellente nouvelle où, comme le protagoniste de Limbo (roman de Bernard Wolfe), une femme est confrontée dans le futur aux conséquences extrêmes du combat qu'elle a mené dans le passé, et s'en trouve terrifiée…

     Parmi les textes non cités, certains sont particulièrement décevants, comme les nouvelles de Poppy Z. Brite ou d'Anne Duguël, qui ont pourtant traité ailleurs la sexualité de façon magistrale. Les autres se lisent sans déplaisir, mais sans laisser de souvenir particulier.

     Au total, Cosmic erotica ne représente pas un événement majeur, mais il s'agit d'une anthologie intéressante et de bonne tenue.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere


     Le monde de la SF en France fête sa première anthologie réunissant des textes sur l'amour et l'érotisme, sous toutes leurs formes possibles (ou imaginables), exclusivement écrits par des auteurs féminins. Comme l'explique Jean-Marc Ligny dans sa préface, elle reflète l'importance sans cesse croissante des écrivaines au sein d'une littérature qui fut (trop) longtemps le fait presque exclusif d'écrivains masculins.
     Mais, partant de l'impérissable thème que l'anthologie entend couvrir, le résultat obtenu est fort insolite et peut exciter une curiosité de sociologue ou de psychologue. En effet, la plupart des 17 textes français, européens ou américains rassemblés ici se sont plus ou moins éloignés du sujet lui-même pour en élargir la portée à des contextes plus vastes, comme le drame de la frustration sexuelle dans les sociétés dites modernes, que Connie Willis traite de manière aussi brillante qu'écœurante ou encore la mutation des comportements au sein d'une société future par les conséquences des manipulations génétiques, comme dans la vision claire et précise que nous en donne Birgit Rabisch. Rares sont les écrivaines qui, comme Kathe Koja qui nous livre une réjouissante mise en scène du voyeurisme auditif, sont restées attachées au thème central. Cela s'explique en partie par le fait que certains textes étaient préexistants et ont fait l'objet d'une réédition dans le cadre du côté international de l'anthologie.
     L'ordre alphabétique des nouvelles est contestable, car il oblige l'anthologiste, outre au voisinage parfois malheureux d'univers vraiment éloignés, à débuter par la nouvelle à coup sûr la plus violente de toutes. Néanmoins, le texte de Gloria Barberi reste une magnifique peinture de l'Horreur, toute en blanc livide, noir opaque et rouge profond.
     L'anthologie, dans son ensemble, explose de réflexions aussi diverses que les styles des auteurs. Car bien des courants différents de la littérature de l'Imaginaire sont représentés ici, où la très poétique fantasy de Sara Doke côtoie sans complexe la morbide dystopie de Barbara Garlaschelli ou les étranges extraterrestres de Sabine Wedermeyer-Swiersch.
     Mais quelques interrogations se posent d'elles-mêmes, au fil des pages, lorsqu'on s'aperçoit de la présence ou de l'absence récurrentes de certains thèmes (l'enfance, presque entièrement oubliée, ou la douleur, véritable leitmotiv du recueil). Ainsi, chacun et chacune peut développer à sa lecture un intérêt différent de celui qu'il ou elle attendait au départ. Nombre de textes s'attachent à l'opposition des sexes et parfois à de sévères constats (discutables) sur la nature masculine, comme celui de Carol Ann Davis. En réponse à cela, Joëlle Wintrebert clôt le recueil avec une extraordinaire nouvelle traitant de la complémentarité des sexes, percutant et fort à propos contre-pied au fréquent pessimisme de ses consœurs.
     On signalera que, parfois, le texte introductif de Jean-Marc Ligny coupe l'effet de la nouvelle à laquelle il se rapporte, comme sur le texte de Jeanne Faivre d'Arcier, par exemple. Dans son commentaire sur La Démone de Tanith Lee, il ne cache pas qu'il ne tarirait pas d'éloges sur ce qui peut effectivement être considéré comme un véritable chef-d'œuvre, à (re)découvrir sans tarder.

Xavier NOY
Première parution : 1/6/2000
dans Galaxies 17
Mise en ligne le : 26/10/2001


     La particularité de cette anthologie est de ne réunir que des textes féminins sur le thème de l'amour et de la sexualité. Les traductions sont également le fait de femmes (Sylvie Denis pour l'anglais, Fabiola Mancinelli pour l'italien et Claire Duval pour l'allemand). Ces dix-sept nouvelles de science-fiction, de fantastique et de fantasy, sont remarquables dans leur diversité et leur richesse (et, aussi, dans leur inégalité qualitative...), abordant l'ensemble des thèmes liés aux propos.

     Quoi de commun entre l'extrême violence de « La Nuit de la Saint Valentin » de Gloria Barberi, où l'on se déchire dans un bain de sang, et la poésie tragique de Sabine Wedermeyer-Schwiersch (« De La Difficulté de traduire les chants d'amour Vuliworpes »), qui met en scène les amours extraterrestres ? Ce qui pourrait les réunir est la blessure, mentale ou physique, tant il est vrai qu'il n'y a pas d'amour perpétuellement radieux (ni d'histoire, d'ailleurs).

     Le machisme, s'il est encore dénoncé, notamment dans le caricatural mais efficace « Prix coûtant » de Carol Ann Davis, où l'homme prend son plaisir dans des salles où les femmes ne présentent qu'une partie de leur anatomie (sexe, fesses, bouche), n'est plus un leitmotiv. Il est certes présent dans le pensionnat carcéral de « À mes filles chéries » de Connie Willis, mais les étudiantes y manifestent cependant des appétits tout à fait en rapport avec leur âge. Mais quand Sylvie Denis aborde dans le très réussi « Carnaval de Lapêtre » le thème grave de l'excision, c'est au travers d'un texte où sensualité et liberté donnent l'image d'une sexualité sans tabou ni contrainte. Outre ses sentiments, la femme affiche aujourd'hui ses désirs. La difficulté d'aimer reste cependant au centre des préoccupations. Dans l'univers déroutant de « Pans en juin » de Pat Cadigan, des êtres qui ne sont pas ce qu'ils semblent être gavent d'informations psychiques les touristes en mal de sensations sans réussir à en saisir la teneur. L'amour est tout aussi difficile à connaître quand on habite la zone, déchet parmi les « Déchets » (Barbara Garlaschelli), ou quand on est différent : Birgit Rabisch imagine la solitude d'une femme cloîtrée, seul enfant naturel dans un monde de clones épris de perfection (« Inversion, jeu de miroir »).

     Les textes fantastiques ou de fantasy méritent les mêmes commentaires élogieux. Ils sont signés de grands noms, comme Poppy Z. Brite, Anne Duguël, Jeanne Faivre d'Arcier, Kate Koja, Tanith Lee.

     Le hasard de l'alphabet, qui seul présida à l'ordre des textes, permet à Joëlle Wintrebert de conclure sur une très belle nouvelle qui s'impose d'elle-même comme étant celle de la fin. « La Femme est l'avenir de l'homme » est une triste et belle histoire d'amour dans un univers débarrassé des hommes. Parce que Laure, une femme congelée récemment réveillée, ne parvient pas à s'adapter à cette civilisation, on tire pour elle du bain cryogénique un homme qu'elle pourra aimer. Une histoire d'Adam et Ève de la fin des temps, en somme, où le titre du poème d'Aragon prend un sens particulier.

     Jean-Marc Ligny a réalisé là une anthologie inégale (n'est-ce pas le lot de toute anthologie ?) mais d'un niveau global fort satisfaisant, qui fait la part belle aux femmes d'une manière bien plus intelligente que les quotas imposés en politique.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/5/2000
dans Bifrost 18
Mise en ligne le : 5/10/2003


     Les femmes montrent qu'elles ont du talent !
     Les anthologies de nouvelles consacrées au sexe se sont multipliées ces dernières années. Jusqu'ici, les recueils de nouvelles fantastiques étaient consacrés à des thèmes philosophiques comme la peur, la mort, la violence, ou ciblés sur des motifs surnaturels comme les vampires ou les chats. Le sexe y était considéré sous des aspects tragiques ou comme une malédiction. Le voici maintenant considéré comme une valeur positive à explorer.
     Si le sexe est devenu à la mode, l'érotisme a été réservé jusqu'à présent à des auteurs masculins. À de rares exceptions modernes près, les auteures travaillaient dans le sentimental et la romance, et leurs récits s'arrêtaient à la porte de la chambre à coucher. Mais les choses ont bien changé depuis vingt ans. Maintenant que les magazines abondent de conseils incitant les femmes à se montrer aussi performantes au lit que dans leur vie professionnelle, on ne voit pas pourquoi les femmes ne prendraient pas l'offensive. Aux États-Unis, le temps perdu a été vite rattrapé, Anne Rice et Poppy Z. Brite en sont les exemples les plus éclatants. Mais on ne savait pas grand-chose des Européennes écrivant des textes érotiques.
     Voici donc une anthologie de plus sur ce thème récent, avec 17 nouvelles dont l'originalité est qu'elles ont été écrites par des auteures (deux Allemandes, quatre Américaines, deux Anglaises, deux Belges, quatre Françaises, trois Italiennes), nouvelles pour la plupart inédites. Le lecteur masculin sera étonné — et le public féminin le sera certainement plus, moins habitué qu'il est à ce genre de littérature — à la lecture de ces créations sans tabous ni contraintes, dont la diversité d'inspiration et d'invention surprendra. Fantasmes, pulsions, sentiments, passions, déchirements, tous les refoulements possibles se trouvent libérés, aussi bien dans le psychisme surprenant que dans le sadisme le plus sanglant. L'amour est un sujet sur lequel les femmes écrivent maintenant avec autant d'ardeur dans le débridement que les hommes, et aucun sujet ne semble plus les rebuter.

     Classées dans l'ordre alphabétique des noms d'auteures (et non par thèmes), ces nouvelles intègrent les trois facteurs de l'érotisme : les aspects physiques, sexuels et fantasmatiques de l'amour. Concoctée par Jean-Marc Ligny, cette anthologie a demandé une année de recherche pour la collecte, l'écriture ou la traduction des textes, dont plusieurs sont inédits. Jean-Marc Ligny est un auteur important de l'actuelle science-fiction française. Il a écrit de nombreux romans, du cyberpunk à la fiction pour adolescents, et sur des sujets divers, parmi lesquels l'ethnologie ou la musique. Cette ouverture d'esprit se remarque dans les textes de présentation des nouvelles. Une introduction bienvenue sur le thème « l'amour crée le bonheur » situe historiquement la place des auteures dans l'histoire de la science-fiction depuis les années cinquante. Et un copieux dictionnaire des auteures termine le recueil.
     Il n'est évidemment pas possible de donner une appréciation sur chacune de ces nouvelles, dont certaines sont dues à de fortes statures comme Connie Willis, Poppy Z. Brite, Anne Duguël ou Jeanne Faivre d'Arcier. Si j'en avais trois à choisir, je retiendrais : la plus étrange, de Pat Cadigan, où des créatures venues d'ailleurs pratiquent l'amour sous forme de captation d'informations ; la plus crue, de Carol Ann Davis, avec une singulière alliance de romantisme et d'animalité sexuelle, qui nous décrit, dans un monde proche, la femme redevenue uniquement objet sexuel, qui se vend élément par élément dans une singulière industrie du sexe ; la plus étonnante, celle de Jeanne Faivre d'Arcier, qui mêle le sexe, le cirque Medrano, Shiva et les légendes hindoues. L'ordre alphabétique, s'il respecte l'égalité, a cependant comme conséquence de ne pas sérier les récits, ou de ne pas en assurer la progression. Si bien que de singuliers télescopages se produisent, qui nuisent à une saine appréciation de la valeur de certains textes.

     Il y avait jusqu'à présent, en science-fiction, en fantastique ou en fantasy, une nette prédominance masculine. Cet état de fait est en train de changer et les littératures de l'imaginaire s'affirment de plus en plus nettement. Il ne faut d'ailleurs pas oublier qu'un des premiers romans de science-fiction est dû à une femme du début du XIXe siècle, Mary Shelley, qui a écrit son Frankenstein à partir des données scientifiques de son époque.

Roland ERNOULD
Première parution : 1/9/2000
dans Phenix 55
Mise en ligne le : 1/2/2004


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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