Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Un bonheur insoutenable

Ira LEVIN

Titre original : This Perfect Day, 1970
Première parution : Random House, 1970

Traduction de Frank STRASCHITZ

Robert LAFFONT (Paris, France)
Dépôt légal : 1971
Roman
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction



    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (2001 - 2007) (2003)


     Levin est un des maîtres du fantastique d'horreur avec Rosemary's Baby, mais il fut aussi l'un des premiers auteurs à fantasmer sur le clonage avec Ces garçons qui venaient du Brésil, sans oublier Les Femmes de Stepford, variation sur le thème de la robotisation des esprits et des corps qui s'annonçait avec Un bonheur insoutenable. Ce texte prend place dans la tradition de la dystopie, ou anti-utopie, comme Le meilleur des mondes (1932) ou 1984 (1948). Il s'agit cependant d'un récit original, qu'on peut relire trente ans après sa première publication sans sourire des naïvetés qu'il comporte par endroits.
     Tout se passe dans un futur non précisé, les dates données ne signifiant rien pour nous. La « civilisation » a colonisé Mars et au-delà. Le calendrier de la semaine comporte un « marxdi », et on porte un « noméro » en bracelet, qui est aussi un lecteur de code permettant en particulier de pénétrer dans les endroits autorisés. L'ordinateur central (Uniord) est censé diriger le monde et les hommes. Pour éviter toute agressivité, chaque individu est médicalisé, classifié, « moutonnisé ». Le héros présente un léger défaut physique : ses deux yeux ont des couleurs différentes. Il a aussi un grand-père qui a aidé à construire Uniord, qu'il a fait visiter à notre héros. On assiste à son enfance où il se révèle un peu différent, à son « éveil » qui le voit conforté dans sa rébellion, puis à sa fuite avec son amour vers la liberté — qui s'avère bien éloignée de ce qu'il rêvait. Il retourne alors détruire Uniord : de nombreuses péripéties, du suspense, des scènes d'action...
     Une originalité du récit tient au fait que les gardiens d'Uniord attendent ce type d'attaque afin de faire évoluer l'ordinateur grâce à l'apport des « rebelles ». Ce roman fut écrit à une époque où l'on s'interrogeait, avec Marcuse, pour savoir si le « système » était mis en péril par les rebelles, ou s'il se nourrissait de leur dynamisme pour se maintenir et prospérer. Une réponse est donnée ici. Et combien de jeunes et doux hippies d'alors sont devenus des tycoons des médias, de la banque ou de telle multinationale ? Cette variation sur Le meilleur des mondes est une bonne actualisation du problème, dans le contexte des années 1970. Mais il peut aussi nous interroger aujourd'hui.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/6/2003
dans Galaxies 29
Mise en ligne le : 21/1/2007




 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 69496 livres, 77815 photos de couvertures, 64592 quatrièmes.
8384 critiques, 36857 intervenant·e·s, 1476 photographies, 3710 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.