Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Utopiales 2012

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Jérôme VINCENT


Cycle : Utopiales  vol. 12 


Illustration de Nicolas FRUCTUS

ActuSF, coll. Les Trois Souhaits n° (45)
Dépôt légal : novembre 2012

292 pages, catégorie / prix : 14 €
ISBN : 978-2-917689-41-7   
Genre : Imaginaire 



    Quatrième de couverture    
     Et si les extraterrestres nous observaient la nuit ? Et si l’on pouvait se concentrer à l’extrême sur un seul sujet ? Ou connaître tout notre avenir depuis l’enfance ? Ou bien avoir des rendez-vous réguliers avec un visiteur du futur ? Et si on pouvait désinventer des inventions ?
     L’anthologie officielle des Utopiales rassemble des auteurs importants de l’imaginaire mondial et francophone et rend, cette année, un hommage à Roland C. Wagner.

     Utopiales 12, avec des nouvelles de Neil Gaiman, Robert Charles Wilson, Pierre Bordage, Ayerdhal, nancy Kress, Tommaso Pincio, Claude Ecken, Laurence Suhner, Sara Doke et le concerto à quatre mains de Laurent Queyssi et Xavier Mauméjean.

    Sommaire    
1 - Ugo BELLAGAMBA & Roland LEHOUCQ, Origines, pages 9 à 12, Préface
2 - Pierre BORDAGE, Origo, pages 14 à 30
3 - Sara DOKE, Fae-space, pages 32 à 47
4 - Robert Charles WILSON, L'Observatrice (The Observer), pages 48 à 82, trad. Gilles GOULLET
5 - Nancy KRESS, La Finale (End Game), pages 84 à 110, trad. Éric HOLSTEIN
6 - Laurence SUHNER, La Chose du lac, pages 112 à 145
7 - Neil GAIMAN, "Et pleurer, comme Alexandre" ("And Weep Like Alexander"), pages 146 à 153, trad. Gilles GOULLET
8 - Claude ECKEN, La Fin de Léthé, pages 154 à 171
9 - Tommaso PINCIO, Petite Excursion à l'endroit des atomes (Gita al posto degli atomi), pages 172 à 190, trad. Milena ASCIONE
10 - Xavier MAUMÉJEAN & Laurent QUEYSSI, En attendant demain, pages 192 à 212
11 - AYERDHAL, RCW, pages 214 à 289

    Prix obtenus    
RCW : Rosny aîné, nouvelle / Short story, 2013
 
    Critiques    
 
     A l'instar du Beaujolais, l'anthologie Utopiales suscite tous les ans l'impatience d'un lectorat avide de nouvelles science-fictives, rappelant par la même occasion aux éventuels étourdis la tenue du plus important festival de SF de l'Hexagone. Pour l'année 2012, le thème général était celui des origines. Doté d'un sommaire alléchant, le cru s'annonçait sous de bons augures. Hélas, il a fallu vite déchanter face à une mise en bouche décevante.
     Et cela commence dès la préface nous invitant à lâcher prise pour succomber au plaisir régressif de la célébration du passé. On a connu plus inspiré comme passage de témoin... D'ailleurs les deux premiers textes, ceux de Pierre Bordage et de Sara Doke, se vautrent dans les clichés les plus poussifs d'une SF égocentrée. Ces dangereuses visions pour bisounours, supposées drôles ou tendres, apparaissent surtout comme un summum de ringardise, dignes des pires élucubrations du fanzinat. On passe.
     Heureusement, avec le contingent anglo-saxon, les choses sérieuses commencent. On côtoie enfin les sommets vertigineux d'une fiction spéculative renversante. « L'Observatrice » de Robert Charles Wilson et «  »La Finale » de Nancy Kress usent de concepts scientifiques ardus pour produire de l'émotion, de la réflexion, et déstabiliser le lecteur. On en redemande.
     Bénéficiant d'un buzz favorable depuis la parution du premier volet du cycle de « QuanTika » (l'Atalante), Laurence Suhner se contente du minimum syndical. « La Chose du lac » s'avère une nouvelle sympathique et légère, au charme rétro indéniable. Quelque chose entre Agatha Christie et le mythe de Cthulhu avec des réminiscences d'Arsène Lupin. Ça se déguste tout seul, comme une menthe à l'eau dans une chaise longue, mais ne laisse guère de trace.
     Puis vient la célébrité du festival 2012, Neil Gaiman. L'auteur britannique que l'on ne présente plus ne joue pas les divas avec « Et Pleurer, comme Alexandre », bien au contraire, il nous régale d'un court texte jouant de manière facétieuse avec le thème imposé. Chapeau l'artiste !
     Avec Claude Ecken, on touche à nouveau au cœur de la SF hexagonale. Il faut reconnaître que l'auteur ne se montre pas avare en étrangeté, proposant ici un texte axé sur la mémoire (et son oubli) où la SF peut paraître cosmétique. La remarque doit être cependant nuancée, car sans l'argument science-fictif, « La Fin de Léthé » ne marcherait tout simplement pas. Un léger bémol quand même : le titre en dit trop.
     La nouvelle suivante nous emmène de l'autre côté des Alpes. Vrai coup de cœur pour ma part, « Petite Excursion à l'endroit des atomes » se révèle une petite merveille. Le point de vue choisi par Tommaso Pincio, celui d'un enfant, tout en pudeur et naïveté, comble d'aise même le lecteur le plus rétif au genre. Dans une Italie future ravagée par une catastrophe nucléaire et toujours en proie à ses démons, l'auteur parvient à rendre beau l'indicible et l'horreur. On ressort ému de cette nouvelle en ayant un seul mot en tête : magnifique !
     De leur côté, Xavier Mauméjean et Laurent Queyssi accouchent sans doute de la meilleure nouvelle francophone du recueil. On ne sait lequel des deux papas a imaginé cette histoire, mais l'alchimie entre eux fonctionne idéalement. Sur l'air du tout est écrit, « En attendant demain » est une bonne surprise, du genre faisant du bien.
     Reste la pièce maîtresse de l'anthologie : l'hommage à Roland C. Wagner. C'est Ayerdhal qui s'y colle et, connaissant l'amitié liant les deux écrivains, on se doute qu'il ne sera pas transparent. « RCW » relève du pastiche. Ayerdhal se coule avec brio dans les codes des « Futurs mystères de Paris », empruntant à son créateur la gouaille, les tics verbaux et jusqu'aux jeux de mots laids. Pour qui ne connaît pas l'univers de Roland C. Wagner, ses marottes et prises de bec, voire les guerres picrocholines agitant périodiquement le fandom, notamment un certain fil M sur un forum bien connu, l'exercice de style peut paraître cryptique. Toutefois, il est mené jusqu'à son terme avec suffisamment de savoir-faire pour rester fun. Une qualité que n'aurait sans doute pas désavouée Roland C. Wagner lui-même.
     Arrivé au terme de cette chronique, même si on n'a pas éprouvé l'ivresse attendue, on retiendra cependant cinq textes du sommaire. Ceux de Wilson, Kress, Gaiman, Pincio, Mauméjean & Queyssi. Une récolte somme toute moyenne, dans toutes les acceptions du terme.

Laurent LELEU
Première parution : 1/4/2013 dans Bifrost 70
Mise en ligne le : 14/1/2018


 

Dans la nooSFere : 59328 livres, 53038 photos de couvertures, 53075 quatrièmes.
7858 critiques, 32161 intervenant·e·s, 972 photographies, 3634 Adaptations.
 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies