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Vampires

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Estelle VALLS DE GOMIS



Illustration de Sébastien BERMÈS

GLYPHE , coll. Imaginaires n° (3)
Dépôt légal : avril 2008
272 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-35285-034-2   
Genre : Fantastique 



    Quatrième de couverture    
     Vampires, c'est l'alliance des Grands Anciens et des écrivains les plus modernes, de Guy de Maupassant à Sire Cédric et Denis Labbé, de Frédéric Mistral à Jean Marigny et Charlotte Bousquet.
     Vampires, c'est aussi le mythe le plus célèbre, redessiné dans ses facettes les plus originales, de la créature de chair à la créature de sang, du cristal au psychisme, de l'amour à la peur.

     Traductrice, anthologiste (Trésor), illustratrice, Estelle Valls de Gomis s'est spécialisée dans l'étude du Vampire. Elle est l'auteur de la thèse de doctorat Le vampire au fil des siècles, d'un roman, Les Gentlemen de l'Étrange, et de plusieurs recueils de nouvelles (Le Cabaret vert, Des Roses et des Monstres, Horizon Motel).

    Sommaire    
1 - Jean MARIGNY, Préface, pages 9 à 11, Préface
2 - Thomas PRESKETT PREST & James Malcolm RYMER, Varney le Vampyre ou le Festin de Sang (Varney The Vampyre or The Feast of Blood), pages 13 à 45, Extrait de roman, trad. Estelle VALLS DE GOMIS
3 - Charlotte BOUSQUET, Confessions, pages 47 à 59
4 - Meddy LIGNER, Promenade d'immortel, pages 61 à 68
5 - Tonie PAUL, Le Legs, pages 69 à 86
6 - Denis LABBÉ, L'Horreur s'effondre si bien, pages 87 à 110
7 - Géraldine BLONDEL, Conscience minérale, pages 111 à 118
8 - SIRE CÉDRIC, Morte, pages 119 à 127
9 - Lucie CHENU, Le Sang du Temps, pages 129 à 140
10 - Nico BALLY, Après réflexion, pages 141 à 147
11 - Olivier GAY, Souvenir des Carpates, pages 149 à 163
12 - Guy de MAUPASSANT, La Morte, pages 165 à 171
13 - Patrick DUCLOS, Passion Dévorante, pages 173 à 179
14 - Sophie DABAT, L'Autre face du don, pages 181 à 192
15 - Héloïse JACOB, A Fool There Was (1915), pages 193 à 201
16 - Franck FERRIC, La Soif de la glèbe, pages 203 à 218
17 - Frédéric MISTRAL, Les Secrets des Bestes, pages 219 à 223
18 - Caroline GAILLARD, Parure de Nuit, pages 225 à 237
19 - Jean MARIGNY, L'Attente de l'aube, pages 239 à 247
20 - Léonor LARA, Canicule (aux prises avec Sirius), pages 249 à 266

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     Le moins que l'on puisse dire, avec Vampires, c'est que l'on n'est pas trompé sur la marchandise : des vampires, on va ainsi en trouver dans tous les textes, en long, en large, et en travers. Bien sûr, le vampire obéit à la figure codifiée par Bram Stoker et Sheridan le Fanu, à savoir un être humain qui se gorge de sang dans des décors gothiques, mais il n'est pas que ça : on retrouve ainsi les vampires psychiques, qu'un Dan Simmons avait popularisés dans L'échiquier du mal. De même que des objets qui vampirisent l'esprit de leurs possesseurs : un collier (« Le Legs », de Tonie Paul) ou une pierre (« Conscience minérale », de Géraldine Blondel). L'anthologiste, Estelle Valls de Gomis, a eu la bonne idée d'accoler textes d'auteurs d'aujourd'hui à trois textes classiques. Toutefois, si « Varney le Vampyre », un feuilleton publié vers 1847, et dont la paternité est incertaine, est en plein dans son sujet, on n'en dira pas autant du conte de Frédéric Mistral, et surtout de la nouvelle de Maupassant, « La Morte », qui traite de mort-vivant, et non de vampire.
     Mais revenons aux textes des auteurs d'aujourd'hui. Le problème avec une thématique comme celle du vampire, c'est qu'elle a déjà été balisée par tant d'ouvrages qu'il est difficile d'innover ou de proposer un traitement vraiment intéressant. Et force est de constater qu'ici, cette théorie n'est pas mise en défaut. Bien sûr, les textes présentés ici ne sont pas mauvais, mais la plupart n'attirent qu'un regard poli ; ceci étant dit, après tout, nombre d'auteurs étant débutants, quoi de plus normal qu'ils empruntent les sentiers tracés par leurs aînés ? On aurait juste aimé que certains n'hésitent pas à s'aventurer hors des chemins habituels, quitte à rencontrer quelque sombre figure... On pourra me rétorquer que, justement, certains textes s'éloignent du vampire canonique, avec ces objets maléfiques ; las, c'est pour retomber dans des thématiques maintes fois rebattues. Du lot se détachent néanmoins quelques textes : le plus intéressant est peut-être celui de Franck Ferric, « La soif de la glèbe », où les vampires sont emmenés dans les tranchées de la Grande Guerre, pour un texte âpre. Léonor Lara, dans « Canicule (aux prises avec Sirius) », confronte un vampire à sa sœur, qui l'aide à se nourrir, mais voit d'un mauvais œil l'arrivée de celui qui a fait de son frère ce qu'il est devenu. On appréciera également le style de Sire Cédric (« Morte ») ou d'Héloïse Jacob (« A Fool There Was (1945) »). On signalera enfin le passage à la fiction de Jean Marigny, spécialiste devant l'éternel du vampire, qui dans « L'attente de l'aube » montre déjà une belle plume, même s'il la met au service d'une nouvelle prévisible.
     Au final, une anthologie d'un niveau correct, néanmoins sans chef-d'œuvre, mais dont le principal problème est de s'être trop concentrée sur la figure du vampire à la Dracula, source de peu de nouveaux émerveillements de nos jours. En d'autres mots, à Vampires, on aurait préféré Vampires & autres.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 28/4/2008 nooSFere


     Dès le titre de ce recueil, il est facile de se faire une idée du contenu du livre que l'on tient entre les mains. Et l'on n'est pas trompé sur la marchandise. Les vampires sont bien là.

     Toutefois, ne vous attendez pas à lire des histoires de Dracula tout au long de ce recueil. Estelle Valls de Gomis a eu la bonne idée de varier les formes. Ainsi les traditionnels suceurs de sang côtoient-ils les vampires psychiques, et les êtres plus ou moins vivants partagent-ils la place avec les pierres précieuses et autres bijoux maléfiques.

     Pourtant, malgré cette variété, les différents récits ne donnent guère l'impression de sortir des sentiers déjà battus par d'autres, à quelques exceptions près comme Le sang du temps de Lucie Chenu, qui s'amuse à revisiter l'Histoire, ou encore La soif de la Glèbe de Franck Ferric qui ajoute avec succès l'horreur de la guerre à celle du vampirisme. Mais si le terrain demeure en partie connu, la qualité de la plupart des textes fait qu'on aurait bien tort de bouder son plaisir. Une mention spéciale à Morte de Sire Cédric et à Canicule (aux prises avec Sirius) de Léonor Lara.

     En somme, Vampires est une anthologie de bonne tenue. Si l'originalité y est parcimonieuse, du moins la diversité des incarnations de cette figure ô combien classique de la littérature fantastique la rend-elle tout à fait agréable à lire.


Didier GAZOUFER
Première parution : 18/10/2008 nooSFere


     Précisons tout d'abord qu'à Bifrost, nous n'avons strictement rien contre les éditions Glyphe. Surtout quand elles publient un livre aussi excellent que La Chambre de sable, de Joëlle Wintrebert (voir plus haut). Certes, me direz-vous, un excellent livre de Joëlle Wintrebert est un pléonasme. Mais passons.

     Nous n'avons rien non plus contre Estelle Valls de Gomis.

     Nous en avons simplement contre son anthologie d'une immense médiocrité. On peut y piocher les yeux fermés : on a au moins neuf chances sur dix d'y trouver un futur Razzie.

     Si si, comme je vous le dis !

     La première chose qui frappe, c'est le conformisme des textes. On y retrouve plus souvent qu'à son tour le rapport de séduction entre le vampire et sa proie. Il a la morsure douloureuse et sensuelle, fascine, blablabla... On a déjà lu ça cent fois. Les amateurs d'histoires sensibles à la Sturgeon ou d'humour en seront pour leurs frais. Si toutefois ils dépensent vingt euros pour ça. Précisons au passage que, normalement, la seule couverture fait fuir toute personne dotée d'un minimum de goût.

     On y trouve tout d'abord quantité de vieilleries, qui auraient parfaitement eu leur place dans Weird Tales. Sauf que là, nous sommes en 2008 : fâcheux décalage ou paradoxe temporel ? Parmi ces vieilleries : Tonie Paul et Géraldine Blondel, qui nous resservent le bijou vampire. On a déjà lu ça cinquante fois (ben oui, encore...), et bien mieux écrit. Inutile de s'appesantir là-dessus, ça n'en vaut pas la peine. Mais la vieillerie des vieilleries, c'est le texte inaugural. « Varney le Vampyre ou le festin de sang », le début d'un roman fleuve aux deux auteurs apocryphes. On peut d'ailleurs s'interroger sur l'opportunité de mettre dans cette anthologie l'amorce d'un roman. Qui plus est un roman oublié, et qui aurait gagné à le rester. Ce texte est une reprise tirée du premier numéro de la revue depuis disparue Emblèmes, consacrée aux vampires. Une trentaine de pages à s'avaler, et c'est du lourd ! Du vieux roman gothique ranci sans talent, pâle imitation de Walpole ou Radcliffe. Un enculage de mouche ampoulé au possible, qui confine vite au calvaire. Tout y passe au niveau des clichés. La pluie, la grêle, parce que les vampires apparaissent rarement en pleine canicule. Le château, les lourdes portes de chêne massif, imaginez-vous un vampire ailleurs ? Le vampire aux ongles longs, et tutti quanti. On aurait plutôt préféré voir à la place Le Vampire de Polidori. Il y aurait au moins eu un autre texte à sauver. Même si ce texte a été publié bien avant Dracula, ça n'en fait pas un truc potable pour autant.

     On voyage également dans le temps. Charlotte Bousquet nous envoie dans la sulfureuse Italie de la Renaissance, celle de Savonarole et des Borgia. C'est bien là sa seule originalité. Meddy Ligner lorgne du coté de Louis-Ferdinand Céline avec les fameux trois petits points. Sauf que ça ne prend pas du tout. N'est pas Antoine Volodine (Des enfers fabuleux) qui veut pour la forme. Quant à l'histoire en elle-même, elle est aussi crédible que la première rubrique astrologique venue.

     On apprend que Nicolas F. J. Bailly écrit peu. Tant mieux ! Parce que lire des médiocrités torchées sur un coin de table en cinq minutes, on s'en passe sans problème !

     Héloïse Jacob publie son premier texte. On apprend même que son premier roman est en préparation. On sent que l'auteur a voulu s'appliquer. Son amour du roman décadent s'y sent également. Comme s'y sent surtout un manque cruel de talent. Le pire est donc à venir en format roman : notez le nom de l'auteur !

     On n'échappe pas non plus au trash de bas étage. Le dernier texte, « Canicule (aux prises avec Sirius) », se veut provocateur, il n'en est que ridicule, gratuit et surtout complètement loupé.

     Au milieu de cette Bérézina surnagent tout de même quelques récits.

     On peut en distinguer de pas trop mauvais, dont celui de Lucie Chenu. Elle envoie Nadar et Félix Faure chez... Sissi. Son histoire traîne en longueur, l'écriture est mollassonne. On n'y croit pas une seule seconde. Mais elle a au moins le mérite de sortir des sentiers battus. Le décor steampunk vaguement uchronique aurait vraiment gagné à être plus qu'un simple décor.

     Sire Cédric, sans être exceptionnel, livre un texte tout à fait correct. Mécanique bien huilée, son histoire est sans surprise, mais au moins, ça marche. Vu le niveau général, on en viendrait presque à saluer ce qui passe ici pour une performance. Notez toutefois que l'on y retrouve la patte de l'auteur : mort, violence, sensualité. Jean Marigny propose lui aussi un texte sympathique, sur fond de Résistance. Si l'histoire est très prévisible, il signe certainement l'un des deux textes les mieux écrits.

     En fait, seul Franck Ferric se singularise sur le fond et la forme. Il signe même de très, mais alors vraiment très, très loin, le meilleur de texte du recueil. Nous lisons le journal d'un soldat, au front du côté de Verdun. Epoque originale (la première Guerre mondiale est finalement peu abordée dans l'imaginaire), traitement original et sobre. L'ambiance, poisseuse et crépusculaire, est formidablement restituée. Sa mise en lumière de l'horreur que fut cette guerre pour ses soldats est magnifiquement décrite. Le monsieur est prof d'histoire-géo. A le lire, on aimerait vraiment assister à ses cours sur 14-18...

     Enfin, du coté des auteurs morts, le meilleur côtoie le pire. Outre nos deux piteux feuilletonistes apocryphes, on y trouve Frederic Mistral et Guy de Maupassant. Le premier signe un texte du plus total inintérêt. Une pagnolade torchée à la va-vite, absolument consternante. Une simple réclame pour les produits d'un ami commerçant. On croirait lire Jimmy Guieu détaillant le bar de Gilles Novak, c'est dire. Par contre, Maupassant signe un excellent texte. Il s'aventure sur les terres de George A. Romero. Mais pas de Martin, non. Du côté des morts-vivants. Complètement hors de propos, dommage !

     Un petit mot en passant sur la préface, signée Jean Marigny. Elle commence par un bref rappel historique du vampire. C'est concis et intéressant. Ensuite, s'enchaînent les spoilers de presque tous les textes. On y trouve aussi un éloge de l'anthologiste. Il y a de quoi être surpris à la simple vue de la médiocrité de l'ensemble. On comprend mieux, quand on sait que le préfacier est aussi l'auteur d'une des nouvelles. On n'est jamais aussi bien servi que par les siens...

     Résumons donc : couverture ridicule et hideuse, nouvelles dans lesquelles on peut piocher à pleines mains pour les razzies. Il n'y a en fait qu'un tiers de préface et trois textes à sauver, dont un hors sujet. Ce bouquin vaut 20 euros.

     Pour ce prix, n'hésitez pas à vous acheter autre chose : Eros vampire de Brite, Bloodsilver de Wayne Barrow, La Vierge de glace de Marc Behm. Les bons livres et films sur les vampires ne manquent pas... Et passez sans regret aucun à coté de cette piteuse anthologie. Dommage pour les quelques bons textes qu'elle recelait.

Olivier PEZIGOT
Première parution : 1/7/2008 dans Bifrost 51
Mise en ligne le : 21/9/2010


 

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