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Christine

Stephen KING

Titre original : Christine, 1983
Traduction de Marie MILPOIS
Illustration de Jean-Yves KERVÉVAN

J'AI LU (Paris, France), coll. Stephen King n° 1866
Dépôt légal : août 1998
Roman, 384 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-277-21866-9
Genre : Fantastique


Quatrième de couverture
     Stephen King
     On ne présente plus ce maître incontesté du suspense et de l'horreur : Carrie, Shining, Misery, Ça... autant de romans — et souvent de films — mondialement célèbres. Avec La ligne verte, son roman-feuilleton en six épisodes, il a récemment battu tous les records de vente, aussi bien en France qu'à l'étranger.

     Libertyville (Pennsylvanie), un patelin tranquille qui cesse de l'être — tranquille...
     ... le jour où Arnie, lycéen dans le bel âge ingrat, tombe amoureux de Christine. Pas une jolie brune, pas une rousse fatale, non : une vieille Plymouth Fury 58 qui n'est plus qu'une ruine rouillée à mort.
     Grâce à Arnie — bricoleur né — , elle reprend vie et bientôt elle roule ! Mais à sa guise : elle cale sans motif puis bondit comme un fauve, tout ça avec des grincements qui ressemblent à des cris. Bref, à part son conducteur, personne ne se sent bien dans cette méchante bagnole. Et surtout pas Leigh, la douce petite amie d'Arnold.
     Arnie d'ailleurs n'est plus le même. Il y a du drame dans l'air, pire que du drame... Que s'est-il passé sur la chaîne de Detroit où est née Christine ?
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, (2015)

            Publié en 1983, Christine est parfois considéré comme un roman secondaire de Stephen King, et ce en dépit d’une nomination au Locus en 84. Derrière un aspect pop-corn ado simpliste (« Happy Days gone mad », King), il dissimule quelques pépites.

            1978, une petite ville près de New York. Arnie Cunningham est un adolescent au visage caviardé d’acné. Martyrisé sa vie durant par tous les abrutis scolaires, étouffé par des parents (sa mère surtout) de cette étoffe CSP+/progressiste dans laquelle la domination sur les enfants est d’autant plus intense qu’elle se dissimule sous le masque de la discussion, Arnie n’est guère à envier. Solitaire, aussi puceau qu’on peut l’être, il n’a qu’un seul ami, Dennis, qui l’aime et le protège comme un frère. Sa vie, morne et peu engageante, bascule le jour où il tombe amoureux de Christine, une Plymouth Fury 58 en ruine. Car c’est d’amour qu’il s’agit. En dépit du bon sens, comme hypnotisé, Arnie achète l’épave au déplaisant Roland LeBay et se lance dans le projet fou de la remettre à neuf. Il ignore alors que Christine est bien plus qu’une voiture et qu’il vient de tomber entre les griffes d’une créature meurtrière et exclusive qui, le flattant, le conduit vers sa destruction.

            Écrit dans un langage casual, étrangement construit (Dennis en narrateur fiable au début et à la fin, mais pas au milieu), Christine peut déconcerter. Mais si on voit ce que King a mis dedans, involontairement peut-être, alors c’est un roman riche. On peut d’abord lire l’histoire d’Arnie comme « celle du gars qui rencontre la fille qu’il lui faut pas ». Christine l’éloigne de ses parents, de son ami, s’interpose entre Arnie et sa première petite amie. Possible. Un peu court.

            Car la trajectoire d’Arnie, c’est celle d’un cocaïnomane. Un drogué comme King l’était à la même époque. Sentiment de puissance, exultation, c’est ce qu’apporte Christine au garçon mal dans sa peau – au point que son acné disparaît et qu’il trouve une copine. Mais dans le même temps, elle le rend agressif, lui fait mener les bons combats de la mauvaise manière, anéantit lentement sa famille, et éloigne un à un tous ceux qui l’aimaient, lassés de ses mensonges, de ses faux-fuyants, de son incapacité à se détacher de ce que tous sauf lui perçoivent comme une dangereuse compagne. Cet entourage qu’Arnie ressent comme hostile tentera vainement de le sauver et assistera, navré, au spectacle de sa propre impuissance ; possédé, Arnie n’est plus aux commandes.

            Quatre ans avant Misery, c’est un rusé roman sur l’addiction que livre King avec Christine. Tout proche d’un cocaïnomane le reconnaitra en Arnie Cunnigham.

Éric JENTILE
Première parution : 1/10/2015
Bifrost 80
Mise en ligne le : 25/10/2020

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Christine , 1983, John Carpenter

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