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La Mécanique du talion

Laurent GENEFORT



Illustration de MANCHU

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (90)
Dépôt légal : novembre 2003
384 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-84172-257-0   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Il s'appelait Kovall. Ils l'ont torturé au-delà de toute douleur. Or il a survécu. Il s'est reconstruit. Mais Kovall est mort ; à présent voici Valrin, et la traque commence. Pour comprendre et surtout pour se venger. Qu'importe le pouvoir de l'ennemi ? Valrin ne lâchera pas prise. De planète en astéroïde, de vaisseau en arcologie, il avance peu à peu sur les traces d'un complot d'envergure cosmique dont l'enjeu n'est rien moins que la domination de la Galaxie.
     Auteur d'une trentaine de romans, Laurent Genefort est aujourd'hui l'un des représentants les plus remarquables du space opera français. Avec La mécanique du talion, il nous entraîne dans une quête hallucinée au cœur d'un univers mystérieux et de ses mythes.
 
    Critiques    
     Léodor Kovall a été torturé, découpé, mutilé, sous le contrôle d'un médikit qui, en l'empêchant de perdre connaissance ou de mourir, lui a permis de ressentir la douleur bien au-delà de toute limite tolérable par l'esprit humain. Laissé pour mort, réduit à l'état de simple « circuit neural », Kovall a cependant réussi à se connecter au réseau informatique, puis à se reconstruire morceau par morceau. Mais l'être qui en résulte n'est plus vraiment Kovall, n'est peut-être même plus tout à fait humain. Il est devenu Valrin, un bloc de haine qui n'a plus qu'une idée en tête : la vengeance...

     Même s'il peut être lu indépendamment, La Mécanique du Talion est une pièce de plus dans le puzzle que construit inlassablement Laurent Genefort autour de l'univers des Vangks. Bref rappel : en découvrant des « portes » disséminées dans l'espace par une race appelée Vangk, l'homme a accédé au voyage interstellaire ; l'humanité a depuis découvert d'autres artefacts vangks tels qu'une énorme sphère de Dyson (Omale) et un incroyable tube reliant deux planètes (Une Porte sur l'éther), sans toutefois percer les nombreux mystères qui entourent cette race désormais disparue. Détail important, il existe également des « posthumains », des humains modifiés, par exemple pour vivre dans le vide ou, dans ce roman, pour plonger dans des eaux toxiques.
     L'intrigue propre à ce roman est donc celle qui décrit l'itinéraire de Valrin et sa lutte contre la multimondiale KAY, responsable de ses malheurs. Mais s'il débute comme un manga qui promet un carnage sanglant et une action trépidante, le récit s'assagit assez rapidement et s'oriente de nouveau vers le space opera et la hard science, deux domaines où l'auteur excelle. Ainsi, le désir de vengeance de Valrin sera davantage l'objet d'un questionnement sur ce qui fonde la personnalité, sur le droit à la modifier, sur la possibilité éventuelle de considérer certaines émotions — ici la haine — comme une maladie que l'on pourrait traiter au risque d'atteindre à l'intégrité de la personne...
     Par ailleurs, le récit portera sur la découverte d'un possible ADN vangk, sur l'existence d'une Porte Noire située à proximité d'un trou noir et qui, une fois activée, pourrait conduire vers les Vangk, sur une course au pouvoir entre des multimondiales et une sorte de secte de Pélerins adorateurs des Vangk, etc. Il est intéressant de noter que les Vangk semblent avoir prévu un message à l'usage exclusif des humains, et que l'existence d'un Multivers est probable : « nos modèles informatiques les plus cohérents du réseau de Portes de Vangk dans la géométrie du Multivers aboutissent à une éponge de Menger, un objet mathématique étrange dont la somme des trous est égale à la surface de l'objet lui-même » (p.304)

     Comme d'habitude, on en s'ennuie pas dans les romans de Laurent Genefort. Les idées y foisonnent, même s'il existe souvent des redites, notamment dans les questions que se posent les protagonistes à propos des Portes et des Vangk — procédé qui repousse d'autant les réponses. Les deux intrigues principales — la vengeance de Valrin et l'ouverture de la Porte Noire — sont étroitement liées et se complètent parfaitement. L'une d'entre elle demeura évidemment inachevée et à suivre dans un prochain roman, mais le destin de Valrin sera, lui, définitivement scellé, dans un dénouement plutôt inattendu.

     L'œuvre romanesque de Genefort forme ainsi un gigantesque space opera à la fois classique et toujours surprenant, où les idées l'emportent sur les banales péripéties dont se contentent beaucoup d'autres romans d'aventures spatiales, sans jamais devenir trop ardu ou trop aride. Il offre l'avantage certain de pouvoir y entrer par n'importe quelle « porte » : La Mécanique du talion a toutes les qualités requises pour être l'une de celles-ci.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/3/2004 nooSFere


     En passant les Portes
     Les « Portes » sont sans doute une des plus grandes inventions de l'imaginaire de la science-fiction. On les doit à Frederik Pohl qui, en 1978, rafla tous les prix littéraires du genre avec La Grande Porte, premier volume d'une série à succès.
     Après les scénaristes de Stargate, c'est au tour de l'écrivain français Laurent Genefort, fils spirituel des grands auteurs d'opéra de l'espace, de revisiter l'idée de Pohl. Chez lui, l'humanité a essaimé dans l'espace grâce aux Portes laissées par les Vangk, des extraterrestres disparus depuis cent mille ans. Ces mystérieux artefacts permettent aux vaisseaux spatiaux de passer instantanément d'un système stellaire à un autre. Pratique, efficace, même si l'homme ne comprend rien à la technologie qui permet ce miracle.
     De son côté, Kovall, chef de la sécurité d'une planète sans importance, est torturé au-delà de toute mesure par d'impitoyables tueurs. Contre toute attente, il survit. Dès lors, en véritable émule du comte de Monte-Cristo, il n'aura de cesse de se venger.
     La haine de cet homme donne son moteur à l'action. Du rythme, du suspense, de l'exotisme (ah ! la forêt sauvage de la planète Hurta avec ses candélarbres et ses féroces prédateurs), des idées, La Mécanique du talion est un récit solide, rythmé et prenant. Normal, puisque l'enjeu n'est rien moins que le contrôle de la galaxie...

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 5/2/2004 24 heures
Mise en ligne le : 1/5/2004


     Léodor Kovall a été torturé au-delà de l'imaginable. Son corps reconstruit grâce à une assistance medikit, il devient Valrin Hass, mû par une haine inextinguible contre ses tortionnaires. Sa traque l'emmène sur plusieurs planètes et astéroïdes aménagés à la recherche de Jana, la femme sans ongle, qu'un généticien, Xavier Ekhoud, a jadis cloné pour le compte des ennemis de Kovall, la puissante multimondiale KAY. Mais, amoureux d'elle, il a gardé une copie de son ADN, dans l'espoir de la cloner à nouveau. Celui-ci révèle qu'il contient des séquences étrangères, d'origine Vangk.

     On retrouve ici des motifs de l'univers que Laurent Genefort construit patiemment au fil de ses romans : les post-humains, présents dès Les Peaux-Epaisses, ainsi que les Portes Vangk permettant de voyager à travers l'espace. Ici, trois d'entre elles, débouchant inexplicablement sur un monde dépourvue de vie, ont permis de trouver un Vangk mort. Mais les luttes pour sa possession ont désactivé la Porte. Les Pèlerins, une branche des Apôtres des Vangk, ont décidé de construire un vaisseau assez puissant pour traverser l'espace jusqu'à Alioculus X2. Jana, contaminée en étudiant le Vangk, est devenue un enjeu dans cette course de vitesse.

     Les rebondissements s'enchaînent sans discontinuer et sont dignes d'un space opera classique mais bien maîtrisé. Genefort privilégie l'aventure, ce qui ôte de la profondeur à son roman, malgré des protagonistes plus fouillés que la norme dans ce type de récit — ainsi le personnage de Valrin/Kovall, qui fait l'objet d'une réflexion sur ce qui lui reste d'humanité, à présent que seule sa haine l'anime. D'une lecture agréable et facile, on est assuré de ne jamais s'ennuyer avec ce sympathique roman.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/4/2004 dans Bifrost 34
Mise en ligne le : 11/5/2005


 
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