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Le Temps n'a pas d'odeur

Gérard KLEIN



Illustration de MANCHU

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7269
Dépôt légal : novembre 2004
Roman, 224 pages, catégorie / prix : 6 €
ISBN : 2-253-11167-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ils étaient sept qu’Altaïr avait parachutés dans le temps.
     Sept, entraînés à toutes les formes de combat, dotés des plus terribles armes, aguerris dans la rectification du passé.
     Leur mission ? Stériliser un monde. Changer l’Histoire d’Ygone, petite planète paisible, grande menace dans l’avenir pour la Fédération galactique.
     Leur destin, la défaite...
     Une guerre dans le temps par l’auteur du Gambit des étoiles et des Seigneurs de la Guerre.

    Sommaire    

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Association Infini : Infini (3 - liste francophone) (liste parue en 1998)

 
    Critiques    
     Ce volume, c'est un peu un objet à la Orson Welles. Vous savez, avec un générique du genre : « J'ai écrit ce livre. J'en ai signé la préface, et je l'ai édité. Mon nom est Gérard Klein. »
     Décortiquons cela dans l'ordre inverse : Gérard Klein qui édite (ou plutôt réédite) Gérard Klein, le fait en lui-même n'a rien de surprenant, car il n'est pas spécialement nouveau ; de surcroît, les mérites littéraires de l'auteur ne sont plus à démontrer. La chose est cependant assez piquante pour qui connaît la position de l'intéressé sur la production hexagonale de science-fiction : il n'en édite jamais, au motif qu'elle ne serait pas au niveau de ses collections. Il faut donc que Gérard Klein puise dans ses propres écrits de jeunesse les rarissimes entrées francophones de son catalogue au Livre de Poche (L'œil du fouinain, de Roland C. Wagner, constitua une entorse notable — et justifiée — à ses habitudes, mais elle remonte déjà à mars 2002). Sourions...
     La préface, ensuite. Dans cet authentique exercice de style asimovien, Gérard Klein aborde un unique sujet : Gérard Klein (l'homme, l'économiste, le romancier), en faisant alterner sur son propre épiderme, à l'instar de l'auteur de Fondation, petites piques et généreuses couches de pommade (dans une proportion approximative d'une pour trois). Mais ce témoignage, outre qu'il est extrêmement plaisant à lire, apporte avant tout un éclairage intéressant sur l'une des figures incontournables du genre dans notre pays... De fait, nul doute que ses fans s'en délecteront, et peut-être même certains frôleront-ils la crise de tachycardie en apprenant au détour d'un paragraphe que l'homme pourrait bien avoir un manuscrit de roman sur le feu, le premier depuis plus de trente ans (« Il vous est permis d'espérer », laisse-t-il planer).

     Le roman, enfin. Écrit selon l'auteur en 1960, il connaîtra sa première publication trois ans plus tard dans la collection Présence du futur. L'histoire est celle d'un commando temporel de sept hommes (Erin, Arne Cnossos, Mario, Livius, Shan d'Arg, Nanski, et leur chef, Jorgenssen), chargé par la Fédération galactique de se rendre sur la planète Ygone, pour modifier le cours de son histoire. Même s'ils ignorent les implications réelles de leur mission, les sept voyageurs de l'espace-temps sont au moins sûrs d'une chose : Ygone, malgré son apparence inoffensive, doit constituer une menace à long terme pour la Fédération — sinon, ils n'auraient jamais été envoyés en mission sur place. Mais ce qui s'annonçait comme un petit réglage de routine tourne au vinaigre lorsque les sept équipiers sont attaqués par un adversaire invisible, doté d'un matériel au moins aussi perfectionné que le leur, qui parvient à détruire leur unique moyen de rentrer chez eux. Et lorsqu'ils arrivent enfin à dessouder un de leurs assaillants, il se trouve être le sosie parfait de l'un d'entre eux, Mario. Dans quel piège sont-ils tombés ? Et arriveront-ils à quitter ce monde étrange ? Jorgenssen espère élucider une partie de ces mystères en allant, seul, à la découverte de cette planète et de ses indigènes...
     Roman court et bien rythmé, Le temps n'a pas d'odeur est d'une lecture très agréable. Malgré sa brièveté, on y rencontre nombre de bonnes idées (écologie, sociologie, paradoxes temporels...), qui, évidemment, auraient pu être développées davantage pour donner un roman plus épais. Mais la mode n'était alors pas aux pavés, et il est plutôt rafraîchissant de nos jours de redécouvrir de tels textes, qui nous rappellent qu'ont peut très bien être aussi inventif que divertissant en moins de deux cents pages. Le chroniqueur conseille donc ce roman à tous les lecteurs familiers de la collection SF du Livre de Poche : non seulement, en dépit de la nationalité de son auteur, il ne dépare pas le catalogue (le texte aurait été signé Silverberg que je n'y aurais vu que du feu), mais en plus, cela fera sans doute plaisir au préfacier, qui a manifestement très envie qu'on (re)découvre la fiction d'un auteur dont l'éditeur a, par chance, les moyens de ses ambitions !

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 3/1/2005 nooSFere


     C'est un classique de la science-fiction française que publie, après Denoël et la collection Présence du futur, le Livre de Poche. Une occasion, pour ceux qui ne l'auraient pas encore lue, de découvrir cette subtile variation sur le voyage dans le temps. Les héros sont sept membres d'une police temporelle, au service de La Fédération Conquérante qui règne sur six mille systèmes planétaires. Leur mission, lorsqu'ils quittent Altaïr, est très simple : modifier l'histoire d'Ygone, une planète sur laquelle ils ne savent pas grand-chose sinon qu'elle ne dispose que d'une technologie rudimentaire. Pourtant la mission ne tarde pas à mal tourner. Des inconnus lourdement armés attaquent les sept. Ces derniers tuent l'un des agresseurs qui s'avère être le double parfait de l'un des leurs, Mario. Autre sujet d'angoisse pour Jorgenssen, le chef de la mission, Ygone se révèle être une société idéale, vivant en harmonie avec la nature, et plus précisément avec les arbres qui fournissent aux habitants tout ce dont ils ont besoin, y compris leurs rêves. Une telle sérénité en émane que Jorgenssen, chargé de les faire disparaître, se sent une âme de criminel.

     Avec ce roman, écrit en 1963, Gérard Klein propose à la fois une intrigue haletante et un conte philosophique. Aux thèmes classiques (le paradoxe temporel, la police du temps, l'empire galactique et la manipulation de l'histoire), il superpose une vision du monde très proche des idéaux de nos contemporains mais novatrice pour l'époque. En 1963, en effet, l'écologie n'était pas encore devenue une force politique et peu de gens se préoccupaient de l'environnement. La description d'Ygone, société utopique, renvoie vers Jean-Jacques Rousseau et le mythe du bon sauvage que la civilisation et la science ne peuvent qu pervertir. Mais le roman n'est pas à retenir simplement pour son caractère précurseur. Sur un thème toujours d'actualité, Gérard Klein offre un roman humaniste, subtilement construit. Un roman que tout amateur de science-fiction se doit de posséder, et surtout de dévorer.

Gilbert MILLET
Première parution : 1/3/2005 dans Galaxies 36
Mise en ligne le : 15/1/2009


 
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