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Quinze minutes

Charles DICKINSON

Titre original : A Shortcut in Time, 2003

Traduction de Isabelle MAILLET
Illustration de John BATHO

Joëlle LOSFELD
Dépôt légal : avril 2006
360 pages, catégorie / prix : 22,50 €
ISBN : 2-07-078948-9   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     « Vous ne tenteriez pas de modifier le passé pour améliorer le présent ? demanda-t-il. Si vous en aviez la possibilité ? »

     Josh Winkler, peintre de son état, vit dans l'Illinois avec sa famille. Lors d'une de ses promenades, il rencontre une mystérieuse jeune fille vêtue d'une longue robe qui l'observe puis disparaît mystérieusement. Il constate à ce moment-là que sa montre retarde d'un quart d'heure. Convaincu d'avoir effectué un voyage dans le temps, Josh se lance dans une enquête et une poursuite haletantes à la recherche de cette jeune fille, persuadé que sa vie, son avenir et ceux de se femme et de sa fille se jouent dans ces quinze minutes qui lui font défaut. Mais on ne saurait raconter la suite sans commettre un crime, celui de révéler l'implacable complot que le temps inflige et la si forte tentation d'y remédier afin de changer le cours de la vie. La délicatesse, l'amour et l'émotion qui lient les personnages viennent renforcer la tension que le lecteur ressent dès l'ouverture sans pouvoir lâcher prise.

     Charles Dickinson est né aux États-Unis dans l'Illinois. Il est actuellement journaliste au Chicago Tribune. Il est l'auteur d'un certain nombre de nouvelles, dont Child in the Leaves pour lequel il a reçu le prix O'Henry, en 1988, et de romans dont The Widows' Adventures, Waltz in Marathon et Crows.
 
    Critiques    
     Nul ne s'étonnera de trouver recensé ici un livre des éditions Joëlle Losfeld, tant le catalogue de cet éditeur, souvent à tort étiqueté mainstream, est trempé dans la plus belle eau, celle des littératures de genre — on se souviendra pour l'exemple de la récente réédition de Plus noir que vous ne pensez de Jack Williamson. Quinze minutes, premier roman traduit en France de Charles Dickinson, en est une preuve supplémentaire, quand bien même elle se cache sous une couverture triste et peu engageante. Car après tout, qu'est-ce que Quinze minutes, si ce n'est une histoire de voyages temporels ?

     Josh Winkler est artiste. Peintre et sculpteur, il vit à Euclid Heights, un trou résidentiel de l'Illinois, plus ou moins aux crochets de sa femme, médecin, qui ne lui en tient que raisonnablement rigueur. Bref, une petite vie tranquille, jusqu'à ce qu'un soir, la fille de Josh, terrorisée par un orage, l'appelle depuis chez un voisin et lui demande d'aller le chercher. Josh se précipite, et c'est un voisin éberlué qui lui ouvre la porte : l'adolescente n'est pas chez lui. En fait, elle n'est pas encore arrivée... On imagine la stupéfaction de Josh lorsqu'il réalise ce qui s'est passé : il a voyagé dans le passé de quinze minutes. Est-il fou ? Malade ? Si ce court « décalage » le perturbe moins que son entourage, la rencontre avec une jeune fille affirmant vivre en l'année 1908 lui semble en revanche un télescopage temporel autrement plus conséquent...

     On ne saura pas, où en tout cas pas vraiment, pourquoi ni comment les différents protagonistes de Quinze minutes voyagent dans le temps lorsque l'orage gronde. Il y a bien ces « parallées », un « réseau de quadrilatères et de rues à angle droit dans les quartiers avoisinants le centre-ville », autant de raccourcis curieux quadrillant Euclid Heights. Et Euclid Heights, justement, les « hauteurs d'Euclide », du nom de ce mathématicien grec qui fut l'un des premiers à étudier la géométrie de l'espace... Quelques pistes donc, des références, mais non, on ne saura pas. Et après tout peu importe, là n'est pas l'essentiel. A la manière d'un Jack Finney au sommet de son art, Charles Dickinson tisse au fil des pages une intrigue échevelée d'une rare subtilité, un puzzle temporel où tout est lié, une belle réflexion sur le passé constitutif du présent de tout un chacun, bref, un roman d'une grande finesse servi par des personnages remarquablement crédibles. Un joli livre donc, passionnant et tendu de bout en bout, sur un ton doux-amer d'une grande économie d'effets qui fait mouche. Premier roman traduit par chez-nous (on l'a dit), mais sixième et dernier ouvrage publié à ce jour par Charles Dickinson (la VO date de 2002), ce Quinze minutes parfaitement juste et maîtrisé incite à deux choses : se pencher davantage sur le reste de l'œuvre de cet auteur discret de 55 ans, et jeter plus qu'un œil à l'ensemble du catalogue des éditions Joëlle Losfled, car tout amateur des littératures de l'imaginaire trouvera à s'y nourrir de jolie façon. Nous, à Bifrost, on ouvre l'œil...

ORG
Première parution : 1/7/2006 dans Bifrost 43
Mise en ligne le : 18/9/2007


 
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