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Gandahar et l'oiseau-monde

Jean-Pierre ANDREVON

Science Fiction  - Cycle : Gandahar  vol.

Illustration de Philippe CAZA
HACHETTE Jeunesse, coll. Vertige S-F n° 1006, dépôt légal : mai 1997
192 pages, catégorie / prix : H8, ISBN : 2-01-209634-5
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Un effroyable danger menace la planète Tridan : l'infâme dicdottore du Ranstdraam a réveillé le feu nucléaire des Anciens. La reine de Gandahar appelle à la rescousse Sylvin Lanvère, son chevalier servant... Accompagné de la fougueuse princesse Sandrallia et du doux prince Artwaal, Sylvin devra surmonter les plus périlleux obstacles jusqu'au terme de leur aventure, ce Petit-Bout-du-Monde, où les esprits-gardiens veillent sur l'étrange oiseau-monde…
 
    Critiques    
     Auteur majeur sur la scène de la Science-Fiction française, Jean-Pierre Andrevon publie en 1969 son premier roman : Les hommes-machines contre Gandahar.

     Un livre curieux et inclassable : un soupçon space opera rigolo, un rien time opera farfelu, un zeste Fantasy humoristique... Devenue un long métrage d'animation en 1988, réalisé par René Laloux sur des dessins de Caza, la première aventure du Chevalier Sylvin Lanvère connaît, presque trente ans plus tard, une suite romanesque inattendue. L'ancien vainqueur du Métamorphe reprend du service dans Gandahar et l'oiseau-monde, un court roman destiné à un lectorat « à partir de 11 ans » (précision fournie par l'éditeur).

     Le synopsis original de ce second volet a été rédigé peu après la parution du premier. Faute de temps, ce projet de suite immédiate s'est retrouvé enterré dans un tiroir. C'est en cherchant un sujet pour un livre de S-F jeunesse (à la demande de Denis Guiot), qu'Andrevon a eut l'idée de ressortir son synopsis de ses archives et de l'adapter pour un lectorat juvénile.

     Gandahar et l'oiseau-monde est un très bon livre de Science-Fiction Jeunesse. Servi par une écriture fluide et précise, construit autour d'un synopsis rapide et sans temps mort mais non précipité pour autant, Gandahar et l'oiseau-monde est une manière de feu d'artifice linguistique : rarement une oeuvre de Science-Fiction n'aura véhiculé autant de néologismes des mieux venus et souvent très drôles. Autre point fort du livre : contrairement à la plupart des ouvrages de S-F Jeunesse, un lecteur adulte ne devinera pas toute l'histoire dès les quinze premières pages. Les rebondissements sont nombreux, les trouvailles ne manquent pas (telle la justification de la modification du climat de la planète), et la chute est réellement inattendue — notons que ce roman avait été annoncé sous un autre titre (repris d'ailleurs dans la bibliographie insérée dans Le parking mystérieux, l'autre actualité d'Andrevon dans le domaine de la S-F jeunesse, mais cette fois chez Magnard) qui « vendait la mèche » : bonne idée de l'avoir modifié avant parution.

     Un constat et un reproche toutefois. Une des forces de la littérature de Science-Fiction est sa capacité à faire accepter aux lecteurs une idée aussi farfelue et « impossible » que celle proposée par l'auteur quant à la nature de la planète Gandahar : bel exemple de ce que j'ai l'habitude de nommer la « mise entre parenthèses de l'incrédulité », en référence à ce que les anglo-saxons nomment « suspension of disbelief ». Ce qui ne signifie pas qu'un lecteur de S-F soit prêt, pour autant, à gober n'importe quoi. Tridan est une ancienne colonie de peuplement humain, l'histoire contée par Andrevon se passe plusieurs millénaires après la colonisation et l'abandon de la technologie. Or, devinez quoi ? D'abord, sachez que les colonisateurs du futur stockeront les informations sous forme d'images de synthèse sur... des disquettes absolument semblables à celles que vous utilisez aujourd'hui ! Le lecteur le mieux disposé aura tout de même tendance à s'étonner de cette sorte de « décalage technologique ». Ensuite, c'est en retrouvant une de ces disquettes, vieille de quelques milliers d'années, et en bidouillant un vieux lecteur, que sera découverte la solution de l'énigme. Quant on sait que la durée de vie d'un support magnétique genre disquette est au mieux de l'ordre de quelques dizaines d'années...

     Un détail, me direz-vous ?

     Certainement pas ! C'est lorsque les détails de la vie quotidienne « sonnent vrais » que l'on peut faire passer — c'est-à-dire rendre acceptable à défaut de crédibiliser — une idée extrême, un élément fondateur inattendu, dans la Science-Fiction la plus échevelée, la plus fantaisiste, la plus futuriste... En auteur chevronné, Jean-Pierre Andrevon ne peut ignorer cela — d'autant qu'il suffisait de remplacer le mot « disquette » par une expression bien science-fictive du genre « cristal-mémoire », et tout aurait continué d'aller pour le mieux sur le meilleur des mondes possibles. En éditeur non moins chevronné, on s'étonnera que Denis Guiot ait laissé passer ce qui, à mes yeux, est une faute en regard de l'esthétique du genre.

     Cela étant, cette scorie n'enlève rien à la réussite qu'est ce roman. Avec Gandahar et l'oiseau-monde, Andrevon signe une bien belle oeuvre de « light fantasy » pour jeunes lecteurs — les moins jeunes y trouveront aussi leur compte, en particulier les nostalgiques des séries de bande dessinée d'autrefois, comme Olivier Rameau.

Francis VALÉRY
Première parution : 1/10/1997
dans Bifrost 6
Mise en ligne le : 5/11/2003


     Le dicdottore Grattwaal, sombre seigneur du Ranstdraam, vient de condamner l'humanité toute entière à sa fin. Ayant redécouvert les secrets prométhéens, ayant extirpé des vestiges du passé les terribles pouvoirs de l'atome, il compte étendre son pouvoir et s'emparer du monde par le biais du nucléaire. Or, comme si l'histoire n'était qu'un cercle, la création échappe au créateur. Du sommeil ancestral, le feu renaît de ses cendres pour mieux consumer la planète. Seul espoir des peuples, Sylvin Lanvère — mandaté par la reine de Gandahar — doit empêcher que ne se commette l'irréparable. Secourant une princesse, s'alliant avec un prince à la prose prolixe et parcourant le monde à dos d'animaux fantasmatiques, Sylvin cherche à réaliser les prophéties et à découvrir celui qui pourrait sauver l'humanité : l'oiseau-monde.

     Le nom de Gandahar fait désormais partie de notre patrimoine SF. Alors que le roman original est réédité chez Denoël et que le film de Laloux et Caza réapparaît en vidéo dans les rayons, c'est avec une joie non dissimulée que nous accueillons Gandahar et l'oiseau-monde. Andrevon semble d'ailleurs s'être replongé dans son univers « Wulien » en diable, puisque cette nouvelle aventure de Sylvin Lanvère est le prélude à deux autres romans à paraître.

     Jean-Pierre Andrevon échappe à la mode qui prône l'individualisme pour s'attaquer au thème de la solidarité et repartir en croisade contre le nucléaire. Parsemé d'idées plus écologistes les unes que les autres, ce roman est une ode à la vie. En dépit d'un début un peu lent, cette aventure se laissera délicieusement savourer par tous les amateurs de rêves bucoliques, par tous les connaisseurs de bons néologismes, mais aussi par tous ceux qui voudront découvrir enfin si Sylvin et Airelle se retrouvent.

Alain NÉVANT
Première parution : 1/6/1997
dans Galaxies 5
Mise en ligne le : 23/3/2009


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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