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Le Double corps du Roi

Ugo BELLAGAMBA & Thomas DAY



Illustration de Guillaume SOREL

MNÉMOS (Paris, France), coll. Icares n° (38)
Dépôt légal : juin 2003
320 pages, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 2-915159-01-7
Format : 13,0 x 21,5 cm  
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Dans les temps anciens, le Dieu-Forgeron a fabriqué une armure fabuleuse destinée à conserver la mémoire des rois : l'Hérakléion.
     Des siècles plus tard, à Déméter, la monarchie se meurt malgré les réformes du vieux roi Yskander. Le pouvoir et l'Armure font l'objet de toutes les convoitises. Absû Déléthérion, général avide et ambitieux, s'adjoint l'aide des étranges Eizihils, peuple d'insectes guerriers vivant dans le Désert de Sel, et assassine le roi lors d'un coup d'état sanglant. Il se proclame régent et s'apprête à régner.
     Pour contrer les plans du général régicide et venger la mémoire de son roi bien-aimé, Égée Seisachtéion, poète inspiré et fine lame, doit sauver l'Hérakléion... et trouver un héritier légitime au trône de Déméter.
     Aidé de Johan Solon, un contrebandier au grand coeur, il s'embarque alors pour la Canopée, royaume sylvestre étonnant, pour retrouver l'enfant d'Yskander qui ne veut pas entendre parler de ses origines thaumaturges. Pourtant, dans la fureur de la guerre, chacun devra choisir sa voie.
 
Le trône des rois thaumatures est vacant...
L'Armure ancestrale a disparu.
 
     Ugo Bellagamba vit à Aix-en-Provence ; Thomas Day parcourt le monde, de Paris à Bangkok. Le premier a publié récemment un recueil de nouvelles, La Cité du Soleil et autres récits héliotropes ; le second est l'auteur de plusieurs romans dont L'Instinct de l'équarisseur et La Voie du Sabre. Fruit savoureux de leur deuxième collaboration, Le Double corps du Roi est un hommage aux films de cape et d'épée, un roman d'aventures mâtiné de batailles spectaculaires et de théories politiques, dans un univers crépusculaire.
 
    Critiques    
     Parce qu'il juge son monarque vieux et pusillanime, faible et sans grandeur, qu'il veut redonner à sa cité, Déméter, sa puissance d'en temps, le général Déléthérion fomente un coup d'état sanguinaire. Grâce à l'appui de l'armée et son association avec les Eizihils, un race insectoïde sur le déclin, il parvient à ses fins en une journée, balaye la monarchie et prend le pouvoir. Il va désormais lui falloir composer avec les instances religieuses de la cité-état, qui se verraient bien à la tête d'une théocratie, et surtout mettre la main sur l'Héraklion, armure-relique symbole du pouvoir monarchique de Déméter disparue lors du coup d'état, un artefact aux pouvoirs immenses dépositaire de la mémoire de tous les rois passés de la cité...

     Le Double corps du roi est, après L'Ecole des assassins (le Bélial'), le second roman que nous devons à l'association de deux de nos jeunes auteurs les plus doués : Thomas Day, qui a fait davantage que confirmer en une dizaine de livres (le présent Bifrost en est une preuve supplémentaire), et Ugo Bellagamba, plus vert que son comparse, mais qui nous a dores et déjà montré toute son ambition dans le recueil La Cité du Soleil (le Bélial'). Un livre attendu, donc, avec comme toujours dans pareil cas le risque de la déception. Et nous n'y coupons pas. Ou tout du moins pas totalement. Car Le Double Corps du roi souffre de défauts patents, ce qui ne lasse pas d'énerver quand pareil constat s'applique à un ouvrage qui aurait pu être épatant.

     Le livre nous raconte l'histoire d'un coup d'état, des bouleversements qu'il implique, de la résistance qui s'organise autour de cet événement et des motivations des personnages qui se trouvent happés par le flot de l'Histoire. Un sujet classique mais ambitieux. Il y a de la dualité dans ce Double corps. Manichéisme bien sûr, mais pas uniquement : impérialisme face au monarchisme ; conservatisme et progressisme ; science et nature (la science étant plutôt le mal et la nature, ou « l'état de nature », le bien — un symbolisme de base répandu dans nos société modernes et finalement assez réac') ; fausse religion et vraie foi ; dualité des personnages tiraillés entre leurs origines et le nouveau monde qu'ils découvrent, leur vision éthique et politique et leur environnement social, familial... Finalement rien n'est simple et c'est tant mieux, le mal à ses raisons et peut se justifier : méfions nous des visionnaires. Alors ?

     Alors à l'ampleur des personnages, leur épaisseur, leur complexité, on opposera la puérilité de certaines de leurs réactions, l'invraisemblance crispante, ça et là, de leurs propos. Mais ceci relève du détail. Plus gênant est le fait qu'on ne saisit pas pourquoi, dès le début du livre, alors qu'Egée dispose de l'Héraklion, cette armure qui fait de lui un espèce de super héros, un Iron Man invincible, il ne s'en sert pas pour balayer les putschistes. Ou plutôt si, il s'en sert, un peu... Puis on nous explique que pour des questions morales, vraiment, il ne peut pas, non, vous comprenez, c'est pas bien, quoi, faut réserver ça au messie, et le messie, ben c'est pas lui... Mwouais. Et puis surtout, le plus handicapant, c'est cette construction en trois parties centrées autour de trois personnages différents (mais semblables, en fait), cette fausse disparité qui fait qu'on se retrouve avec des actes héroïques mais pas de héros, un paradoxe alors que le livre tout entier est un appel au héros. Du coup les moments de bravoures se succèdent mais, en fait d'un ouragan épique qui nous porterait du début à la fin, ce n'est qu'une succession de bourrasques — dommage, vraiment, même si certaines de ces bourrasques n'en sont pas moins magistrales... On ne peut se départir de l'idée que les auteurs sont restés le cul entre deux choix narratifs : un point de vue éclaté à travers une véritable multiplicité de personnages (et plus aucun héros, juste des acteurs/spectateurs), et un unique point de vue (ou deux, disons, celui du régicide et celui qui s'y oppose) jouant pleinement la carte de l'héroïsme... Las.

     On l'a dit : on reste quelque peu déçu face à se livre ambitieux qui promettait plus qu'il ne donne. Demeure toutefois un roman qui se lit d'une traite, inscrit dans un univers au substrat politique et géographique riche et savoureux, le tout ponctué de scènes marquantes. Alors on lit, oui, on apprécie, aussi, même si on regrette, un peu...

ORG
Première parution : 1/10/2003 dans Bifrost 32
Mise en ligne le : 9/1/2005


 
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