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Les Larmes d'Icare

Dan SIMMONS

Titre original : Phases of gravity, 1989
Hors Genre  - Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
DENOËL, coll. Présences n° (15), dépôt légal : mars 1994
368 pages, catégorie / prix : 125 FF, ISBN : 2-207-24038-X

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Richard Baedecker fait partie des astronautes qui ont marché sur la Lune lors d'une des missions Apollo. Une épopée qui semble maintenant appartenir à l'histoire ancienne, alors que Baedecker continue d'être hanté par la formidable aventure qu'il a vécue.
     De la Lune, il garde de magnifiques visions, l'impression d'une harmonie parfaite avec l'univers et surtout le goût de la légèreté et de la liberté que donne l'apesanteur.
     Sur la Terre, il est comme l'albatros du poète : solitaire et englué dans les diverses formes de l'attraction terrestre.
     Comment se réconcilier avec la vie ici-bas ? Commence pour l'ancien astronaute une longue quête qui, de l'Inde à quelques hauts lieux de l'Amérique, en passant par la petite ville de son enfance, lui fera peut-être retrouver ses ailes...

     Une nouvelle facette du talent de Dan Simmons, qui nous entraîne ici dans l'intimité d'un homme en conflit avec lui-même et, à travers lui, dans le rêve déçu de toute une génération. Un voyage dans des régions encore plus secrètes et plus étranges que la surface de la Lune.

     Dan Simmons, né en 1948 dans l'Illinois, a exercé pendant dix-huit ans le métier d'enseignant avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Le Chant de Kali (J'ai Lu), Hypérion, La Chute d'Hypérion (Laffont), et surtout le monumental Echiquier du mal (Denoël), qui a remporté presque tous les prix anglo-saxons récompensant une oeuvre de fiction, l'ont imposé en l'espace de quelques années comme une nouvelle étoile de l'imaginaire.

 
    Critiques    
     Dan Simmons, maître en tous genres
     L'auteur d'Hypérion s'essaie au drame (para)psychologique. Atterrissage réussi.
     Le savoir-faire de Dan Simmons est redoutable. Quels que soient les genres auxquels il s 'attaque, son talent en intègre aussitôt toutes les lois, thèmes et ficelles. Cette exceptionnelle faculté de synthèse place chacun de ses livres au rayon des classiques. En science-fiction, l'on oubliera pas de sitôt Hypérion, prodigieux amalgame de mille pages, ou, dans un autre registre, L'échiquier du mal, un thriller fantastique à la Stephen King, à peine moins foisonnant.

     Le blues de l'astronaute
     Les larmes d'Icare et L'homme nu, ses deux derniers récits traduits en français, confirment la virtuosité du romancier américain. L'on y retrouve sa puissance d'évocation, sa clarté, ses nuances de psychologue scrupuleux. Mais aussi l'impression qu'il suit des traces connues.
     Impossible, par exemple, de ne pas évoquer J. G. Ballard en lisant Les larmes d'Icare. Cette histoire de cosmonaute déprimé, qui incarne tous les rêves déçus par l'abandon des grands projets explorateurs de la NASA, fait inévitablement songer à Souvenirs de l'ère spatiale (1982) et autres fables nostalgiques de l'écrivain britanique. Au lyrisme post-atomique de Ballard, Simmons prèfère cependant la narration réaliste. Car son livre n'est pas une anticipation, mais une fiction contemporaine et intimiste. L'on s'émeut volontiers des errances existentielles de son héros arraché du ciel et qui peine à retrouver une place parmi les siens : un fils tombé sous la coupe d'un gourou, d'anciens compagnons de vol aussi désemparés que lui, une jeune et patiente amie dont il ne sait accepter la terrestre complicité. Ce roman désillusionné aurait pu tourner à la complainte ; Dan Simmons en a fait une quête d'identité passionnante.

     La solitude du télépathe
     Autre voyage initiatique, L'homme nu renoue avec la science-fiction. Ici, c'est avec L'oreille interne (1972), de Robert Silverberg, que la comparaison s'impose. Vingt ans après son aîné et avec une égale sensibilité, Simmons dit l'angoisse d'un télépathe, unique prodige dans la foule des humains normaux. Incapable de se soustraire au terrible bruit de fond que composent toutes les pensées humaines, le héros fuit vers une impossible solitude.
     C'est moins l'originalité de Dan Simmons que son efficacité qui impressione le lecteur. Son imaginaire est riche de trop d'influences pour que s'en dégage lisiblement sa propre créativité. Vite propulsé parmi les auteurs à succès, il se maintient sur le podium en produisant à volonté de nouveaux best-sellers qui se dévorent d'une traite. Malgré leur goût de déjà lu.

François ROUILLER
Première parution : 7/5/1994
24 heures
Mise en ligne le : 10/11/2000


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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