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    Fiche livre    

Sociales fictions - Les androïdes rêvent-ils d'insertion sociale ?

Christophe EVANS & Sylvie OCTOBRE & François ROUET

Textes réunis par Gérard KLEIN


Science Fiction  - Illustration de François ROUILLER
BREAL, dépôt légal : septembre 2004
288 pages, catégorie / prix : 22 €, ISBN : 2-7495-0065-6
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Les androïdes rêvent-ils d'insertion sociale ? Que dirait E.T. s'il décrivait le monde des hommes tel un chercheur en sciences sociales ? Les aliens sont-ils bien ceux que l'on pense ? La société a-t-elle trouvé sa forme la plus aboutie chez les humains ?
     Au fil de douze nouvelles de science-fiction, sélectionnées par Gérard Klein et couvrant une période allant de 1955 à 2002, deux sociologues et un économiste, Sylvie Octobre, Christophe Evans et François Rouet atterrissent ainsi dans des mondes étranges — et commentent les textes de J-B Morton, Harry Harrison, Isaac Asimov, Ann Warren Girffith, Robert Sheckley, William Gibson, Jean-Pierre Hubert, Lee Hoffman, Kurt Vonnegut Jr, Cami, Jacques Sternberg.
     Et si toute l'économie capitaliste n'était finalement... qu'une bulle de savon ?


    Sommaire    
1 - Gérard KLEIN, Avant-propos, pages 4 à 9, Introduction
2 - J(ohn Cameron Audrieu) B(ingham Michael) MORTON, A la queue ! (On the Way to her Sister), pages 12 à 18, trad. Roger DURAND
3 - Mimétisme et soumission volontaire, pages 19 à 27, Article
4 - Harry HARRISON, Portrait de l'artiste par lui-même (Portrait of the artist), pages 28 à 38, trad. Paul ALPÉRINE
5 - Travail : en avoir ou pas, pages 39 à 49, Article
6 - Isaac ASIMOV, Droit électoral (Franchise), pages 53 à 68, trad. (non mentionné)
7 - A valeur citoyenne, pages 69 à 77, Article
8 - Ann Warren GRIFFITH, Auditions forcées à perpétuité (Captive Audience), pages 78 à 92, trad. (non mentionné)
9 - L'Inflation consumériste, pages 93 à 101, Article
10 - Robert SHECKLEY, Le Coût de la vie (Cost of Living), pages 102 à 112, trad. (non mentionné)
11 - Nous qui désirons sans fin, pages 113 à 123, Article
12 - William GIBSON, Gravé sur chrome (Burning Chrome), pages 124 à 146, trad. Jean BONNEFOY
13 - Christophe EVANS & Sylvie OCTOBRE & Philippe ROUYER, Réseaux numériques, culture informatique et liens sociaux, pages 147 à 157, Article
14 - Jean-Pierre HUBERT, Le Temps d'aimer est bien court, pages 158 à 180
15 - Ah! jeunesse..., pages 181 à 189, Article
16 - Lee HOFFMAN, Dans le silence du soir (Soundless Evening), pages 190 à 196, trad. (non mentionné)
17 - Représentations sociales de l'enfance et démographies, pages 197 à 205, Article
18 - Kurt Jr VONNEGUT, Pauvre surhomme (Harrison Bergeron), pages 206 à 214, trad. Christine RENARD
19 - Egalitarisme inégalitaire, pages 215 à 223, Article
20 - Henri CAMI, Toujours plus vite, ou monsieur fait le marché, pages 224 à 228
21 - Christophe EVANS & Sylvie OCTOBRE & Arnauld ROUECHE, Emplettes planétaires, pages 229 à 239, Article
22 - Robert SHECKLEY, Les Monstres (The Monsters), pages 240 à 252, trad. Alain DORÉMIEUX
23 - Cultures et rencontres intellectuelles, pages 253 à 263, Article
24 - Jacques STERNBERG, Comment vont les affaires, pages 264 à 276
25 - Le Savon : une singulière économie, pages 277 à 287, Article
 
    Adaptations (cinéma, télévision, théâtre, radio, jeu vidéo, ...)   
Harrison Bergeron , 1995, Bruce Pittman (d'après le texte : Pauvre surhomme), (Téléfilm)
 
    Critiques    
     « Peut-on apprendre quelque chose en lisant de la science-fiction ? » s'interroge Gérard Klein dès la première ligne de sa préface. Pour qui aurait encore un doute à ce sujet, ce splendide petit livre apporte une réponse sans équivoque, au moins dans le domaine des sciences humaines et de l'économie.

     L'ouvrage se présente comme un recueil de nouvelles, choisies pour leur valeur pédagogique, chaque texte étant suivi d'un article rédigé par un économiste (François Rouet) et par deux sociologues (Christophe Evans et Sylvie Octobre) où se mêlent commentaires de la fiction qui précède, statistiques et données économiques rapportées à nos sociétés, réflexions sociologiques ou philosophiques, prospective, etc. Le tout abondamment illustré de citations, de définitions, de diagrammes, de schémas, d'images de films, d'extraits de bandes-dessinées, ainsi que par les excellents dessins de François Rouiller.

     Il suffit de consulter le sommaire pour constater que l'ouvrage aborde tous les grands sujets de sociétés actuels : manipulations individuelles et collectives, chômage et image du travail, citoyenneté et dépolitisation, consommation et communication, etc. Jusqu'à l'ultime questionnement : « Où va-t-on ? »

     Le plus remarquable est la limpidité des exposés, exprimés dans un langage clair, évitant le jargon technique, avec une pédagogie qui pourrait servir de modèle à tous les enseignants. Certes, l'ouvrage est didactique, mais, pour une fois, ce didactisme n'est pas pesant mais plutôt ludique — grâce à la nouvelle proposée en illustration du propos et à l'abondante iconographie. On sort de l'ouvrage avec des idées plus précises, mieux cadrées, sans pour autant que les auteurs nous aient asséné un quelconque credo sur le devenir de nos sociétés. En réalité, chaque article pose davantage de questions qu'il n'apporte de réponse, exposant les faits et les choix auxquels nos sociétés ont à faire face, sans prendre parti pour un modèle particulier.

     Le seul regret pourrait être le choix de ne pas présenter les nouvelles dans leur version intégrale, mais on comprend bien sûr qu'il s'agit de répondre à des impératifs de place et que le but premier de l'ouvrage n'est pas de donner à lire des récits de science-fiction, même s'il peut à terme s'avérer un excellent moyen de faire découvrir le genre à un plus vaste public.

     Bénéficiant d'une présentation et d'une mise en page particulièrement attrayantes, exemplaire par sa clarté et sa précision, voilà un ouvrage de vulgarisation qui devrait donc être mis entre toutes les mains et introduit de bonne heure dans les écoles.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 14/11/2004
nooSFere


     L'idée est à la fois insolite et naturelle : faire de la S-F le prétexte à un manuel d'introduction à quelques thèmes de sociologie et d'économie. Naturelle, parce que les variations sur les sociétés humaines nourrissent bien des récits de S-F, et plus particulièrement ceux des années 50 qui dominent dans ce recueil (8 sur 12 ont été publiés à l'origine entre 1952 et 1964) ; insolite, parce que ce livre est un objet hybride, dans lequel le texte pédagogique dépasse en volume celui des nouvelles, et s'adresse non à un public d'amateurs de S-F, mais plutôt de lycéens de terminale — son éditeur est d'ailleurs aussi connu dans le domaine scolaire, qu'il est absent du littéraire (à l'exception des livres pour la jeunesse).

     La main de Gérard Klein (au-delà de sa brève et lucide introduction) se sent dans le choix des nouvelles, dont pas moins de cinq proviennent du seul volume Histoires de demain de la « Grande anthologie de la Science Fiction » du Livre de Poche (1974), et bien sûr dans les préoccupations économiques. L'emballement de la consommation, qui a frappé les esprits dès les années 50, constitue le ressort de pas moins de quatre textes (dont l'étonnant « Toujours plus vite ou Monsieur fait le marché », qui, dès 1930, caricaturait la mondialisation sous la plume de l'humoriste français Cami). Explosion de la population et, de façon corrélée, soumission volontaire à un pouvoir de plus en plus odieux, sont sous-jacents à un autre quatuor de textes, tandis que les autres passent en revue le machinisme (et le chômage qu'il entraîne), les réseaux informatiques, le conflit des générations (version moderne : les vieux ne veulent plus vieillir, et ne laissent pas la place), et le choc des cultures (ce dernier mis en scène avec un humour ravageur par Scheckley dans un texte vieux de 50 ans, qui est pourtant encore plus d'actualité aujourd'hui : les extraterrestres qui trucident périodiquement leurs femmes sont poussées par ces dernières à exterminer ces Terriens odieusement immoraux, pour qui la gent féminine a droit à la vie ; pensez aux islamistes fondamentalistes des années 2000).

     J'ai parfois eu l'impression que les développements sur les thèmes socio-économiques étaient un peu lourds. Mais ils ont été écrits dans le souci d'initier à des domaines d'étude, plus que dans celui d'éclairer les textes littéraires. Cela n'exclut pas l'humour, ou des remarques intéressantes. De façon générale (mais peut-être est-ce le reflet de mes propres lacunes), je les ai trouvés plus intéressants sur leur sujet, que dans l'analyse — assez platement explicative — des textes.

     L'amateur de S-F à l'état pur verra ce livre comme une curiosité ; aucun des textes n'est inédit, et pour des raisons de place disponible, et peut-être aussi pour les concentrer sur leur propos principal, les textes ont subi des coupures qui vont du membre de phrase à la demi-page, indiquées en général (j'ai relevé deux omissions sur les trois nouvelles que j'ai examinées de près). Cela a parfois tendance à donner un côté sec, hâtif, à des textes qui, dans le cas de ceux des années 50, sont déjà écrits avec beaucoup de concision. C'est plus gênant quand, dans le cas du « Coût de la vie » de Sheckley, le commentaire cite une phrase (« au lieu de courir toute la journée pour pousser une demi-douzaine de boutons différents », p. 118) qui figurait... dans un paragraphe qui a été coupé ! (en bas de la page 109).

     A ces petites négligences près, le livre est un objet bien fait, agréablement présenté, dont l'iconographie utilise largement la couleur. Et surtout, toutes les nouvelles sont illustrées par d'admirables dessins de François Rouiller, dont on ne se lasse pas. Si ça ne branche pas vos neveux sur la S-F, ça leur fera peut-être supporter avec plus de patience leurs cours d'économie !

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/1/2005
dans Bifrost 37
Mise en ligne le : 5/2/2006


     De la SF à la Sociologie

     Partir de nouvelles de science-fiction pour mettre en évidence des faits de société. Voilà le pari pris — et réussi — par les éditions Bréal, dans un livre réunissant économistes et sociologues. Sous la direction de Gérard Klein (économiste), Christophe Evans et Sylvie Octobre (sociologues) et François Rouet (économiste) apportent leurs commentaires éclairés sur des textes de SF sélectionnés par Gérard Klein. Excellente idée, qui montre à quel point, en exagérant des faits de société, les auteurs de SF sont capables de deviner parfois l'évolution de nos communautés humaines. La dérive de la démocratie dans Droit électoral (1955) d'Isaac Asimov ou les travers de la société de consommation dans Le coût de la vie (1952) chez Robert Sheckley en sont deux exemples parmi d'autres. Graphiquement très étudié, abondamment illustré, ce livre est un superbe objet, par ailleurs enrichi des dessins de notre ancien chroniqueur François Rouiller. On regrettera peut-être que, pour les besoins de la démonstration, les textes aient été coupés. Mais les coupures et les références renvoyant au texte intégral sont clairement indiquées. Applaudissons plutôt l'idée et l'audace d'un tel projet, parfaitement abouti, qui s'appuie sur l'imaginaire pour illustrer sérieusement des thèmes qui concernent chacun. Saviez-vous que vous avez quatre fois plus de chance de recevoir un franc demandé à un passant après lui avoir d'abord demandé l'heure ?

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 14/12/2004
24 Heures
Mise en ligne le : 3/3/2009


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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