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Méditations sur la Terre du Milieu

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Karen HABER

Titre original : Meditations on Middle-Earth, 2001
Première parution : St. Martin's, 2001

Traduction de Mélanie FAZI
Illustration de John HOWE
Illustrations intérieures de John HOWE

BRAGELONNE (Paris, France)
Dépôt légal : août 2003
Première édition
Recueil d'articles, 304 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 2-914370-53-9
Format : 19,5 x 20,9 cm  
Genre : Fantasy

Couverture cartonnée et jaquette.



    Quatrième de couverture    
     Lorsque J.R.R. Tolkien créa l'univers de la Terre du Milieu, c'est à peine si le monde le remarqua. A la fin des années cinquante, les ventes aidant, le visage de la fantasy changea... à tout jamais.
     Dans ce recueil, vingt et un auteurs à succès, anglais, américains mais aussi français, de la fantasy actuelle partagent avec vous la relation toute personnelle qu'ils entretiennent avec les mythologies de Tolkien.
     En effet, sans Le Seigneur des anneaux, il n'y aurait eu ni le Disque-Monde de Terry Pratchett, ni L'Apprenti assassin de Robin Hobb, ni Le Trône de fer de George R.R. Martin, ni Alvin le Faiseur d'Orson Scott Card, pour ne citer qu'eux. Tous ces auteurs ont été influencés par le maître et ils révèlent ici leur découverte de son oeuvre et la nature de leur relation avec le plus grand roman de fantasy jamais écrit en langue anglaise, reconnu comme l'un des chefs-d'oeuvre du XXe siècle.
     Si vous ne connaissez pas les livres de Tolkien, lisez ces essais et découvrez la profondeur et la beauté de son travail. Si vous êtes un fan du Seigneur des anneaux, les réflexions de ces créateurs de mythes modernes vous donneront de nouvelles perspectives sur la subtilité, la puissance et la majesté des récits de Tolkien.
     Tous ces articles sont accompagnés de dessins inédits de John Howe, qui est avec Alan Lee le principal illustrateur mondialement célébré de la Terre du Milieu.

    Sommaire    
1 - Karen HABER, La Cadence éternelle (The Beat Goes On), pages 13 à 20, préface, trad. Mélanie FAZI
2 - George R. R. MARTIN, Introduction (Introduction), pages 23 à 25, introduction, trad. Mélanie FAZI
3 - Raymond Elias FEIST, Notre grand-père à tous : méditations sur J.R.R. Tolkien (Our Grandfather : Meditations on J.R.R. Tolkien), pages 27 à 38, article, trad. Mélanie FAZI
4 - Poul ANDERSON, Le Réveil des elfes (Awakening the Elves), pages 41 à 50, article, trad. Mélanie FAZI
5 - Michael SWANWICK, Retour d'un changelin (A Changeling Returns), pages 53 à 64, article, trad. Mélanie FAZI
6 - Esther M. FRIESNER, Hobbits et jeunes filles en fleur, pages 67 à 76, article, trad. Mélanie FAZI
7 - Harry TURTLEDOVE, L'Anneau et moi (The Ring and I), pages 79 à 90, article, trad. Mélanie FAZI
8 - Terry PRATCHETT, L'Effet culte (Cult Classic), pages 93 à 99, article, trad. Mélanie FAZI
9 - Robin HOBB, Une barre et une quête (A Bar and a Quest), pages 101 à 114, article, trad. Mélanie FAZI
10 - Ursula K. LE GUIN, Schémas rythmiques dans Le Seigneur des anneaux (Rythmic Patterns in The Lord of the Rings), pages 117 à 130, article, trad. Mélanie FAZI
11 - Diane DUANE, Le Dimanche le plus long (The Longest Sunday), pages 133 à 142, article, trad. Mélanie FAZI
12 - Douglas A. ANDERSON, Tolkien après tant d'années (Tolkien After All These Years), pages 145 à 163, article, trad. Mélanie FAZI
13 - Orson Scott CARD, Le Sens selon Tolkien (How Tolkien Means), pages 165 à 182, article, trad. Mélanie FAZI
14 - Charles DE LINT, Le Récit se poursuit sans fin (The Tales Goes Ever On), pages 185 à 192, article, trad. Mélanie FAZI
15 - Lisa GOLDSTEIN, Le Créateur de mythes (The Mythmaker), pages 195 à 205, article, trad. Mélanie FAZI
16 - Glenn HURDLING, Distinction radicale… Conversation avec Tim et Greg Hildebrandt (The Radical Distinction… A Conversation ith Tim and Greg Hildebrandt), pages 207 à 221, article, trad. Mélanie FAZI
17 - Terri WINDLING, De Tolkien et du conte de fées (On Tolkien and Fairy-Stories), pages 223 à 235, article, trad. Mélanie FAZI
18 - Stéphane MARSAN, Les Temps ont changés, pages 237 à 241, introduction
19 - Henri LOEVENBRUCK, Comme un poulet dans le noir : de Tom Bombadil à Georges Brassens, pages 243 à 250, article
20 - Mathieu GABORIT, Ombres et silences, pages 253 à 257, article
21 - Fabrice COLIN, Passé simple, pages 259 à 265, article
22 - Laurent GENEFORT, Les A-côtés de l'histoire, pages 267 à 270, article
23 - ANGE, L'Âge du changement, pages 273 à 281, article
24 - John HOWE, La Terre du Milieu est un monde intensément visuel (Middle-earth is an Intensely Visual World), pages 283 à 286, article, trad. Mélanie FAZI
25 - (non mentionné), Biographies des auteurs, pages 289 à 295, dictionnaire d'auteurs
26 - (non mentionné), Table des illustrations, pages 297 à 300, index
 
    Critiques    
     Quand les plus grands écrivains américains de fantasy se réunissent pour expliquer en quoi Tolkien a révolutionné leur vie, rejoints par deux illustrateurs spécialistes du Seigneur des Anneaux, puis par quelques auteurs français, cela donne la très belle anthologie intitulée Méditations sur la Terre du Milieu. Il s'agit de la traduction du recueil de Karen Haber augmenté, par les soins des éditions Bragelonne, de témoignages de quelques auteurs français de la jeune génération, et magnifiquement illustré par John Howe que les éditions Bragelonne ont invité à écrire, lui aussi, un article.

     Quand on connaît et qu'on aime l'œuvre de Tolkien, il est absolument passionnant de découvrir en quoi la parution du Seigneur des Anneaux a révolutionné l'édition américaine, les habitudes des lecteurs et, bien entendu, la vocation des auteurs. Si certains d'entre eux, comme R.E. Feist, Terry Pratchett ou Robin Hobb parlent d'eux-mêmes et du rapport plus ou moins intime qu'ils entretiennent avec ce livre-culte, d'autres, comme G.R.R. Martin et Ursula K. LeGuin, replacent Tolkien dans le contexte littéraire du merveilleux, donnant ainsi une furieuse envie de découvrir ses « rivaux » contemporains tels que son ami C.S. Lewis, ou bien s'attachent à explorer la rythmique du langage qu'il emploie -aspect qui reste, hélas, hors du portée du lecteur francophone.

     Poul Anderson, quant à lui, raconte comment le succès du Seigneur des Anneaux a valu à ses propres œuvres de fantasy — issues des mêmes sources d'inspiration, comme la mythologie nordique — d'être acceptées par un éditeur. Avec Douglas A. Anderson, le lecteur francophone découvre qu'existent encore de très nombreux volumes que Christopher Tolkien, le fils de J.R.R. Tolkien, a compilés grâce aux manuscrits de son père. On fulmine de penser que ces trésors n'ont pas été traduits, mais on râlait déjà qu'aucune révision n'ait été apportée à la traduction du Seigneur des Anneaux par Francis Ledoux, qui remonte à 1979 et contient des erreurs notoires.

     Et puis, il y a des témoignages profondément émouvants, comme celui de Terri Windling, une des co-anthologistes de l'excellent Blanche-Neige, Rouge sang mais aussi auteure méconnue en France, qui aborde un aspect moins médiatisé du professeur Tolkien, son travail universitaire et en particulier ses conférences et essais sur les Contes de Fées, avant d'expliquer en quoi le vécu d'un enfant influence ses écrits ultérieurs.

     Après cela, les chroniques des auteurs français semblent, pour certaines, un peu convenues, un peu timides. Il s'agit d'une génération plus jeune, qui n'a pas découvert Tolkien à la même époque, qui peut avoir lu d'autres livres de fantasy ou pratiqué le jeu de rôles avant de lire Le Seigneur des Anneaux, et qui, au moment d'écrire ces articles, a déjà vu et aimé les deux premiers films de Peter Jackson. Toutefois, malgré ces différences dans l'approche de l'œuvre, on sent le même amour pour ce livre-culte. Henri Lœvenbruck parle de la neutralité de Tom Bombadil dans les conflits qui agitent la Terre du Milieu et de son propre engagement d'objecteur de conscience, ce qui est important pour mieux cerner ses écrits mais aussi apporte une touche de plus, non négligeable, à la compréhension du Seigneur des Anneaux. Et lorsque Ange met en cause les idées toutes faites et contradictoires que des « autorités », proclament comme La Vérité sur le message de Tolkien, c'est tout à fait réjouissant, preuve de bon sens, mais aussi de compréhension envers cet autre, ce lecteur qui aime à s'emparer de son livre favori pour le faire sien, le rêver et, pourquoi pas, en faire un film, le réécrire en forme d'hommage ou de parodie.

     Hommage à Tolkien et à son œuvre, certes, c'est ce qu'est avant tout Méditations sur la Terre du Milieu. C'est aussi une histoire très bien racontée, celle de la fantasy, que tous ceux qui l'aiment auront grand plaisir à lire, tandis que ceux qui la méconnaissent pourraient bien découvrir quelque chose de beaucoup plus grand que ce qu'ils imaginent. On regrettera l'absence d'auteurs anglais, mais pourquoi ne pas rêver d'une édition ultérieure, internationale, à laquelle chaque pays, chaque culture, apporterait sa contribution ?


Lucie CHENU
Première parution : 1/7/2005 nooSFere


            Prenez ce que Karen Haber considère comme « les maîtres de la fantasy ». Demandez-leur ce qu’ils pensent de Tolkien et ce que représente son œuvre à leurs yeux : vous voilà avec les Méditations sur la Terre du Milieu. Le principal écueil de ce type de livre-hommage, c’est la dimension répétitive. Pour prestigieux que soient les auteurs ici réunis (on citera pêle-mêle Martin, Pratchett, Anderson, Le Guin, Swanwick, Card ou encore Hobb, auxquels s’ajoutent pour la présente édition une poignée de romanciers français), tous ne se sortent pas avec le même brio de l’exercice imposé et du schéma « j’ai lu Tolkien adolescent, puis relu, et relu encore, et ma vie s’en est trouvée bouleversée »… De fait, et sans surprise, on en apprend ici davantage sur les auteurs sollicités que sur l’objet de leur sollicitation : questionnez n’importe quel écrivain sur l’œuvre d’un collègue, et dans la plupart des cas il vous parlera d’abord de lui. Ce qui ne signifie pas que ce soit toujours sans intérêt, bien entendu. À ce titre, on sortira du lot l’essai d’Ursula Le Guin, qui aborde la rythmique très particulière du style littéraire de Tolkien, George R.R. Martin, qui se fend d’une courte préface limpide synthétisant l’apport tolkienien – « On m’a déjà entendu dire que dans la fantasy contemporaine, le décor devient un personnage en soi. C’est à Tolkien qu’on le doit. » –, ou Harry Turtledove, qui, en bon historien, souligne combien la littérature de fantasy dans son acception moderne est une littérature sinon réactionnaire, en tout cas conservatrice, et combien c’est sans doute à cela qu’elle doit une bonne part de son succès – « [La fantasy] est une ancre dans une mer déchaînée. Parfois, ça peut aussi être une béquille. » Orson Scott Card livre aussi une analyse (un poil péremptoire) des travaux littéraires de Tolkien, revenant sur l’aversion de l’allégorie chez ce dernier et louant la « littérature d’évasion » pour ce qu’elle est (un outil de communion) de manière somme toute convaincante, de même que Terri Windling, qui, égale à elle-même, explore les contes, leurs ressorts, leur cruciale importance, avec un brio aussi personnel que magistral. Au rang des textes plus personnels, justement, on citera enfin la très belle et touchante contribution de Michael Swanwick, qui fait écho au récit de l’auteur figurant au sommaire du présent Bifrost. Cet ouvrage a pour nous, lecteurs francophones, une conséquence inattendue : il nous rappelle combien la fantasy est un monde anglophone, et combien, pour ce monde anglophone, le reste du monde, justement, n’existe pas (excepté pour Windling). Aussi ne peut on que saluer l’initiative de l’éditeur français du présent ouvrage, Stéphane Marsan, des éditions Bragelonne, qui a prolongé l’exercice d’hommage auprès de certains auteurs bien de chez nous (Lœvenbruck, Gaborit, Colin, Genefort et Ange). Las, l’enfer est pavé de bonnes intentions : aucune contribution inoubliable à signaler de ce côté. Pire, lorsqu’on constate que plus aucun de ces auteurs ou presque n’écrit aujourd’hui de fantasy (quand il écrit seulement encore…), voilà qui en dit long sur l’état du genre en France et nous renvoie au caractère décidément anglophone du domaine. Bref…

            Nous voilà au final avec un recueil d’articles très disparate, fort joliment illustré par maître John Howe mais souffrant d’un format carré peu pratique. À vous de voir si deux textes formidables (Swanwick et Windling) et une poignée d’autres intéressants (Card, Turtledove, Le Guin) suffisent à vous faire craquer 25 euros. En ce qui me concerne, j’aurais plutôt tendance à passer mon tour…


Olivier GIRARD
Première parution : 1/10/2014 dans Bifrost 76
Mise en ligne le : 21/4/2020


 
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