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Neverwhere

Neil GAIMAN

Titre original : Neverwhere, 1996

Traduction de Patrick MARCEL
Illustration de Dave McKEAN

J'AI LU (Paris, France), coll. Millénaires n° 6002
Dépôt légal : octobre 1998
364 pages, catégorie / prix : 79 FF
ISBN : 2-277-26002-9   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Une rue de Londres, un soir comme un autre. La jeune fille gît devant lui sur le trottoir, face contre terre, l'épaule ensanglantée. Richard la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante. Et quand elle le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital, il a le sentiment de ne plus être maître de sa volonté. Dès le lendemain, elle disparaît et, pour Richard, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne le voient plus... Le monde à l'envers, en quelque sorte. Car il semblerait queLondres ait un envers, la "ville d'En Bas", cité souterraine où vit un peuple d'une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant. Plus rien ne le retenant "là-haut", Richard rejoint les profondeurs.

     Fable fantastique ou roman de fantasy contemporain, Newerwhere est inclassable, surprenant, original. Plein d'idées, de rebondissements, de clins d'oeil référentiels et de personnages iconoclastes.

    Prix obtenus    
Julia Verlanger, [sans catégorie], 1999

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
André-François Ruaud : Cartographie du merveilleux (liste parue en 2001)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantastique (liste parue en 2002)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantasy (liste parue en 2002)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Neverwhere , 1996, Dewi Humphreys (Mini Série TV)
 
    Critiques    
     Richard est une sorte de Peter Pan contemporain, parvenu par erreur à l'âge adulte, encombré d'un métier « convenable » et d'une fiancée fatigante. Sa rencontre avec Porte, une bien étrange jeune fille, capable « d'ouvrir » la matière, va l'entrainer dans un tourbillon d'aventures extraordinaires, dans le Londres d'En-bas (ce qui n'est pas sans inconvénient pour sa vie d'En-haut !).

     Ils y seront poursuivis par deux affreux vraiment affreux, capables de perpétrer leurs crimes en tout point de l'espace-temps : imaginez le chat et le renard de Pinocchio, revus et corrigés à la fois par Clive Barker et Charles Dickens !
     Ils rencontreront entre autres le marquis de Carabas, traverseront des stations de métro inexistantes, apprendront ce qui a causé la perte de l'Atlantide, et iront, tout comme le lecteur, de surprises en surprises…

     Un superbe livre d'aventures fantastiques, alerte et très imaginatif, bourré de clins d'oeil, avec ce qu'il faut de féérie, ce qu'il faut d'horreur, et plus qu'il ne faut d'humour. Neil Gaiman parvient pour son premier roman en solo à écrire une histoire universelle, comme l'est Peter Pan, où l'itinéraire du héros aboutit à la remise en question de sa vie et de ses valeurs, au profit de celles de l'enfance. Un hymne à l'imagination à découvrir absolument.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/11/1998 nooSFere


     Jusqu'à ces dernières années, les titres de noblesse de Neil Gaiman résidaient surtout dans le domaine du scénario  : on lui doit des bandes dessinées telles que Orchidée noire (traduite chez Zenda), Mr. Punch (traduite chez Reporter) ou, surtout, The Sandman, saga de fantasy aussi longue que subtile et étonnante, en cours de traduction chez Le Téméraire. Plus récemment, Gaiman a co-signé un épisode de la série TV SF Babylon 5 (durant la cinquième saison, pas encore diffusée sur C+).
     Mais la prose démangeait notre scénariste, et il s'est mis petit à petit à placer des nouvelles dans diverses anthologies On découvrira un de ces jours chez J'ai Lu un passionnant recueil de nouvelles (lire déjà « Chevalerie », in Dossier Fantasy chez Bifrost/Etoiles Vives). On a déjà pu lire le roman De bons présages, roman co-écrit avec Terry Pratchett, en traduction chez J'ai Lu. Et voici venir Neverwhere premier roman solo de Neil Gaiman, qui sera prochainement publié dans la nouvelle collection grand format « Millénaires »
     Ayant sauvé une jeune fille étrangement nommée Porte, Dick Mayhew va pénétrer bien malgré lui dans un univers parallèle au nôtre  : sous Londres – dans les souterrains, les égouts, les catacombes, les stations de métro fermées, les anciennes rivières – mais aussi dans tous les recoins secrets de la capitale britannique – ruelles oubliées, maisons vides, toits de gares et usines désaffectées – s'est érigée une autre société, magique et inquiétante à la fois. Une société calquée sur le plan du métro londonien où les noms des stations les plus connues prennent une autre dimension  : il y a bien des moines à Blackfriars, un ange à Angel, et un chevalier gardant un pont à Knightsbridge.
     Laissant derrière lui Jessica, sa pénible petite amie, Dick découvre sous notre réalité citadine un monde de luttes de pouvoir de créatures troublantes, maléfiques, où les rencontres insolites et les lieux inattendus sont l'ordinaire d'un royaume invisible au commun des mortels.
     Neverwhere est à la fois un roman d'apprentissage d'un genre inédit. Le lieu de création d'une nouvelle mythologie pour la plus grande cité d'Europe, et – en ce qui concerne la France – le premier représentant traduit d'un sous-genre aussi riche que florissant de la fantasy contemporaine  : la fantasy urbaine.
     Une œuvre profondément originale et totalement passionnante.
     Neverwhere fut rédigé en parallèle du feuilleton TV du même titre (diffusé à la BBC et devant bientôt être adapté au cinéma) Les versions publiées à l'époque, tant en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis, n'étaient pas tout à fait abouties. Il faut donc noter avec intérêt que le roman publié par J'ai Lu est la traduction du manuscrit définitif version corrigée encore inédite en VO.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/10/1998 dans Bifrost 10
Mise en ligne le : 15/1/2001


     Je lisais pas plus tard qu'hier (ce qui, lorsque vous lirez ces quelques lignes, n'aura plus aucune importance, mais bon, passons...) dans ce que l'on appelle un journal d'information généraliste que (en résumé et pas vraiment dans ces termes, mais bon, passons deuxième...) Neil Gaiman était un bon gars, qu'il nous servait une bonne petite histoire avec son Neverwhere, un truc enlevé avec des personnages sympas tout plein et un Londres souterrain aux mystères insondables. C'est évidemment une manière de voir les choses. Dire que Neverwhere est un roman soporifique qui recycle des recettes de Clive Barker en oubliant d'y intégrer la flamboyante démesure de l'auteur des Livres de Sang en est une autre.
     Lorsque j'ai reçu la mission (oui, chez Phenix, nous sommes de véritables missionnaires du fantastique, pas de simples exécutants aux doigts entachés de vile concession commerciale, mais bon, passons troisième...) de découvrir la vigueur de plume du sieur Gaiman, je me suis rapidement tourné vers ses origines (celles de l'homme, pas de sa plume) c'est-à-dire la bande dessinée. Et j'ai découvert un auteur ma foi assez intéressant et aux obsessions louables. Plonger dans Neverwhere fut une tout autre affaire. Car plongée il y eut. En apnée. Et je vous assure que c'est douloureux par moments. À un point tel que j'ai failli à plusieurs reprises faire ce qui ne m'arrive qu'en de rares occasions : refermer le volume avant la fin et laisser à d'autres le soin de reprendre le travail à zéro. Mais je vous parlais de mission...
     J'ai donc ramé jusqu'à la dernière page avec l'espoir de découvrir autre chose que la pâle copie de Clive Barker que je découvrais dans les premières pages. En vain. Personnellement, me voilà convaincu que Gaiman a raté son entrée dans le milieu du roman.
     Mais, comme c'est toujours le cas lorsque je rejette un bouquin, il reste la possibilité, bien réelle, que je sois passé à côté de la montre en or, que les pages ne se soient pas ouvertes à moi, que la traduction (pour le moins laborieuse) ait fusillé le cheval sur la ligne de départ... Allez savoir.
     Bon, j'attendrais le second roman pour me faire une idée.
     En attendant, celui-là, approchez-le tout de même avec circonspection.
     Je vous aurais prévenu.

Christophe CORTHOUTS
Première parution : 1/3/1999 dans Phenix 50
Mise en ligne le : 3/11/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Fantastique (2000 - 2007) (2001)


     Décidément, Neil Gaiman est un auteur intéressant. Tous ses livres sont source d'émerveillement (sauf peut-être De bons présages, coécrit avec Terry Pratchett, et que personnellement j'avais trouvé moins intéressant, du moins dans sa traduction française), car il joue avec subtilité sur les cordes du fantastique, de l'émotion, de l'humour et de la nostalgie. Neverwhere ne déroge pas à la règle.
     Richard Mayhew mène à Londres une existence tranquille, entre son travail de cadre – intérêt moyen, mais bonne ambiance – et sa fiancée Jessica, une femme à l'esprit très pratique. Aussi, lorsque Richard découvre sur le trottoir une fille évanouie et mal vêtue, il saisit cette occasion d'échapper à la routine quotidienne et il la ramène chez lui, où elle lui révèle son nom : Porte. Elle se refuse à lui en dire plus, mais il va bientôt de surprise en surprise, car elle semble avoir la faculté de parler aux pigeons et aux rats. De plus, elle le charge d'une mission : aller à la recherche d'un certain marquis de Carabas. Richard s'acquitte de sa mission, mais ce faisant découvre un Londres qu'il ne connaissait pas  : étonnant, envoûtant et plein de détours irréels et déroutants. Puis Porte s'en va en lui faisant promettre de ne pas la suivre. Richard retourne alors à sa vie normale, mais s'aperçoit au bout de quelque temps qu'il devient peu à peu invisible aux yeux de ses connaissances. Il décide alors de retrouver Porte, mais pour y parvenir il doit gagner le Londres d'En Bas, ce royaume obscur, étrange et fascinant, peuplé de créatures fantasmagoriques. Un bien périlleux voyage commence alors pour Richard.
     Tout, dans ce roman, est pur enchantement. L'humour, discret mais omniprésent, essentiellement lié au caractère empoté de Richard. La finesse de la description des personnages, qui ne sont jamais tout à fait ce qu'ils paraissent être (aussi bien le Marquis que Chasseur, le garde du corps a priori sans états d'âmes, ou le comico-terrifiant duo formé par M. Croup et M. Valdemar). L'intrigue est menée tambour battant, de main de maître, et jusqu'au bout, car Gaiman sait conclure son récit en beauté, même si le dénouement nous laisse tristes, nous qui vivons dans le monde du Richard du début du livre. Le travail réalisé sur Londres, enfin, est exemplaire : la ville occupe une place centrale dans le livre, bien plus qu'un personnage à part entière. De plus, le Londres d'En Bas permet à l'auteur de superposer deux cités, l'une réelle, l'autre fantasmagorique et gothique, et de faire dialoguer ces deux facettes de la même mégalopole. Neil Gaiman se livre ici à un travail proche de ceux de Fritz Leiber sur San Francisco dans Notre-Dame des Ténèbres, et de Dan Simmons sur Calcutta dans Le chant de Kali. Bref, un très grand roman, dépaysant à souhait bien qu'il se déroule dans une ville mille fois décrite. Un livre qui mérite amplement son succès.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/11/2001
nooSFere


 

Edition J'AI LU, Fantastique (2000 - 2007) (2001)


     Richard Mayhew mène une petite vie tranquille à Londres. Bientôt fiancé, il a un travail stable dans la finance ; son chemin semble tracé et sans danger. Mais ce petit monde bien rangé va basculer lorsqu'une jeune fille blessée apparaît comme par magie sous son nez, au beau milieu de la rue. En effet, après qu'il lui ait porté secours, sa vie semble avoir perdu toute consistance : plus personne ne le reconnaît, ni ses amis, ni sa fiancée ; il n'a plus d'existence légale, et se retrouve mis à la porte de son propre appartement.
     Richard va alors découvrir qu'une ville cohabite avec le Londres que nous connaissons tous : une cité souterraine, féodale, magique, et surtout, extrêmement dangereuse. Pourtant, s'il veut récupérer sa véritable vie, Richard n'a d'autre choix que d'essayer de retrouver la jeune fille blessée au sein de ce Londres d'En Bas ; peut-être pourra-t-elle l'aider à comprendre ce qui lui est arrivé.
     Dès les premiers chapitres, le lecteur familiarisé avec les littératures de l'imaginaire comprend vite que malgré son décor contemporain, Neverwhere est un roman de pure fantasy. Son histoire suit de très près le « Voyage du Héros », décrit notamment par Vogler. Par exemple, au cours de son exploration du Londres d'En Bas, Richard rejoindra un groupe de compagnons unis pour une cause commune ; il traversera plusieurs épreuves afin de rapporter des artefacts nécessaires à l'accomplissement de sa quête héroïque ; et enfin, cette quête va faire évoluer sa mentalité. On retrouve également les profils de personnages habituels de la fantasy, de la jeune fille fragile qu'il faut protéger à la guerrière dont la réputation est légendaire. En somme, les événements et les caractères sont très classiques, voire archétypaux. Qu'importe : la recette a fait ses preuves, et Gaiman sait très bien s'en servir.
     Mais surtout, là où le livre montre véritablement sa richesse, c'est dans la peinture du Londres d'En Bas. La superposition des deux villes est extrêmement réussie, car elle est très cohérente : une foule de petits détails vient donner de la vraisemblance à ce monde étrange. De ce fait, le lecteur entre sans aucune difficulté dans le récit. Il ira également de surprise en surprise à mesure qu'il suivra les pérégrinations de Richard et de ses amis ; il n'y a pas deux fiefs ni deux endroits du Londres d'En Bas qui se ressemblent.
     Enfin, Gaiman dose parfaitement bien le rythme de ses péripéties et de ses révélations : Neverwhere est une histoire dépaysante, parfois drôle ou tendre, souvent magique, et toujours étonnante. Achetez sans plus tarder votre ticket de métro : un voyage au Londres d'En Bas s'impose !

Lionel DAVOUST (lui écrire)
Première parution : 1/9/2001
dans Galaxies 22
Mise en ligne le : 15/10/2002




 
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