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Le Songe des immortels

Ludovic ALBAR

Cycle : Quantex vol. 1 


Illustration de MANCHU

MNÉMOS (Paris, France), coll. Icares
Dépôt légal : novembre 2002
Première édition
Roman, 448 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 2-911618-90-4
Format : 13,0 x 21,5 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
Quantex (contraction de Quantuum Cortex) : Réseau de communication quantique instantanée déployé entre tous les mondes naturels ou artificiels habités par l'Homme dans le Système solaire, et fonctionnant comme un réservoir d'informations de tous types, une voie de transport de données et une mémoire virtuelle globale de l'espèce.
Au XXXe siècle de notre ère, le Système solaire est conquis par la race humaine. Lewis Khandra est un des meilleurs espions de la Fédération martienne. Il a une mission : infiltrer le MRVO, un mouvement révolutionnaire et religieux qui combat sur Terre une dictature eugéniste composée d'Immortels, et déstabilise peu à peu toute la communauté solaire. Mais Lewis Khandra va découvrir que les ennemis de l'humanité ne sont pas forcément ceux qu'on lui avait désignés... Quels chemins trouvera-t-il pour accomplir un destin qu'il n'aurait jamais pu imaginer ?
 
Une intrigue politique et planétaire de grande ampleur.
 
Né en 1969, Ludovic Albar s'est beaucoup intéressé au monde anglo-saxon et aux États-Unis, à leur culture et leur littérature. Des influences manifestes dans son roman, un space opera vaste et ambitieux. La science-fiction trouve ici l'une de ses intéressantes missions : proposer une interprétation de l'avenir du monde, et questionner ainsi le présent.
Critiques
     Dans un futur d'un manque de crédibilité à faire passer George Lucas pour un grand visionnaire, Lewis Khandra est un militaire qui va être envoyé en mission secrète pour infiltrer le Mouvement Révolutionnaire des Villes d'Ombre, suspecté d'être à l'origine d'un attentat meurtrier sur Mars (style 11 septembre ferroviaire). Comme notre Lewis est un gros lourdaud, ça ne va pas se passer exactement comme prévu...

     Quantex fait partie de ces livres-dilemmes dont on voudrait dire le plus grand bien, mais dont on pourrait, sans difficulté aucune, dire le plus grand mal. Démonstration...

     Le pour : Quantex est un Dune à la française, un projet littéraire qui ne manque pas de gueule, une sorte de roman ayerdhalien mêlant religion, politique et nouvelles technologies. Deux suites sont d'ores et déjà prévues. La forme de voyage spatial est intéressante (c'est du nimportnawak, mais du nimportnawak intéressant).

     Le contre : De temps en temps, ça pue la S-F militariste à plein nez. C'est construit n'importe comment, par couches d'exposition successives, style maquillage à la truelle pour pute quinquagénaire en préretraite. Le récit est mou du nœud, les personnages sont creux, les scènes d'action poussives, on frôle sans cesse l'inondation d'adjectifs. Scientifiquement, c'est n'importe quoi (vous me direz, c'est de la science-fiction... cependant, de là à se bombarder, probablement sans s'en rendre compte, auteur de hard-science, de mettre des théories scientifiques en avant, etc. — voilà de la pseudo-physique plaquée, rien n'a été digéré). Le marsénium est une invention des moins inspirées qui n'a pas la puissance évocatrice de la sainte épice.

     « Ne me demandez surtout pas comment fonctionne exactement la propulsion transgémellaire. Je n'en sais rien. Personne n'en sait rien ! Tout ce que je peux vous dire, c'est que le secret se trouve au cœur atomique des cristaux de marsénium. » Page 31. Putain ! ce qu'ils sont forts, les scientifiques du XXXe siècle !

     Le summum reste quand même l'habituel florilège made in Mnémos : « Farenheit » au lieu de Fahrenheit, « vingt quatre » sans trait d'union, « Franck Herbert » avé le « c », et j'en passe, tellement la liste est longue.

     Ludovic Albar a lu Dune, a aimé Dune (l'épice est devenu le marsénium ; le « voyager sans se déplacer », la propulsion transgémellaire ; tout comme Paul Atréides, Lewis Khandra a perdu son père alors qu'il était encore jeune). Voilà donc un nouvel auteur Mnémos plutôt moins pire que les précédents lauréats (Dorny, Marchika, Karle), un auteur qu'on suivra probablement avec plaisir, quand il se sera débarrassé de ses influences trop prégnantes et qu'il aura compris qu'un récit ne se construit pas en plages d'exposition successives.

CID VICIOUS
Première parution : 1/4/2003 dans Bifrost 30
Mise en ligne le : 1/5/2004


     Même en défalquant les pages blanches, dues au nombre de chapitres (57), et les « citations » imaginaires qui les ouvrent (certaines sont fort longues), on obtient un pavé. Qui n'est que le premier tiers du roman annoncé.
     L'application des recettes du thriller, notamment l'alternance des intrigues et points de vue, empêche de s'ennuyer. Même si on peut s'irriter de broutilles. D'un an 3000 plein de nos obsessions d'actualité, dont un immense monument commémorant le 11 septembre 2001 : ce n'est hélas pas faire injure aux victimes que de craindre qu'en mille ans on ait fait mieux, c'est-à-dire pire, et oublié. De même à propos de manipulations du vivant et d'angoisses à base d'OGM, d'une version suractivée d'ATTAC, d'un Internet juste transposé, d'une ONU orbitant du côté des planètes extérieures ou d'un blocus qui paraît d'irakienne mémoire. Parler du présent, le « questionner » dit la couverture, est fondamental en SF, mais trop de décalque peut nuire à la plausibilité. Quant aux personnages, ils sont peut-être simplistes, fors même une chef de la sécurité terrienne sortie de chez Marvel (là, le collage fait partie du jeu, et n'est pas inintéressant), mais ils sont nombreux, et au-delà de ce tome d'exposition, on peut penser qu'on les verra se complexifier — d'autant que les supposés « bons » sont souvent assez peu ragoûtants pour enrayer le manichéisme de bazar. Dernier reproche, si on attend un « space opéra vaste et ambitieux », on sera déçu par une histoire largement confinée à un système solaire plutôt abstrait, malgré une guilde de pirates et une pincée de chapitres à base de vaisseaux spatiaux, malgré aussi la catastrophe planétaire expédiée dans les deux dernières pages ; mais là encore, indices ou promesses subliminales font attendre la suite.
     Reste cette « intrigue politique et planétaire de grande ampleur » invoquée par l'éditeur. De fait, il y a de la matière. Se télescopent en particulier la décadence d'un système de castes sur la Terre, avec révolte grondante et immortalité pour les privilégiés, la prise de conscience de certains de ces derniers, les intrigues politico-diplomatiques, les coups fourrés et provocations, l'aventure d'un « enfant trouvé » devenu soldat d'élite au service des ennemis de son père et manipulé une seconde fois par les alliés retors de ses employeurs, le rôle d'une clone-soldate parmi d'autres, trop inhumaine pour le rester longtemps, les alliances instables entre planètes et confédérations, et les trahisons, plus des trous de ver permettant de sortir du système solaire et gardés manifestement en réserve pour la suite. Et même si c'est un peu schématique, si on répartit entre planètes et astéroïdes des caricatures d'États présents ou passés, plus l'Ile de la Tortue, il en va de cela comme des personnages : on attend la suite. Ce qui n'est peut-être pas un mince compliment après tant de pages. Si cela continue simplement sur cette lancée, il y aura de quoi passer un agréable et long moment, ce qui n'est déjà pas mal, et l'auteur aura fait ses gammes, prouvant son ambition, sa persévérance et son efficacité dans le roman populaire au long cours. Si cela décolle, comme on peut l'espérer, et on annonce encore quelque 800 pages pour cela, on aura un grand bouquin. Avec maints défauts de jeunesse, mais tant pis, avec du souffle. Donc, wait and see.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/4/2003 dans Galaxies 28
Mise en ligne le : 1/9/2005

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