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Contes de villes et de fusées

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Lucie CHENU


Illustration de Éric SCALA
AD ASTRA n° (1), dépôt légal : septembre 2010
260 pages, catégorie / prix : 18.50 €, ISBN : 978-2-919241-01-9
Couverture

    Quatrième de couverture    
Oyez ! Oyez !

Princesses
richissimes,
enfants abandonnés,
loups terrifiants
et fées marraines
se réincarnent
à notre époque
ou dans un avenir lointain...

Les héritiers de Perrault,
des frères Grimm
ou d'Andersen
donnent libre cours
à leur imagination
pour tordre,
transformer, et réécrire
les contes de fées.


    Sommaire    
1 - Lucie CHENU, Il était une nouvelle fois, pages 7 à 10, Préface
2 - Julien FOURET, Une leçon de contes de fée, pages 11 à 14
3 - Jean MILLEMANN, La Fée des glaces, pages 15 à 25
4 - Delphine IMBERT, Une histoire de désir, pages 27 à 54
5 - Pierre Alexandre SICART, La Griffe et l'Épine, pages 55 à 83
6 - Antoine LENCOU, ReCréation, pages 85 à 94
7 - Pierre GÉVART, Grain de sel et Bretelle, pages 95 à 104
8 - Nico BALLY, La Petite Capuche rouge, pages 105 à 108
9 - Charlotte BOUSQUET, Corner Girl, pages 109 à 118
10 - Sylvie MILLER & Philippe WARD, Le Pacha botté, pages 119 à 150
11 - Jean-Michel CALVEZ, Un temps de cochon !, pages 151 à 160
12 - Lionel DAVOUST, Le Sang du large, pages 161 à 183
13 - Sophie DABAT, La Mort marraine, pages 185 à 203
14 - Jess KAAN, Pour Judith, pages 205 à 213
15 - Mélanie FAZI, Swan le bien nommé, pages 215 à 226
16 - Estelle VALLS DE GOMIS, Poches et Troncs, pages 227 à 233
17 - Léonor LARA, Sacrifices, pages 235 à 246
18 - (non mentionné), Dictionnaire d'auteurs, pages 247 à 258, Dictionnaire d'auteurs
 
    Critiques    
 
     Réécrire les contes de fées est un exercice qui se pratique depuis des siècles. Dès le Moyen Age, Marie de France donna ses Lais, adaptés de contes bretons chantés et devenus des classiques. Cette anthologie renoue avec la tradition, et ce ne sont autres que « La Reine des neiges », « La Belle au bois dormant », « La Belle et la bête », ou « Pinochio » qui sont repris ici. Que peut-on tirer d'un matériau aussi rebattu, dans un monde qui ne croit plus dans la magie ?

     Certains s'affranchissent de la difficulté en proposant des parodies (Julien Fouret, Nico Bally) ou des fables, qui par convention ne sont pas tenues au réalisme (Jean Milleman, Sophie Dabat, Jess Kaan). Charlotte Bousquet, Sylvie Miller & Philippe Ward ont choisi la voie d'uchronies faëriques, où la magie a pris ses quartiers dans notre cadre habituel. Estelle Valls de Gomis nous donne une fantasmagorie à la David Lynch, où la surnature est placidement acceuillie par le héros alcoolique. Léonor Lara et Mélanie Fazi sont dans la veine de la dark fantasy. Lionel Davoust est le seul à avoir choisi le real maravilloso (ou « réalisme magique »). Selon le principe énoncé par Arthur Clarke que « toute technologie suffisamment avancée serait prise pour de la magie par une civilisation inférieure », les autres ont choisi la voie de la science-fiction (Delphine Imbert, Pierre-Alexandre Sicart, Antoine Lencou, Pierre Gévart, Jean-Michel Calvez).

     L'honnêteté oblige à dire que peu de ces nouvelles m'ont complètement convaincu. Un défaut largement partagé est la complication des intrigues, sans doute engendrée par le souci d'avoir à transcrire les péripéties échevelées des contes d'origine. Par ailleurs beaucoup de ces nouvelles ne dépassent pas le niveau de l'exercice de style. Il semble que les auteurs n'aient pas pu, pas su, s'approprier la consigne à l’origine de l’anthologie.

     Deux belles exceptions néanmoins : « Le sang du large » de Lionel Davoust, lamentation d'un auteur de faërie rongé par le doute dans un monde dénué de magie, et « Sacrifices » de Léonor Lara, une histoire cruelle, la plus accomplie du recueil. Reste aussi la découverte d'écritures, de voix : Sophie Dabat (son roman Changelins a depuis été remarqué), Delphine Imbert, Pierre-Alexandre Sicart, dont on peut attendre avec gourmandise les développements à venir.



Sylvain FONTAINE
Première parution : 21/12/2011
nooSFere


     Imaginez un monde où les Fées ne sont plus des femmes aux pouvoirs magiques, mais des généticiens proscrits suite à leurs manipulations trop invasives sur l'être humain. Un monde où la Belle et la Bête finissent bien dans les bras l'un de l'autre, mais morts. Un monde où la petite sirène sacrifie sa queue pour un auteur en mal d'inspiration et non pour un jeune prince... Vous aurez alors une petite idée du contenu de cette anthologie au titre évocateur. En revanche, inutile de chercher les fusées, elles sont restées au garage.

     S'il semble manifeste que les auteurs de ces seize textes ont pris plaisir à revisiter certains des contes ayant bercé notre enfance, sans surprise, tous n'ont pas réussi à instiller de l'intérêt à ces nouvelles versions, loin s'en faut...

     Ainsi Lionel Davoust et son « Le Sang du large », une relecture de la Petite sirène qui tombe à l'eau (si on peut dire...) tant elle tourne à la complaisance — on peine à y croire une seconde... Ou encore Nico Bally, qui signe avec « Petite Capuche rouge » un texte qui se veut sans complexe et provocateur, mais s'avère au final d'une totale vacuité.

     Moins à côté de la plaque, mais guère convaincant, le récit de Sylvie Miller et Philippe Ward, « Le Pacha botté », nous replonge dans le contexte des aventures d'un détective imaginé depuis plusieurs récits déjà. Si l'univers est intéressant (une Egypte mythique), le texte en lui-même se révèle au mieux distrayant, tant les aventures qui s'y trouvent narrées sont prévisibles et les clichés nombreux.

     Du côté des (maigres) réussites, on soulignera la relecture de la Belle au bois dormant de Delphine Imbert, qui livre un texte riche et somme toute attachant. Dans « Une histoire de désir », l'auteur a su moderniser le monde dans lequel évoluent les personnages, sans pour autant perdre la magie du conte. Le mélange de la science et de l'univers merveilleux crée une alchimie proprement charmante.

     A l'opposé de ce monde assez doux, « La Mort marraine » (inspiré du conte homonyme des frères Grimm) est dur, sans espoir. Sophie Dabat ne nous épargne aucune souffrance, aucune désillusion : la mort est définitivement plus forte que l'amour — un propos joliment servi par l'utilisation de narrateurs multiples. Par contre sortez les loupes pour sa lecture : la police de caractères employée par moments est tellement petite qu'il est nécessaire d'avoir une très bonne vue et un éclairage de qualité !

     Enfin, le conte qui clôt cette anthologie, « Sacrifice », de Léonor Lara, nous met avec efficacité dans la peau de la femme d'un ogre du XXIe siècle. Comment celle-ci peut-elle supporter les crimes de son mari ? Comment vivre avec ces meurtres sur la conscience ? Des questions aux réponses intéressantes qui permettent de clore sur une note assez positive un recueil pour le moins inégal, mais qui possède toutefois un mérite : donner envie de (re)découvrir les classiques qui les ont inspirés. Car ici comme souvent, l'original s'avère bien supérieur à la copie... Dommage 1.

Notes :

1. Le micro éditeur Ad Astra n'étant que très peu disponible en librairies, on consultera son site Internet (www.adastra.com) afin de savoir comment se procurer ses ouvrages. [NDRC]


Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/4/2011
dans Bifrost 62
Mise en ligne le : 1/2/2013


 
Base mise à jour le 18 juin 2017.
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