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Les Loups-garous de Londres

Brian STABLEFORD

Titre original : The Werewolves of London, 1990
Cycle : David Lydyard vol.

Traduction de Pierre K. REY
Illustration de Matthieu BLANCHIN
J'AI LU, coll. Épouvante n° 3422
Dépôt légal : mars 1993
512 pages, catégorie / prix : 7
ISBN : 2-277-23422-2
Genre : Fantastique 


Couverture

    Quatrième de couverture    
     Brian Stableford
     Né en Angleterre en 1918, biologiste et sociologue, il abandonne une brillante carrière universitaire pour se consacrer, avec, tout autant de succès, à la littérature. Il est l'auteur de plus de quarante romans.

     Egypte, 1872. Assiégé par des visions obsédantes de l'enfer, David délire. Au même moment, en Angleterre, Gabriel, orphelin placé chez les les sœurs du manoir de Hudlestone, se découvre d'étranges pouvoirs.
     Un homme, un enfant... tous deux possédés, propulsés dans un univers peuplé de songes sataniques et d'anges déchus, où règne le sphinx et le démon-araigne... tandis quà Londres, les loups-garous veillent, sous les ordres de la superbe Mandorla.
     Elle fait enlever David et aide Gabriel à s'échapper de l'orphelinat, dans l'espoir d'utiliser leurs pouvoirs surnaturels pour détruire le monde... Un féroce combat s'engage entre les forces de l'ombre et les lumières de la raison, entre superstition et scepticisme. Gabriel, devenu ange crucifié, sauvera-t-il l'humanité ?


    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     Égypte, 1872. David Lydyard a été mordu par un serpent durant une hasardeuse expédition archéologique, et il délire, rêvant des anges et des démons, d'un Satan voulant se repentir mais auquel le pardon est toujours refusé, en un supplice millénaire qui n'est pas sans rappeler ceux de Tantale et de Prométhée. Cependant, Tallentyre, le père adoptif de David doit affronter un danger incroyable — à moins qu'il ne s'agisse d'une hallucination : un sphinx monstrueux fait disparaître un des archéologues, tue le guide et s'attaque à Tallentyre ! Hallucination ? Au matin, leur guide, le mystérieux père Mallorn, est bien mort. Mais qui est le jeune homme qu'il secourt dans le désert — et qui disparaît au cours de la croisière de retour ? De retour à Londres, Lydyard et Tallentyre doivent affronter des dangers de plus en plus réalistes, et explorer la face cachée de notre civilisation — les loups-garous de Londres ne sont pas seulement une chanson populaire, un saint au moins n'appartenait pas à la race humaine mais à celle des faunes, certains occultistes sont réellement en contact avec... autre chose, l'évangile d'un pauvre homme mort dans un hôpital psychiatrique n'est peut-être pas si dément que ça, un jeune garçon persuadé d'être possédé par un démon personnel va jouer un rôle déterminant...

     Stableford joue avec habileté des formes traditionnelles du romanesque : échanges épistolaires, extraits de documents imaginaires, et bien entendu narration habituelle. On parlera certainement de steampunk : cette étiquette avait été créée par jeu par Tim Powers et ses amis (Jeter et Blaylock) pour définir leurs oeuvres mêlant fantastique, pseudo-SF archaïque et cadre victorien. Qu'on se souvienne du magistral Les voies d'Anubis. Et force est de constater qu'au premier abord, ce roman de Stableford s'inscrit bien dans ce mouvement. Tout y est : un Londres de l'ère Victoria criant de vérité, une Égypte mystérieuse et encore largement inconnue, des mystères archéologiques, des cultes millénaires, des secrets ésotériques, du spiritisme, des créatures différentes (le vieux mythe du loup-garou, remis ici d'actualité, en plein coeur de la capitale britannique, de la même manière que tant d'autres écrivains — et Stableford lui-même, d'ailleurs — ont pu s'attacher à réinterpréter le mythe des vampires), des gentlemen parfaitement bien élevés confrontés à des dangers terrifiants, des ladies cultivées, des envolées enfiévrées de mysticisme... Pourtant, alors que je trouvais abusive l'insertion du roman de Powers sous l'étiquette SF (quand à mon sens leur nature essentiellement non rationnelle en fait une œuvre de fantasy), j'estime qu'à l'inverse Les loups-garous de Londres (et sa suite, L'ange de la douleur) n'auraient sans doute pas dû être classés en « Épouvante » mais bel et bien en SF. Car l'ère Victoria n'est pas seulement l'ère de l'obscurantisme, du spiritisme, des expériences occultes. C'est également l'ère de la rationalité, des débuts de la technologie. Les deux n'étant, bizarrement, pas toujours incompatibles : voir le Frankenstein de Mary Shelley, voir l'auteur de ce maître de la logique qu'est Sherlock Holmes, Conan Doyle, s'adonner à l'ésotérisme...

     Brian Stableford n'est pas de ces écrivains qui ont abandonné le « camp » de la SF pour passer dans celui du fantastique pur et dur : en parfait auteur de science-fiction, il demeure toujours parfaitement logique, sa démarche intellectuelle n'est pas celle d'un mystique, d'un religieux exalté, c'est bien au contraire celle d'un athée résolu, d'un rationaliste farouche. L'univers qu'il bâtit sous nos yeux n'est pas celui auquel nous sommes habitués — il n'en demeure pas moins explicable, structuré, scientifique. Cette vision typiquement science-fictive d'une problématique habituellement fantastique n'en donne que plus de force à une œuvre magistrale.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/8/1993 Yellow Submarine 103
Mise en ligne le : 5/3/2004


 

 
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