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Messager des tempêtes lointaines

Pierre PELOT



Illustration de Philippe CAZA

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 566
Dépôt légal : avril 1996
286 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-207-30567-8
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Une explosion catastrophique vient de se produire sur le chantier de réaménagement de Mos River Mount 3.
Accident ? Ou manoeuvre pour empêcher les Pénitents, un prolétariat maintenu dans l'ignorance de son passé, d'avoir accès à ce que les ruines mises au jour risquent de révéler sur « l'Histoire Interdite » ? Tandis que les autorités s'emploient à boucler le site, une lumière aveuglante en jaillit, suivie de la matérialisation d'un homme ayant l'apparence d'une image mal stabilisée. Amnésique, il sait seulement qu'il doit se rendre à Célesteville, la cité de Babar... Hallucination collective ? Ou s'agit-il de ce Sauveur dont les Pénitents attendent l'avènement ? S'engage une course-poursuite dont l'enjeu n'est rien moins que la conquête des étoiles...

L'auteur
Pierre Pelot, né et vivant toujours dans les Vosges, est l'auteur d'une centaine de romans appartenant à tous les genres. Après de récents détours par le « suspense », le fantastique, la littérature générale et même le théatre, il revient à la science-fiction avec la vigueur qu'on lui connaît en ce domaine.
Autant dire qu'il est avant tout un authentique écrivain populaire, à la langue drue et aux personnages taillés dans l'épaisseur du réel.
 
    Critiques    
     Dans une lointaine étude publiée dans le numéro 6 de la revue Argon (septembre 1975) et consacrée à l'œuvre SF de Pierre Pelot (à l'époque, essentiellement, une douzaine de Fleuve Noir signés Suragne, deux romans jeunesse chez Hatier et une poignée de nouvelles dans Fiction), je soulignais la culpabilité omniprésente du héros suragnien  : « Devant la réalité physique et mentale d'un monde qui se dégrade, d'un monde qui lui échappe et sur lequel il n'a aucune prise spirituelle ou physique, le héros suragnien se sent coupable d'exister  ; responsable de tout — au sens sartrien du terme — mais impuissant à agir sur lui-même et sur le monde, il fuit, dans une quête sans fin et désespérée, à la recherche d'un Sauveur qui le sortira de sa nuit en prenant en charge sa culpabilité et l'aidera à réaliser sa Traversée pour le déposer sur les rivages de la Terre promise. » L'archétype du Sauveur se parait des masques les plus divers — Kirja (Une autre Terre), Niaok (La Septième Saison), Horan (L'Enfant qui marchait sur le ciel), Dupondt (Le Dieu truqué), Zar (Une si profonde nuit), etc. — mais à chaque fois le héros suragnien se retrouvait en bout de course, seul, face à cette vérité ultime  : il n'y a pas d'autre Sauveur que soi...
     Plus de vingt ans après, le thème n'a rien perdu de son importance pour l'auteur. Le peuple des Pénitents est coupable d'avoir, dans le passé, déclenché une guerre chimique qui a altéré la notion même de réalité. Privé de mémoire, écrasé par les autorités, il s'obstine à attendre un Sauveur qui l'absoudra de sa faute. Et un jour, dans un aveuglant éclair blanc, un être de lumière apparaît dans des ruines datant de l' « Histoire interdite »  ! Panique chez les autorités, qui décident le lock-out total en tuant tous les témoins. Est-ce le Sauveur ardemment espéré par les Pénitents  ? Oui, puisque au sens propre du terme cet être mystérieux vient du Royaume des Cieux apporter la Terre promise. Mais il est amnésique... et, comme tous ses prédécesseurs dans l'œuvre de Pelot, il ne sera qu'un leurre.
     La petite musique pelotienne est toujours présente  : écriture enveloppante, personnages paumés et broyés par le Système. Plutôt que de décrire précisément cette société future et de l'embrasser du regard, Pelot — comme à son habitude — privilégie le détail a priori sans signification et s'attarde aux errances de ses personnages, ce qui crée un effet de « flou », propre aux univers qui se délitent ou dérapent (« N'avez-vous pas l'impression désagréable que tout ce qui nous entoure est ... faux  ? » demande même le Gouverneur à Abey le journaliste), mais aussi parfois une absence de relief. Quant à l'impression de déjà vu, ne dit-on pas qu'un écrivain écrit le même livre toute sa vie  ?

Denis GUIOT
Première parution : 1/12/1996 dans Galaxies 3
Mise en ligne le : 1/1/2000


 
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