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Misery

Stephen KING

Titre original : Misery, 1987
Première parution : New York, États-Unis : Viking Penguin Inc., 1987

Traduction de William Olivier DESMOND
Illustration de Emmanuel GUIBERT

J'AI LU (Paris, France), coll. Stephen King n° 3112
Dépôt légal : novembre 1994
448 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-277-23112-6   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Ténèbres. Puis douleur et brume...
     Quand il reprend conscience, c'est pour sentir l'haleine empuantie de la femme qui le ramène à la vie.
     Au premier regard, Pauld Sheldon comprend qu'il est dans un sacré pétrin. Certes, elle l'a tiré de l'épave de sa voiture alors qu'il avait les jambes en miettes, mais — il l'a vu à son air absent — Annie Wilkes est folle à lier.
     Et maintenant elle le séquestre. Lui ! Paul Sheldon. L'auteur à succès. L'homme qui a créé le personnage de Misery Chastain, son héroïne favorite.
     Qu'exige cette cinglée en échange de la dose de calmants dont il a besoin ? Qu'il ressucite Misery passée de vie à trépas dans le dernier volume !
     S'il refuse ? Ou s'il n'y parvient pas ? Elle le tuera...

    Prix obtenus    
Bram Stoker, roman, 1988

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Misery , 1990, Rob Reiner
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ALBIN MICHEL, Romans étrangers (1990)


     C'est une histoire d'amour et de haine.
     Comme dans tous les romans de Stephen King, une histoire d'amour et de haine ne peut se concevoir sans un monstre. Il y a bien un monstre dans cette dernière œuvre de King traduite dans notre langue, Misery. Misery n'est pourtant pas le monstre, elle pourrait l'être et elle l'est, mais elle n'existe que dans l'imagination d'un héros de l'écrivain qui est un personnage du roman. Misery Chastain a eu le don d'agacer tellement son créateur, Paul Sheldon, que celui-ci lui a littérairement tordu le cou, comme le firent certains autres célèbres écrivains de leurs héros — King cite Conan Doyle — après avoir galèré au point que leurs personnages, véritables obsessions, devaient être détruits, c'est à dire mourir littérairement, pour libérer l'imagination de leurs créateurs.
     Ce n'est pas compliqué, c'est une histoire d'amour et de haine à deux personnages, l'écrivain de l'auteur, Paul Sheldon, et le monstre qui n'est pas un monstre, mais une ancienne infirmière nommée Annie Wilkes. Et dont le lecteur découvrira progressivement la ou les monstruosités.
     Il faut préciser que, dans cette histoire d'amour et de haine entre deux personnages, Misery Chastain est un enjeu, bien que son créateur l'ait assassinée à la fin d'un ènième roman intitulé « Misery's Child. » Un enjeu entre Annie Wilkes qui désire que Paul Sheldon, un peu inconscient au point de remettre son sort au détour d'un accident de voiture entre les mains de l'infirmière, ressuscite Misery, et Paul, qui se retrouve pieds et poings liés, si l'on peut dire, à la merci de la plus extraordinaire de ses fans et obligé de jouer les nouvelles Shéhérazade pour sauver sa vie.
     Désormais, le seul problème de Paul et des lecteurs de Stephen King est de savoir comment il s'en sortira. Car la tendre Annie est une maîtresse femme extrêmement dangereuse et folle à lier.
     Avec Misery, King renouvelle une tentative qu'il avait faite avec Cujo, un roman réussi. Mais Misery demeure nettement supérieur à Cujo, car c'est, en fait, le plus métaphysique des romans qu'il ait pu écrire et une sorte de psychanalyse de son succès.
     C'est une histoire d'amour et de haine. Presque une relation sadomasochiste entre King et ses lecteurs.
     Outre qu'il rompt avec sa thématique habituelle de la famille sur laquelle plane la sombre menace de la destruction du rêve américain (Paul est célibataire) et qu'il réduit ce qu'on peut appeler « la toile de fond » grouillante de ses personnages, puis qu'il exploite d'une extraordinaire façon, l'éternel thème de la belle et la bête par l'intermédiaire de Paul Sheldon, la belle étant Misery à laquelle s'est malheureusement identifiée Annie, King nous explique que s'il est exaltant d'être un créateur, c'est aussi courir bien des risques, surtout lorsque survient la notoriété.
     L'ultime question qu'il pose, en vérité, c'est de savoir ce qu'est l'écrivain, Frankenstein ou le monstre du brave homme. La démonstration finale, qui est l'un des dénouements les plus machiavéliques que King nous ait livré à ce jour, nous expose que le mal n'a pas de limite et que chacun de nous est capable du pire, dans la pire des conditions, à l'instar d'Annie Vilkes. L'influence de Clive Barker commence à se faire sentir.
     Enfin, pour ceux qui ont aimé ce chef-d'œuvre qu'est L'Enfant Lumière, (Shining), disons que l'Overlook fait une brève réapparition dans Misery, par l'une de ses extensions, et qu'Annie pourrait bien être l'un des êtres monstrueux vomis par la chaudière de l'infernal hôtel.
     Pour conclure, King, ce diable d'homme, est d'ailleurs bien capable de nous écrire un jour tous les romans d'une série basée sur les aventures imaginaires de Misery Chastain. IL FAUT d'ailleurs QU'IL LE FASSE, là ce n'est pas Annie Wilkes qui l'exige, avec les moyens expéditifs et radicaux qu'on lui connaît et qu'on vous engage à découvrir, mais SES LECTEURS, avant qu'un Philip José Farmer, qui est capable de tout, ne se lance dans une brûlante aventure érotique de la superbe Misery partagée entre deux amours.
     Stevie sauras-tu ? Stevie le veux-tu ?

Charles MOREAU
Première parution : 1/2/1990
dans Fiction 412
Mise en ligne le : 6/10/2003




 
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