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Invisible

Fabrice COLIN

Première parution : Paris : Mango Jeunesse, Autres Mondes, Janvier 2006

Illustration de MANCHU

MANGO Jeunesse , coll. Autres Mondes n° 36
Dépôt légal : janvier 2006
Première édition
Roman, 216 pages, catégorie / prix : 9 €
ISBN : 2-7404-2075-7
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Rio de Janeiro, horizon 2020. Tiago a quinze ans ; il vit dans les bidonvilles misérables qui surplombent la ville. Au cours d'une attaque de fourgon blindé commanditée par son gang, lui et son ami Douglas entrent en possession d'un tube mystérieux appartenant à l'armée. Ce qu'ils ignorent — comment le sauraient-ils ? — , c'est que cette éprouvette contient des milliards de nanorobots : des machines infiniment petites, capables de se multiplier, de s'infiltrer dans n'importe quel organisme et de le transformer à leur guise. A l'instant où le tube se casse, il est déjà trop tard : comment se défendre contre une menace invisible ?
Critiques
     Ça ne sent toujours pas la rose dans les favelas de Rio en 2020, et les gangs de gamins rôdent à la recherche du coup qui rapporte. Ainsi Tiago et Douglas, qui braquent un fourgon blindé et se retrouvent en possession d'un mystérieux tube. Mais leurs vrais ennuis commencent lorsque le tube se casse : Tiago et Douglas ont libéré des nanorobots incontrôlables dans l'atmosphère. Des nanorobots agressifs qui prennent possession des corps de leurs hôtes et les transforment en machines à tuer...

     Fabrice Colin s'attaque à une branche de l'avancée scientifique, la nanotechnologie, qui fait particulièrement peur car ses applications pourraient tout à la fois servir l'humanité pour le meilleur, mais aussi l'asservir pour le pire (comme l'essentiel des découvertes scientifiques, finalement). Quoi de plus effrayants que des microbes intelligents capables de vous modifier à votre insu, de se servir de vous comme des pantins ? Colin joue sur les atavismes et met en scène un vrai scénario conspirationniste doté d'un arrière-goût de réel fort déplaisant — on se surprendrait presque à se gratter tout en vérifiant que rien d'anormal ne nous arrive.

     Au-delà de la dénonciation des dérives scientifiques, l'auteur nous balance encore en plein visage les réalités absolument pas science-fictives de notre monde actuel farci de gamins misérables totalement livrés à eux-mêmes. L'horreur quotidienne est là, sous nos yeux, et même si nous ne pouvons pas toujours y faire face, c'est bien à la S-F de nous la rappeler. Un travail de mémoire et de témoignage savamment accompli par l'auteur, qui propose une fois encore des personnages attachants et réalistes dans un livre qui se veut aussi une véritable aventure humaine : amour, haine, survie, tous les ingrédients de la tragédie.

     Au total une belle réussite, une de plus à mettre au crédit de Fabrice Colin, dont on soulignera notamment le final, qui n'est pas sans rappeler la scène de l'autodestruction de Tetsuo dans le manga Akira. Un roman remarquable et angoissant pour tous, vraiment pour tous.

Michaël ESPINOSA (site web)
Première parution : 1/5/2006 dans Bifrost 42
Mise en ligne le : 4/8/2007


     Dans les années 2020, Tiago et Douglas vivent « dans le quartier le plus pauvre, surpeuplé, dangereux et dégueulasse de Rio de Janeiro ». Ces deux adolescents appartiennent au gang São Bento qui mène de front « escroqueries virtuelles, taxes de territoire et braquages manuels ». Pendant l'attaque d'un fourgon, ils subtilisent une mystérieuse éprouvette que Douglas ne tarde pas à casser, répandant ainsi une armée de nanomachines...

     Intrigante, fascinante, la nanotechnologie peut aussi effrayer. Rien de bien nouveau, même si la menace est cette fois « invisible » : la révolte des robots et la lutte de l'homme contre la machine sont parmi les thèmes les plus classiques de la SF. De même que l'éternelle interrogation frankensteinienne : l'homme a-t-il le droit de jouer avec la Création, de rivaliser avec Dieu — si celui-ci existe ? Pour affirmer la menace, Colin suppose les nanorobots doués d'une forme d'intelligence collective — ou au moins d'une sorte d'instinct de survie — mais l'aventure demeure relativement conventionnelle et prévisible, formant un parfait thriller scientifique, dans une veine évidemment alarmiste.

     L'intérêt du roman réside donc davantage dans la qualité du récit et de l'écriture. Notamment dans sa violence sans fard : la misère des favelas, les combats de rue, la drogue, l'évocation rapide du viol de la mère et de la torture du grand-père, la détresse d'une fille des beaux quartiers aux mœurs « relâchées »... voilà qui plonge le jeune lecteur dans un Rio bien sombre et tristement réaliste, où tout individu se voit doté d'un permis de citoyenneté « à points », où chaque infraction le prive peu à peu de ses droits — à moins d'avoir les moyens de racheter injustement les points perdus. D'autres thèmes secondaires — l'acquisition de super-pouvoirs non désirés, la réalité virtuelle, le piratage informatique, l'immortalité numérique — enrichissent encore une intrigue rondement menée, rythmée par quelques séquences spectaculaires et au dénouement dérangeant. On relèvera enfin l'ambiguïté du plutôt sympathique personnage de Verlaine, agent du Front Nouveau de Libération, qui prône un « terrorisme ludique » — oxymoron-, dont le credo se résume en un seul mot vide de sens — le chaos — et qui pourtant luttera pour sauver l'humanité.

     Comme toujours, Fabrice Colin se montre inclassable : ce déjà cinquième roman dans la collection « Autres Mondes » ne ressemble à aucun des précédents, tous d'ailleurs d'inspiration très différente. Leur principal point commun réside dans le talent d'un auteur capable d'exceller dans tous les domaines et devenu incontournable. Son incursion dans le thriller scientifique jeunesse constitue un nouvel exemple de ce singulier talent.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/4/2006 dans Galaxies 39
Mise en ligne le : 9/2/2009


     Tiago et Douglas, des mômes de quinze ans membres d'un gang des favelas de Rio de Janeiro, participent à l'attaque d'un fourgon blindé. Mais l'affaire tourne mal, leurs complices se font tuer ou prennent la fuite. Cependant, les deux adolescents se retrouvent en possession d'un mystérieux tube, lequel se casse, libérant des nano-robots qui les infesteront. Tiago devra aller au-delà de lui-même pour empêcher une terrible menace de se répandre dans le pays.

     Haletant comme un thriller à la mode, avec la qualité d'écriture en plus, tel est le dernier roman pour la jeunesse de Fabrice Colin : Invisible. Les nanotechnologies sur lesquelles il s'interroge — sa postface explique sa pensée et ses inquiétudes à ce sujet — , sont un exemple de ce que l'homme est capable de faire, tel un apprenti sorcier. Mais Invisible aborde aussi les problèmes de la misère et de l'injustice, de la violence et de la survie dans les immenses bidonvilles brésiliens.

     Projet oXatan explorait un autre aspect de la science terrifiante et on sent un lien entre ces deux livres, manifesté par le nom de la firme qui fabrique les nano-robots, « OxafOn », qui rappelle grandement « oXatan ». En fait, quelque chose se dessine dans toute l'œuvre pour la jeunesse de Colin : le droit des enfants à mener une vie libre, décente et heureuse — c'était aussi le thème de CyberPan — et leur capacité à accomplir de grandes choses — comme dans Les Enfants de la Lune. Et ce qui pouvait apparaître comme de la morosité ou du pessimisme se révèle, au fil du temps et des romans, porteur d'un message d'espoir.

Lucie CHENU
Première parution : 4/3/2006 nooSFere

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