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STYx

Jean-Michel CALVEZ


Illustration de Sébastien BERMÈS

GLYPHE (Paris, France), coll. Imaginaires n° (2)
Dépôt légal : octobre 2007, Achevé d'imprimer : octobre 2007
Première édition
Roman, 408 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-35285-027-4
Format : 16,0 x 24,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Sur une planète lointaine où cohabitent les colonisateurs terriens et les Lutins, Orfeu, journaliste, assiste au spectacle d'un musidancer. L'artiste met en scène la souffrance et les stigmates de la maladie qui le ronge, STYx.
     Orfeu cherche à comprendre.
     Comprendre STYx, qui contamine ceux qui éprouvent amour ou compassion et les conduit à la déchéance.
     Comprendre les Lutins.
 
     Alors qu'il enquête sur une série de meurtres abominables, Orfeu découvre une vérité insoupçonnée. Mais peut-on encore conjurer le danger qui menace la planète et ses habitants ?
 
     Dans un univers où se mêlent modernisme et exotisme baroque, Jean-Michel Calvez dénonce certains travers de notre société. Il est question d'amour et de justice, de vengeance et de compassion, de colonisation... dans un roman, à la fois thriller et récit intimiste, au style musical et coloré.
 
L'Auteur
Ingénieur en constructions navales, nés en 1961 dans le Finistère, Jean-Michel Calvez a publié plusieurs romans policiers ou de science-fiction (Planète des vents, Huit clones, La Boucle d'octobre, Panique au quartier latin) et de nombreuses nouvelles.
Critiques
     Sans en vouloir personnellement aux éditions Glyphe (à qui nous souhaitons une vie longue et heureuse) où à Jean-Michel Calvez lui-même (à qui nous souhaitons la même chose), force est de reconnaître que STYx est un roman qui fâche. Non quant à sa supposée nullité (qui interdirait tout bêtement d'en parler — encore que...), mais plutôt à son côté « raté » dans les grandes largeurs, malgré l'évidente sincérité de l'auteur, son style intriguant et ses développements inattendus. Trop long, mal découpé, parfois ridicule (quand les amants s'embrassent, on entend la musique des sphères et il y a du vent), fatiguant et passablement ennuyeux, STYx n'est pas vraiment une expérience littéraire inoubliable. Pourtant, son thème a de quoi séduire : le Sida. Transposé sur une planète lointaine colonisée depuis une dizaine d'années par l'humanité et dont les habitants souffrent parfois du STYx, Syndrome Transmissible par les Yeux, maladie mortelle qui aurait la pitié comme catalyseur. Jolie trouvaille, d'ailleurs, mais hélas, question Sida, il est difficile de s'affranchir du magnifique Rivage des Intouchables de Francis Berthelot qui plane quand même à quelques kilomètres au-dessus... Bref, le pari n'était pas gagné au départ, et Jean-Michel Calvez va droit dans le mur en négligeant un aspect fondamental dans la littérature (quelle qu'elle soit, d'ailleurs) : la crédibilité. S'il fallait résumer STYx en un seul mot, on pourrait dire qu'il est incroyable. Au sens le plus strict. On n'y croit pas. Pas une seconde. Jamais. Amer constat qui fait vite basculer le roman dans le ridicule et, hélas, l'agaçant. Comment croire à l'histoire d'Orfeu, journaliste un peu miteux traumatisé par un amour perdu qui cherche à comprendre la nature du STYx sur une planète à peine colonisée depuis dix ans, avec des indigènes (les « lutins ») qui respirent de l'oxygène (pratique), qui sont humanoïdes (pratique), qui servent parfois d'objets sexuels (pratique), qui s'expriment correctement en français (pratique) et dont les humains ne savent à peu près rien ? C'est simple, on ne la croit pas. Et ce n'est pas en cumulant l'histoire (trop ressemblante, qui plus est) d'Orfeu et celle de son frère Lucio, que Jean-Michel Calvez réussit à nous intéresser. Au contraire, même. On a plus l'impression d'avoir affaire à un roman bricolé à la hâte qu'à une œuvre construite, ambitieuse et au propos douloureux. Raté pour cette fois, donc, mais la plume de Calvez est suffisamment étonnante et intelligente pour nous donner envie d'en savoir plus.

Patrick IMBERT (site web)
Première parution : 1/5/2008 dans Bifrost 50
Mise en ligne le : 20/5/2009


     L'Ogre (Organisation pour la Gestion des Ressources Eloignées) a colonisé une lointaine planète pour en exploiter les richesses, depuis quelques années déjà. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. La cohabitation entre colons et Lutins (le surnom des natifs du lieu) semblait paisible, quand certains humains se sont mis à succomber des suites d'une maladie. Celle-ci touche également les autochtones, mais de façon bénigne. Cette maladie s'appelle STYx et son vecteur serait la compassion, sentiment désormais interdit aux humains sous peine d'être atteint et, à terme, d'en mourir. Problème supplémentaire, des meurtres horribles sont commis par les Lutins sur des colons atteints du syndrome.
     Orfeu, un journaliste, va chercher à comprendre la maladie, ces meurtres et, par là même, tenter de percer les mystères des indigènes qui restent inconnus aux humains, bien que les deux peuples vivent côte à côte.

     Ce n'est certainement pas un hasard si cette maladie porte le nom du fleuve mythique, car Jean-Michel Calvez nous entraîne dans une véritable descente aux Enfers. Deux descentes, pour être plus précis, car le roman se compose de deux parties bien distinctes. La deuxième formant le prolongement de l'autre avec un narrateur différent, mais aussi, un style différent. Le récit du journaliste pose le décor et s'enfonce de plus en plus profondément dans l'horreur. Le rythme est lent, l'écriture, très riche et imagée voire musicale, est assez difficile et risque, par moment, de perdre certains lecteurs. Pourtant elle participe totalement au partage des sentiments très forts éprouvés par Orfeu. Dans la deuxième partie le style est moins chargé et s'accélère, de plus en plus, vers le dénouement final, tout en distillant, petit à petit, les réponses aux questions que nous nous posons.

     Le livre est assez épais, pourtant, pour peu que l'on se laisse happer par la narration, il est difficile de lever le nez des ses quelque 400 pages, tellement l'histoire est prenante. Les nombreux thèmes abordés comme, par exemple, le rapport à l'autre, l'étranger, le malade, l'être aimé ou bien le désir de vengeance, la recherche du profit, la souffrance etc... le sont avec intelligence, toujours bien intégrés dans la trame du récit.

     Si l'histoire est très bien menée, la force principale de ce livre consiste en ses personnages, décrits avec une finesse rare. Non monolithiques, ils peuvent, tour à tour, attirer notre sympathie, notre compassion ou bien notre réprobation ou encore notre répulsion.

     Avec STYx, Jean-Michel Calvez signe un roman d'une grande richesse et d'une profonde humanité, malgré la noirceur qui s'en dégage. Le plus inquiétant étant finalement que le monde qu'il décrit est très proche du nôtre et de ses dérives.

Didier GAZOUFER
Première parution : 13/3/2008 nooSFere


     Commençons par souhaiter la bienvenue aux éditions Glyphe, nouveau venu dans le paysage éditorial français. Après une première anthologie sur le thème de la maternité, (Pro)Créations, sous la houlette de Lucie Chenu, voici venir le premier roman publié par Glyphe, STYx de Jean-Michel Calvez. Rien à voir à première vue avec le fleuve des enfers, STYx est ici un acronyme pour Syndrome Transmissible par les Yeux, une maladie atroce qui se répand sur la planète où habite Orfeu, un journaliste. Sur ce monde, colons humains cohabitent avec les habitants originels, surnommés Lutins. Ces derniers gardent le secret sur leurs coutumes ; qu'ont-ils donc à cacher ? C'est ce que va tenter de découvrir Orfeu.
     Comme de plus en plus de parutions récentes, STYx aurait grandement gagné à être condensé par son auteur. Si STYx est le mal du roman, la dilatation actuelle des livres est la maladie de l'édition. Du coup, même si on prend plaisir à la lecture des ouvrages, on ne peut que constater des intrigues distendues, avec des chutes de rythme. STYx ne déroge pas à la règle, et sans doute aurait-il pu être expurgé d'un bon quart sans que le lecteur y trouve à redire.
     L'intrigue est néanmoins intéressante, et maintient l'intérêt du lecteur en éveil, en distillant quelques découvertes et rebondissements venant à point nommé. Reste que la construction du roman ne convainc pas : découpé en deux parties, il suit successivement les aventures de deux personnages liés (on n'en dira pas plus), Orfeu donc, puis Lucio. Chacun de ces protagonistes va s'enfoncer toujours plus avant dans le mystère des Lutins, et tenter de mieux cerner les origines de STYx. Les trajectoires sont tellement parallèles que cela se traduit par une nette tendance à la redite, et donne par moments l'impression de lire deux fois de suite le même livre.
     Enfin, on s'interrogera quand même au sujet du point central de l'intrigue, à savoir l'ignorance qu'ont les humains des mœurs lutines. L'auteur a beau prétendre que STYx est passé par là qui a anéanti toute velléité des humains de comprendre les lutins, on a du mal à croire que des colons arrivant sur une planète habitée ne sachent quasiment rien sur les autochtones au bout de dix ans. Il est inconcevable que des scientifiques et des militaires ne fassent pas partie d'une expédition coloniale, afin de juger de la dangerosité des lieux, et de la menace potentielle représentée par la population locale. C'est dommage, car tout le roman repose sur ce point, et ne pas adhérer à cette théorie nuit grandement à la crédibilité des développements ultérieurs.
     Ces défauts font de STYx un ouvrage moyen, qui repose sur une idée originale, avec quelques passages intéressants (le premier chapitre, par exemple), mais que l'on oubliera sans doute globalement assez vite. Reste qu'on suivra avec intérêt les prochaines parutions des éditions Glyphe.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 15/12/2007 nooSFere

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