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Cette chère humanité

Philippe CURVAL


Cycle : MARCOM  vol. 1 



Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (42)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1976
Roman, 296 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Depuis vingt ans, le Marcom, issu du Marché commun, s'est replié sur lui-même et entouré d'une infranchissable barrière de défenses. Usant d'une ruse infinie, Léo Deryme, le montreur de rêves, l'oniromancien, a réussi à flaire passer au-dehors un message énigmatique, un appel au secours.
     Les Payvoides (anciens pays en voie de développement) l'ont reçu. Et ils ont envoyé en mission Belgacen Attia qui a travaillé autrefois en Marcom et y a eu un fils. S'il parvient à franchir le rideau électronique qui protège la frontière inviolée, que découvrira-t-il ?
     Sera-t-il accueilli en espion ou en sauveur ?
     Dans ce roman dense et richement imagé, Philippe Curval fait le procès de notre société d'accumulation
     qui pèse de tout le poids du passé sur ses ressortissants. Coupés des ressources de l'imaginaire et des puissances de l'instinct, ont-ils d'autre issue que la névrose ?

     Pour son précédent roman, L'homme à rebours, Philippe Curval a obtenu en 1975 le Prix du meilleur roman français de Science-fiction.

    Prix obtenus    
Apollo, [sans catégorie], 1977
 
    Critiques    

     Après son « Utopie 75 », Curval nous donne son « anti-utopie 76 » : un marché commun devenu « Marcom », qui s'est retranché du reste du monde, et figé dans le refus du risque et le culte du confort matériel. Le livre pourrait aussi s'appeler — à la John Le Carré — « l'Espion qui venait des Payvoides » (pays en voie de développement) ; ou — à la Frank Herbert — « l'Homme fait d'insectes » ; ou — à la Jeury — « les Montreurs de rêves » ou « le Temps ralenti » (tels sont les deux correctifs, le mystique et le technique apportés à l'isolement dans le temps et l'espace caractéristiques de toute utopie) ; et on pourrait trouver aussi du Ballard dans la « recherche du signe suprême dissimulé dans les méandres de l'acte créatif » (l'urbanisme comme dévoilement, p. 142), ainsi que dans les débordements d'une sexualité raffinée et cruelle. Mais ces rencontres — inévitables dans une littérature fortement collective comme la SF — ne diminuent nullement la valeur de l'œuvre, à la fois la plus riche et la plus claire de Curval à mon sens ; tous ces éléments sont fructueusement fondus ensemble : ainsi, l'interférence des sur-rêves des initiés et de la technologie de dilatation spatiotemporelle inflige enfin au Marcom voleur de temps et d'espace la sanction appropriée, en le réduisant, caricaturalement mais aussi symboliquement, à un immeuble (immobilité) voire un appartement (à part). Et, avec des personnages aussi divers que vivants, et des regards nouveaux sur les mythes anciens (l'androgyne, le double) et les problèmes éternels (le père-nature et le père-dieu), c'est bien, tout compte fait, de « cette chère humanité » que nous parle Curval, avec un sourire mi-indulgent mi-amer dans sa barbe mi-patriarcale mi-contestataire.

George W. BARLOW
Première parution : 1/1/1977 dans Fiction 276
Mise en ligne le : 1/1/2013


 
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