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La Grande machine

Fritz LEIBER

Titre original : You're All Alone, 1950/1953

Traduction de Alain DORÉMIEUX
Illustration de Jean-Luc SECHET

CASTERMAN , coll. Autres temps, autres mondes - Romans n° (12)
Dépôt légal : septembre 1978
214 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-203-22711-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Prends garde au monde qui t'entoure. Tu crois connaître ce monde. Tu crois tout savoir des gens dont il est peuplé. Tu es persuadé de la réalité de leur existence. Tu les juges capables de penser, de souffrir, d'éprouver des sensations et des émotions. Tu t'imagines qu'ils sont vivants ! Erreur : tout est mort. Le monde entire est une machine, et ses habitants en sont les rouages. Et toi aussi tu fais partie de la machine. Toi aussi tu es pris dans son engrenage. Amoins que tu ne décides d'en sortir... Mais gare alors aux dangers qui t'attendent !


     Fritz Leiber est né en 1910 à Chicago, ville où il a longtemps vécut et qui sert de cadre au présent roman. Son père et sa mère étaient acteurs de théâtre dans une troupe itinérante, spécialisée dans le répertoire shakespearien, et dont il accompagna très jeune les tournées (ce milieu est décrit dans le récit, Quatre fantômes dans « Hamlet », qui clôt le présent volume). Après avoir débuté en 1939 dans la littérature fantastique, il écrit de la science-fiction depuis plus de trente ans et a donné à ce genre quelques-unes de ses plus belles réussites, aussi bien dans le domaine du roman que dans celui de la nouvelle. Auteur à la stature considérable, il est aussi (à l'égal d'un Theodore Sturgeon) l'un de ceux de l'Age d'Or dont l'oeuvre est restée la plus résolument moderne — comme en témoignera ultérieurement une anthologie de ses nouvelles axée sur toutes les époques de sa carrière. Dans La Grande machine, roman de 1950, un climat d'une bizarrerie surréaliste baigne une action à la merveilleuse extravagance.

    Sommaire    
1 - La Grande machine (The Big Engine), pages 11 à 160, Roman, trad. Alain DORÉMIEUX
2 - Quatre fantômes dans "Hamlet" (Four Ghosts in Hamlet), pages 163 à 211, trad. Pierre BILLON
 
    Critiques    
 
     QUAND MACHINE S'EVEILLERA...

     Tout d'abord, quelques mots, rapidement, et qui n'ont rien à voir avec le roman dont il va être question. Je peux ? Non ? C'est bête. J'aurais bien aimé pouvoir répondre à ceux, collègues et lecteurs, qui trouvent mon style par trop « néo-Charlie-Hebdo », dans ces critiques qui n'en sont pas. On m'a également fait remarquer amicalement que mes critères étaient quelque peu simplistes, du genre : « J'aime ce bouquin donc il est bon, je ne l'aime pas donc il est nul ». Ouais. Juste quelques mots, pour dire qu'à mon avis c'est finalement là le résumé grossier, mais exact, de la démarche intérieure de tout critique. Non ? D'accord : les autres traduisent cela en langage savant. Bon. Mon style... ça doit venir du fait que je n'ai pas été à l'université, quelque chose comme ça, que je ne me sens pas professionnel de la chose, lecteur moyen, au plus. Enfin... mea culpa quand même, et je vais de ce pas, tenter de creuser mes argumentations. Voilà : si c'avait été possible, j'aurais dit deux mots là-dessus. Venons-en maintenant à notre Grande Machine.

     Signé Leiber. Celui du Vagabond, et aussi, entre autres, de Demain les loups (Presses Pocket). La grande Machine date de 1950. Vous frémissez ? En gros, son thème est celui de la fausse réalité du monde qui nous entoure et dans lequel nous clapotons. Vous grincez des dents ? Eh bien, remettez-vous, toutes ces grimaces ne sont peut-être pas motivées. Le personnage central, celui que nous allons suivre dans les méandres de cette aventure, s'appelle Carr Mackay et il travaille bêtement dans un bureau de placement. Un jour, quelque chose se déglingue dans son univers habituel : une faille dans son environnement, ses habitudes. La faille ? un bizarre appel au secours d'une fille apeurée, surgie là comme par magie, que personne d'autre que lui ne semble remarquer. Et c'est parti. Situation connue, sans originalité, pour qui a lu vingt-cinq bouquins écrits sur ce thème bien après celui de Leiber. N'empêche. L'aventure de Carr et de cette fille vaut la peine d'être suivie, à mon humble avis de lecteur moyen plutôt bon public. Oui, le monde est une immense, une gigantesque machine, et les vivants qui l'habitent ne sont que des pantins « endormis », programmés dans leurs habitudes, accomplissant sans sourciller leurs petits rôles... et tout tourne rond, oui, monsieur. Sauf quand par extraordinaire un de ces pantins s'éveille. Comme Carr et comme quelques autres, dont Jane, la fille blonde apeurée. C'est alors la fuite à travers ce monde de décors, dans les rouages de la machine. La fuite pour échapper à ce groupe d'éveillés sadiques qui se promènent au hasard des rues et jouent cruellement avec les « endormis ». Il est là, le point fort et intéressant du roman : dans cette allégorie qui met en scène la méchanceté de quelques privilégiés jouant avec le monde des pantins. La situation ne vous rappelle rien ? Le parallèle avec une situation bien réelle (réelle ? vous avez dit réelle ?) est évident, quoique traité sans grosse artillerie à l'appui. L'action est permanente, et le fait que les cartes majeures nous soient dévoilées dans les premiers instants ne gêne pas, au contraire. Si vous espérez, au final, savoir qui tire les ficelles de cette monstrueuse pantalonnade, vous serez déçu : là n'est pas le propos de ce roman. C'est construit beaucoup plus subtilement. Le salut, c'est de réintégrer l'engrenage, pour n'être pas repéré ; c'est reprendre sa place et s'y tenir... Mais en étant conscient de l'affreuse machination. Caché, mais conscient, en état de veille permanente, sur ses gardes : le meilleur tremplin pour une action efficace, avec des chances (si minimes soient-elles) de réussite et de victoire, même à long terme. Etre éveillé, le savoir. Je me suis bien fait comprendre ?

Pierre PELOT
Première parution : 1/3/1979 dans Fiction 299
Mise en ligne le : 1/2/2010


 
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