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Chung Kuo

David WINGROVE

Titre original : The Middle Kingdom, 1989

Cycle : Zhongguo (découpage annexe)

Traduction de Yannick BOURG
Illustration de Jim BURNS

Florent MASSOT PRESENTE , coll. Espace infini n° (4)
Dépôt légal : octobre 2002
Roman, 720 pages, catégorie / prix : 16,90 €
ISBN : 2-84588-069-3   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre L'Empire du Milieu   L'ATALANTE, 2007

    Quatrième de couverture    
     En ce début du XXIIIe siècle, le monde est dominé par la Chine : Chung Kuo, l'empire du milieu. Divisé en sept provinces, il s'étend sur toute la surface du globe. L'humanité est enfermée dans de monumentales Cités érigées sur trois cents étages. Du haut de son trône, au sommet de la Cité Europe, l'empereur vieillissant, Li Shai Tung, doit faire face aux ambitions des industriels Hung Mao, les Européens de souche qui ne supportent plus son autorité. Qui remportera le bras de fer qui agite les niveaux supérieurs ? Dans les bas-fonds, sous la Toile où se retrouvent tous les miséreux qui subissent le joug des Triades, un assassin, un kwai, devra utiliser toute sa force et son ingéniosité pour survivre dans cet univers sordide... Enfin, sous les fondations de la Cité, dans la Glaise, un jeune garçon prénommé Kim sera malgré lui le catalyseur d'une guerre qui ne veut pas dire son nom... Intrigues et trahisons, honneur et amour hantent les destins des héros de Chung Kuo. Fresque cruelle et féroce, pleine de fougue et de passion, Chung Kuo (et ses suites) est devenu dans les pays anglo-saxons la nouvelle référence de livre-univers depuis Dune.

     Né en 1954, David Wingrove, sinologue érudit, fut d'abord éditeur avant de se lancer dans l'écriture. Dès ce premier roman, il fait preuve d'une maîtrise qui frise l'excellence et nous entraîne dans une aventure passionnante et enivrante.
 
    Critiques    
     Au XXIIIe siècle, la Chine domine le monde. Celui-ci a été divisé en 7 provinces continentales. Et autant de cités. La population a continué de croître de manière exponentielle, de sorte que la Terre entière est désormais recouverte d'éléments urbains hexagonaux sur trois kilomètres d'épaisseur. Une alternative architecturale aux monades urbaines chères à Silverberg.
     Chung Kuo, l'Empire du Milieu, a vocation à une intangible pérennité mais, dans la cité Europe, des troubles naissent. Des hommes d'affaires blancs fomentent des complots pour imposer le changement et, au besoin, renverser le T'ang, l'empereur.

     En quatrième de couverture, Chung Kuo nous est présenté comme une œuvre équivalente à Dune, de Frank Herbert... Une fois de plus. Et une fois de plus, il n'en est rien. Certes, Chung Kuo est un roman plus long que Dune, et même plus long que Dune et Le Messie de Dune réunis. Mais Chung Kuo est un roman TROP long. Il ne suffit pas qu'un roman mette en scène des intrigues de palais pour se prétendre Dune. Au demeurant, Gloriana ou la reine inassouvie de Michael Moorcock est un fort roman animé de nombreux personnages se livrant à des intrigues de palais que nul n'a jugé bon de placer en regard de Dune parce que Moorcock se vend aussi bien qu'Herbert. Des personnages nombreux n'arrangent rien dès lors qu'ils sont TROP nombreux. Il ne saurait suffire de les multiplier à l'envi pour égaler Dune. Quant à la multiplication des intrigues et sous-intrigues, elle me fait penser à L'Aube de la nuit, le gigantesque western galactique de Peter F. Hamilton, comme si l'on nous contait par le menu l'histoire du Far West à travers chaque duel de cow-boys.

     En main, le livre est pesant, mais pas seulement. À la multiplication des bonshommes, lieux et intrigues, la traduction semble encore avoir ajouté sa petite touche.

     Et pourtant ! Cet univers avait un réel potentiel, tout pour être fascinant. Dominé par la Chine, ou plutôt la culture chinoise, avec son conservatisme et son traditionalisme comme base d'une société avide de stabilité, centrée sur la Terre, face à un culture occidentale désormais en infériorité politique mais égale à elle-même, éprise de liberté et des progrès, le monde proposé par David Wingrove avait une réelle originalité, explorant un avenir probable dans son schéma à défaut de l'être dans sa mise en scène.

     Le traitement n'a pas été à la hauteur du potentiel. Derrière toutes ses intrigues, la problématique est par trop succincte, pour ne pas dire absente. Chung Kuo n'alimente pas notre réflexion sur le monde et c'est bien dommage. Reste la possibilité de se divertir, au risque d'une certaine lassitude.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/2003 dans Bifrost 30
Mise en ligne le : 1/5/2004


     Chung Kuo, l'Empire du Milieu, est le nom que les Chinois donnent à leur propre pays ; mais au XXIIe siècle, c'est aussi la Terre entière, régentée par les Han. L'essentiel des espaces naturels a fait place à l'agriculture industrielle et à des Cités aux dimensions d'un continent, empilements de niveaux clos qui abritent une population globale de quarante milliards de personnes. Sept T'ang, sortes d'Empereurs aux domaines continentaux, contrôlent le sort de la planète. Un modeste contre-pouvoir existe sous la forme d'une assemblée élue ; ses membres dirigent les groupes industriels qui fournissent les équipements technologiques indispensables à la marche de la société : réalité virtuelle, animaux créés par génie génétique, navettes spatiales. Ils sont pour la plupart d'origine européenne, et quelques-uns d'entre eux, unis par l'amour du changement et l'esprit d'exploration (spatiale), se lancent dans l'action clandestine. Soren Berdichev, Pietr Lehmann et Edmund Wyatt, amis de longue date et hommes influents, complotent donc pour assassiner un ministre du T'ang.
     Comme dans Dune, Wingrove ne lésine pas sur la complication des intrigues (à tous les sens du terme) et sur la duplicité des personnages. Tous les ressorts du romanesque sont mis en branle dans cet ouvrage aux dimensions aussi impressionnantes que la fourmilière humaine qu'il décrit, avec des tableaux consacrés aux destins poignants ou surprenants de maints personnages secondaires. Wingrove en fait parfois trop ; il introduit par exemple coup sur coup en milieu de roman trois personnages d'enfants prodiges. Mais il reste toujours lisible, et devrait plaire aux fans de Pierre Bordage, par exemple. Avec un bémol : la traduction française est médiocre, parsemée d'anglicismes et de contre-sens occasionnels.
     Au-delà des ficelles de ce qui est, après tout, un monumental premier roman (publié en Angleterre en 1989), il faut saluer le tour de force d'un livre écrit du point de vue chinois. D'une façon ou d'une autre, les romans de SF occidentaux font l'éloge du changement, voire de la rébellion, et de la démocratie. Rien de tel dans Chung Kuo, où le salut d'une humanité pléthorique, qui a réduit la nature à une poubelle, tient à la stabilité que garantissent la voie de la tradition et les sages décisions de la dynastie impériale. Ceux qui s'opposent à elle, au nom de l'argumentaire classique de la démocratie capitaliste, sont présentés comme de vulgaires profiteurs, avides de pouvoir. Il est rare qu'un auteur sorte ainsi de sa culture, et Wingrove fait l'éblouissante démonstration de son absorption de la culture chinoise, et des vues politiques qui lui sont en général associées.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/4/2003 dans Galaxies 28
Mise en ligne le : 1/9/2005

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition L'ATALANTE, La Dentelle du Cygne (2008)


     Chine souveraine

     Au XXIIIe siècle, le monde est gouverné par la Chine. Sept maîtres absolus, les tangs, ont découpé et administrent la Terre en sept provinces continentales et autant de cités. Les cités sont des villes colossales, s'empilant sur trois cents étages et trois kilomètres d'épaisseur, enfermant toute l'humanité.
     Li-Shaidong est le tang de la Cité Europe. Il doit faire face à des troubles grandissants, fomentés par les industriels Hongmao, les européens de souche, qui ne supportent plus l'immobilisme du régime en place. Tradition et haute technologie s'affrontent donc par le biais d'attentats terroristes, intrigues politiques, invasions militaires et autres trahisons. Cruauté et crimes abominables mettent aux prises héros et traîtres hauts en couleur.
     David Wingrove a mis en scène dans ce roman futuriste — paru en langue anglaise en 1989 déjà — deux visions du monde radicalement opposées : stabilité et tradition face à changement et progrès. L'intrigue est solide et le lecteur se laisse engloutir dans cet univers original, même si parfois l'auteur verse un peu trop dans le détail.
     Zhongguo, livre-univers, est le premier volet d'une série qui en compte huit, en cours de traduction. Monumental.

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 30/1/2008
24 heures
Mise en ligne le : 15/12/2007




 
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