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L'Exorciste

William Peter BLATTY

Titre original : The Exorcist, 1971
Première parution : New York, USA : Harper & Row, mai 1971

Traduction de Jacqueline REMILLET

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Pavillons poche
Dépôt légal : octobre 2011
Roman, 532 pages, catégorie / prix : 10,90 €
ISBN : 978-2-221-12551-9   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Des événements insolites et angoissants se produisent dans la maison de la célèbre actrice Chris MacNeil. Des bruits qui viennent de nulle part, des meubles qui semblent se déplacer dans la nuit. Et la petite Regan, fillette de douze ans, qui change peu à peu mais radicalement de comportement. Sa mère s'inquiète et les médecins, perplexes, sont incapables de comprendre le phénomène. Dédoublement de personnalité ? Hystérie ? Si l'enfant en présente les symptômes comportementaux, aucune preuve clinique ne parvient à prouver ces éventualités.
     Scanners, radios, analyses multiples. Tout est mis en œuvre pour tenter de percer à jour ce mystère, mais l'énigme demeure insoluble. Les neuro psychiatres ne découvrent rien. Ni lésion cérébrale, ni épilepsie ou schizophrénie. La situation s'aggrave encore lorsque Burke, le meilleur ami de Chris, est retrouvé mort sous la fenêtre de Regan. Pendant ce temps, l'état de la fillette continue d'empirer : lévitation, hyperkinésie, glossolalie, force herculéenne.
     Jusqu'au moment où un psychiatre suggère l'exorcisme. Un style glacial et angoissant, qui donne des sueurs froides. Des descriptions chocs et des scènes terrifiantes propulsent ce livre et son auteur au rang des maîtres du genre.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
L'Exorciste , 1973, William Friedkin
L'Exorciste 2 - L'hérétique , 1977, John Boorman
L'Exorciste - au commencement , 2004, Renny Harlin
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition Robert LAFFONT, Best-sellers (1972)


Le succès de Rosemary’s baby a provoqué l’émulation des romanciers et des cinéastes. Après Fred M. Stewart, William Peter Blatty est le second auteur, dans la littérature “ officielle ” du moins, à exploiter la démonologie, sujet qui, jadis réservé à des spécialistes avérés, s’est mué en une veine féconde et d’un bon rapport.

Le titre du roman contient déjà l’intrigue entière. La manière d’Ira Levin a fourni l’assise : cette intrigue est située dans un décor moderne, Washington, dans un milieu déterminé dont tout affirme la réalité et la banalité. Elle implique des personnages qui, sans être tout à fait ordinaires, ne sont pas non plus exceptionnels. Scénariste (surtout de comédies pour Blake Edwards), Blatty a choisi pour héroïne une actrice de cinéma, Chris McNeill, divorcée et mère d’une fillette, Regan. C’est celle-ci qui sera possédée.

Pour la peinture des caractères principaux (Chris, Regan) et secondaires (la secrétaire, les domestiques, un metteur en scène, un inspecteur), Blatty a eu recours aux procédés de fabrication en usage dans les romans de grande consommation. Il a fait porter ses efforts sur les caractères de l’exorciste, le père Damien Karras, dont l’histoire particulière occupe un tiers du roman. Peu sûr de sa foi, ce jésuite psychanalyste trouvera dans l’affrontement avec le Mal un moyen de s’affermir. Avec ce personnage, l’auteur a voulu dépasser les limites de ses moyens et n’y est pas parvenu. C’est que le talent du confectionneur et les recettes ne suffisaient plus. Les incertitudes du style révèlent la maladresse de Blatty, non le drame intérieur de Karras. C’est aussi que ce personnage n’appartient pas vraiment à son créateur : son physique et sa gaucherie naturelle, son inhabileté dans les relations humaines, sa fréquentation du sordide le rapprochent trop intimement de l’abbé Donissan, le héros de Sous le soleil de Satan.

Hasard ? La nature de l’inspiration chez Blatty se précise avec le personnage de Merrin, calqué sans vergogne sur Teilhard de Chardin. Avec ce second exorciste, l’habileté technique se retourne contre elle-même. L’unité de caractère que suppose un héros traditionnel fait défaut à Karras. Merrin était un soutien nécessaire. Mais sa présence réduit l’importance de Karras ; au dénouement, les deux personnages semblent se disputer la première place. Introduction et chute voudraient suggérer que le cas précis de Regan n’est qu’un épisode d’une lutte très vieille et plus vaste. Parce que la résurgence de Merrin est trop éloignée de sa première apparition, l’effet n’est pas obtenu.

L’ambition, le désir d’être profond contrastent ainsi au long du roman avec le souci de l’efficacité ; ce dernier a poussé Blatty à créer des intrigues secondaires. La juxtaposition du drame simplement humain vécu par Karl, le domestique, et du drame surhumain de Chris McNeill devait-elle produire quelque réflexion ? Le premier semble surtout du remplissage. Ces aspects paraîtraient moins défectueux s’ils n’obscurcissaient la matière du livre.

Mais le sujet même, comme Blatty l’a envisagé, n’était pas apte peut-être à des développements amples et variés. L’histoire se résume à la reconstitution d’un cas spécifique. Ne manque aucun des symptômes qui d’après les théologiens forment la possession. Blatty a construit son intrigue pour que tous les doutes soient écartés qui réduiraient cet état à une manifestation pathologique. Son roman est bien fantastique. La documentation étouffe le récit quand on sent que celui-ci est un simple habillement de celle-là ; un historien alors est plus passionnant, comme le prouve l’étude remarquable consacrée par Michel de Certeau à La possession de Loudun (1) : l’affaire est vraie, la documentation exhaustive, les phénomènes rigoureusement analysés. L’intelligence de Blatty a été de choisir pour victime une fillette ; en décrivant par le menu toute manifestation du démon, en insistant sur les contorsions, les odeurs et le langage, il fait naître l’horreur et la répulsion.

Nul de ces défauts ne reste inexplicable si l’on songe que L’exorciste est presque un film ; il suffira d’une remise en ordre, d’un élagage, d’une épuration pour que les éléments retrouvent leur justification et leur fonction. Gageons que voir le film eût été cependant plus satisfaisant et attendons.

Alain GARSAULT
Première parution : 1/3/1972
Fiction 219
Mise en ligne le : 3/3/2019




 
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